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Quimper : Conférence de presse du comité de soutien à Hamidou Mary menacé d'expulsion

 

Le comité de soutien à Hamidou Mary, frappé par une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et donc menacé d’une expulsion imminente, tenait hier une conférence de presse pour alerter sur sa situation et appeler à un rassemblement de soutien vendredi à 15h30 devant la préfecture à Quimper.

Hamidou Mary habite Scaër depuis plusieurs années, il y vit avec sa femme et sa fille, née en France à l’hôpital de Carhaix et donc française, est inscrit dans un club de foot, son grand-père a combattu pour la France dans un régiment de tirailleurs.

Il travaille légalement comme agent de sécurité, avec la confiance de ses employeurs et toutes les garanties qu’il a données, nous n’en doutons pas, aux services de l’État, y compris lors d'une mission au Stade de France pour l’Euro 2016...

Jacques Rannou et Yvonne Rainero, candidats présentés par le parti communiste – membre du Front de gauche - dans la 8ème circonscription, dont fait partie Scaër, et la 1ère (Quimper) étaient présents en solidarité.

 

 

Scaër. Hamidou au pays de Kafka

 

Le Télégramme / 24 mai 2017 / Ronan Larvor

Photo Le Télégramme : Hamidou, hier après-midi à Quimper, avec quelques membres de son comité de soutien.

Hamidou Mary, 37 ans, salarié de Sécurit 29, joueur de football à la JS Coat-Loc'h, père d'une petite fille née à Carhaix, résidant en France depuis 2003 et à Scaër depuis 2012, sera-t-il expulsé le 2 juin ? Son comité de soutien appelle à un rassemblement vendredi.

Surréaliste, kafkaïen, insensé : impossible de ne pas adhérer à ces qualificatifs employés par Piero Rainero. « Cette affaire a été créée sur du sable et du vent », ajoute l'élu communiste quimpérois. À ses côtés Hamidou Mary, acquiesce, tristement. L'échéance approche car le 2 juin, l'obligation de quitter le territoire deviendra effective et il pourra être expulsé à tout moment. Retour sur ce qui semble un vrai gâchis humain et une dépense d'énergie administrative incompréhensible. Hamidou Mary est arrivé en France en mars 2003. Il y retrouve ses frères. Le jeune Malien travaille dans le BTP en région parisienne à partir de 2006. Il lui faudra attendre 2009 pour obtenir une carte de séjour salarié. Elle est renouvelable tous les ans.

Enquête de moralité

« J'avais envie de changer d'orientation, raconte Hamidou. J'ai décidé de venir à Scaër où mon frère était installé depuis 2007 ». Nous sommes en 2012. Hamidou tâtonne un peu, est orienté par la Mission locale vers Sécurit 29. Le métier d'agent de sécurité lui plaît. « Il a fait un stage chez nous en 2013, mais il n'avait pas les moyens de se payer une formation qui coûte 2.000 €, raconte Stéphane Nezet, patron de la société de surveillance et protection. Nous avons donc décidé de la financer nous-mêmes. Obtenir une carte professionnelle implique une enquête de moralité du ministère de l'Intérieur. Il n'y a pas eu de problème. Il a été embauché en CDI en novembre 2013 ».

Un problème de photo

Pas de problème d'emploi, mais pour le reste, cela se complique. Lors de la demande de renouvellement de sa carte de séjour, qui passe par la mairie de Scaër avant d'être validée par la préfecture, un employé estime que la photo n'est pas conforme. Pour le comité de soutien, il y a pu y avoir une inversion avec la photo du frère, également Scaërois et titulaire d'une carte de séjour.

Toujours est-il que la mairie fait un signalement à la préfecture et la machine s'emballe. Hamidou Mary se voit soupçonné de tentative d'usurpation d'identité, bien qu'il ait régularisé ses photos peu après. Une procédure pénale est engagée. Puis c'est le silence. Pendant des années.

Employé apprécié

Le titre de séjour est reconduit régulièrement de manière tacite. En juillet 2014, Hamidou peut faire venir régulièrement son épouse malienne au titre du rapprochement familial. Un enfant est né à l'hôpital de Carhaix en juillet 2015. Au travail, Hamidou Mary donne entière satisfaction. « C'est un très bon élément, dit Stéphane Nezet. Je l'ai envoyé au Stade de France et au Parc des Princes pour l'Euro 2016 pour lequel il y avait une fois de plus une enquête approfondie ». Hamidou participait aussi au dispositif de sécurisation du centre-ville de Quimper l'été dernier.

