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03 juin10:00
 

Le Télégramme / 1er juin 2017 / Delphine Tanguy

Une vingtaine de migrants en procédure Dublin sont menacés d'expulsion. Un collectif d'associations (*) appelle à un rassemblement citoyen, samedi à 11 h, place de la Résistance à Quimper afin d'interpeller le préfet.

Ces derniers mois, les centres d'accueil et d'orientation du Finistère ont hébergé des migrants venant des camps de Calais, Paris ou ailleurs. Une vingtaine d'entre eux s'est vue refuser le droit de déposer une demande d'asile car ils sont en procédure Dublin et vont faire ainsi l'objet d'une procédure de réadmission pour une reprise en charge dans le pays européen où ils ont déposé leurs empreintes en premier. Une situation que dénoncent la Ligue des droits de l'homme et un certain nombre d'associations qui souhaitent que l'engagement pris par le gouvernement de « dédubliner » les personnes venant du camp de Calais puisse aussi leur bénéficier. « On a le cas d'un réfugié éthiopien qui est arrivé à Calais en juin dernier. Il a fait l'erreur de ne pas monter dans le bus lors du démantèlement du camp pour aller en CAO. Quelques jours plus tard, il est monté dans un bus et s'est retrouvé en Belgique puis en Allemagne en essayant de rentrer en France. On lui demande de retourner en Allemagne où les policiers lui ont pris ses empreintes alors qu'il n'y est resté que quelques heures », précise David Torondel, secrétaire de la LDH de Quimper, qui dénonce aussi les conditions d'accueil exécrables de pays tels que l'Italie, qui n'ont plus les moyens d'accueillir dignement les migrants et où parfois certains d'entre eux sont victimes de violence. Des craintes existent également concernant les risques d'expulsion de l'Italie vers le Soudan, un rapport d'Amnesty international faisant état d'un accord entre ces deux pays.

Leur donner accès au droit de demande d'asile

Par ailleurs, le nombre d'expulsions concentrées sur un délai très court, ne permet pas d'apporter l'aide juridique adéquate aux personnes qui souhaitent effectuer un recours. N'ayant pas reçu pour l'instant de réponse positive à leur demande d'entrevue de la part des services de préfecture, les associations ont lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli 500 signatures et appellent à une mobilisation afin de demander au préfet de procéder à un « dédublinage » commun, ce que permettent les accords de Dublin. « Jusqu'à présent, on a plutôt une écoute favorable de la part du préfet. On veut juste que sur le plan humain, il aille un peu plus loin, que ces personnes ne soient pas simplement des numéros mais qu'on puisse entendre leur histoire », renchérit Dominique Brunel, le président de la LDH de Quimper. « Nous ne demandons pas d'accorder le statut de réfugié à toutes ces personnes mais de leur donner accès au droit de déposer une demande d'asile », poursuit-il. (*) Ligue des droits de l'homme, l'Auberge des Migrants, Utopia 56, 100 pour un toit, Accueil des réfugiés dans le Cap, Droit d'asile Quimper Cornouaille, Les amoureux au ban public-Bretagne, ACAT pays de Morlaix, Collectif Roscoff, Comité de soutien bénévoles CAO de Pleyber-Christ, Association Plateforme morlaisienne solidarité migrants, Utopistes en action, Morlaix Liberté, Collectif Plougasnou.