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Quimper. Yvonne Rainero : « Il faut changer de République » (Ouest-France)

Yvonne Rainero :

« Ma société civile, ce sont les gens qui travaillent, les salariés, les ouvriers. Celle de Macron, c’est celle des conseils d’administration. » 

Ouest-France

Après trente-sept ans d’enseignement, la candidate du Parti communiste français à Quimper (Finistère) se présente une quatrième fois devant les électeurs, tout en revenant sur la genèse de son militantisme.

Guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, solidarité avec le peuple palestinien. Du haut de ses 71 ans, Yvonne Rainero, candidate du PCF aux législatives dans la première circonscription de Quimper-Briec-Fouesnant (Finistère), a soutenu, et soutient toujours, bon nombre de mouvements de libération à l’internationale.

« Cela me tient à cœur », précise-t-elle. On pourrait se dire que rien ne prédestinait cette ancienne professeure de mathématiques à Brest, en classes préparatoires, au combat politique. Pourtant, c’est bien son métier qui a forgé son caractère et lui a permis de mettre le doigt sur le sentiment d’injustice.

« En tant qu’enseignante, j’ai touché de près les inégalités sociales, les difficultés de certains jeunes qui n’étaient pas liées à leurs capacités ou à leurs compétences, mais qui étaient véritablement des obstacles sociaux pour pouvoir poursuivre des études correspondant à ce qu’ils souhaitaient. Et cet aspect-là de ma pratique professionnelle a renforcé cet engagement. C’est allé de pair. »

« Quelque chose qui ne va pas »

Celle qui a également enseigné au lycée de Cornouaille à Quimper fustige le carriérisme politique. « Il y a eu la question des institutions de la Ve République qui ont évolué de telle façon qu’il y a vraiment eu une reproduction d’une certaine classe politique ». D’après elle, cela empêche l’expression de la société civile. « L’Assemblée nationale n’est pas vraiment à l’image de la richesse de la société française. Cette richesse, je l’ai rencontrée dans mes classes. Elle se trouve aujourd’hui parmi les jeunes qui font des études poussées mais qu’on ne revoit pas après ; ni aux postes de responsabilité, ni aux postes électifs, donc il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut changer de république. » Un constat net et précis dont elle ne se départit pas, et qui fait écho aux revendications de son parti.

En revanche, après trois échecs à la députation, Yvonne Rainero a une idée bien précise du député idéal.« Je crois que c’est quelqu’un qui a du courage parce que c’est ce dont on a beaucoup manqué ces dernières années. Il y a des députés qui défendent des idées opposées à celles que je partage, d’autres qui se sont fait élire avec des valeurs assez proches des miennes. Mais une fois élus, celles-ci sont bien vite oubliées. Certains ont manqué d’autonomie par rapport à certaines orientations gouvernementales. Je pense notamment au dernier quinquennat. Je crois aussi que c’est important d’être proche des gens et à leur contact, ce qui ne veut pas dire clientélisme. Il faut quelqu’un qui ait une appréhension de la vie réelle des gens. »

Un ancrage au concret que cette dévoreuse de romans retrouve chez Balzac. « Il n’y a pas mieux pour comprendre la situation de son époque » conclut, dans un sourire, la candidate PCF.

Aymeric MALONGA.
 

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