L'affaire démarre en mars dernier. Contre toute attente, Hamidou Mary reçoit de la préfecture une obligation de quitter le territoire. « C'est incompréhensible », dit Jeannine Daniel, du comité de soutien. D'autant que la procédure pénale est normalement toujours en cours.

« Obligé de le licencier »

« Je ne comprends pas ce qui lui arrive, abonde Stéphane Nézet. Sans titre de séjour, je vais être légalement obligé de le licencier le 2 juin. Cela me causera quelques soucis car c'est un très bon élément, très polyvalent ». Dans le pays de Scaër, l'émoi est grand, jusque dans l'équipe de foot de la JS Coat-Loc'h, où Hamidou a signé. En désespoir de cause, alors que la menace d'expulsion approche le 2 juin, le comité de soutien organise un rassemblement devant la préfecture vendredi, à 15 h 30. Il n'a pas eu de réponse à sa demande d'audience. La préfecture s'est refusée à tout commentaire pour cause de période de réserve électorale.

 

Ils épaulent Hamidou, bientôt sans-papiers

Ouest-France / 24 mai 2017 : Nelly Cloarec

Un collectif appelle à un rassemblement, vendredi à Quimper en faveur du trentenaire. Installé à Scaër depuis 2012, il est sous le coup d’une expulsion.

« Si la situation ne revient pas à la normale, le 3 juin, Hamidou n’a plus de papiers. Il sera donc expulsable… » Jeannine Daniel et ses amis du collectif « On est Bretons, solidaires et on agit » tentent tout pour qu’Hamidou Mary, 37 ans, puisse continuer à travailler, à jouer au foot, à vivre à Scaër, aux côtés de son épouse et de sa fille d’à peine 2 ans. Vendredi, ils appellent à un rassemblement à Quimper, devant la préfecture, à 15 h 30. « Dans cette histoire ubuesque, dans laquelle Hamidou est la victime d’un dispositif bureaucratique kafkaïen », le collectif interpelle l’opinion publique, faute de réponses de l’administration.

Agent de sécurité et papa

Cette « histoire » prend sa source en 2013. Titulaire d’une carte de séjour « salarié » depuis son arrivée en France, Hamidou se rend à la mairie de Scaër pour renouveler son titre. Piero Rainero, élu municipal communiste à Quimper, poursuit : « À l’accueil de la mairie, il y aurait eu une confusion entre les photos de son dossier et celles de son frère, qui avait déposé une demande de titre de séjour en même temps. La mairie a mené une enquête. Une procédure au pénal a été ouverte pour tentative d’usurpation d’identité. »

« Une affaire qui ne devrait pas exister »

L’élu s’emporte : « Ce n’est pas dans les prérogatives d’une mairie que d’intervenir ainsi dans un dossier ! Par ailleurs, depuis, Hamidou a déposé à la mairie de Scaër toutes les pièces nécessaires à son dossier… » Depuis cette date, le trentenaire bénéficie d’une carte de séjour temporaire, à renouveler tous les deux mois environ. Formé aux métiers d’agent de sécurité, il est employé en CDI dans une grosse société de sécurité finistérienne, devient papa en juillet 2015 et continue de faire le bonheur de ses coéquipiers sur les terrains de football… « La préfecture accorde à son épouse de venir le rejoindre à Scaër via le regroupement familial, lui renouvelle sans souci la carte de séjour temporaire, a vérifié son dossier avant son embauche dans une entreprise de sécurité…, résument ses soutiens. Et aujourd’hui, elle veut le foutre dehors ? » Les membres du collectif ne comprennent pas. Ils réclament « l’annulation de l’obligation de quitter le territoire… ». Cette décision préfectorale a déjà entraîné une conséquence fâcheuse : l’employeur d’Hamidou a été contraint de le licencier. Piero Rainero soupire : « C’est une affaire qui ne devrait pas exister… » Sollicités, les services de la préfecture ne souhaitent pas communiquer en cette période de réserve électorale.

 

 

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