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Législatives. Communistes en résistance

Le Télégramme / Bruno Salaün / 2 juin 2017

Elle entend incarner une « gauche utile, de résistance, de construction ». La communiste Yvonne Rainero mène sa quatrième campagne législative. Septième volet de notre série dans les pas de candidats investis dans la circonscription.

« Je pense qu'il peut faire quelque chose, notre président », émet un passant à l'ombre d'une allée couverte du centre commercial de Kermoysan. « Quand même, avec lui, c'est 60 milliards de dépenses publiques et 120.000 postes de fonctionnaires en moins. Ça va peser sur la santé, l'éducation, les territoires, la petite enfance, la police de proximité... Ça tape dur ! », le contrarie Yvonne Rainero, la candidate du Parti communiste/Front de gauche dans la circonscription de Quimper-Fouesnant-Briec. À 71 ans, la professeure agrégée de mathématiques à la retraite conduit sa quatrième campagne législative. En 2007, sa plus récente, elle avait recueilli 2,3 % des voix au 1e r tour. « Les politiques, il y en a assez », lui lance une jeune femme depuis le jardin d'un pavillon proche du boulevard de Bretagne. « Nous, on voudrait que les citoyens se mêlent plus de la politique, qu'ils soient associés aux politiques qui décident de leur avenir », lui exprime la candidate. « C'est sûr, mais c'est compliqué avec la vie de famille, la vie professionnelle », pointe son interlocutrice. « Et puis avec toutes ces affaires, on n'a plus vraiment confiance », bougonne une dame plus âgée assise à ses côtés.

« Les gens sont trop bornés »

Pas de quoi entamer le moral d'Yvonne Rainero, persuadée « qu'il y a un désir de citoyenneté, les résultats de la présidentielle l'ont montré ». « Mais quand on gouverne à coups de 49-3 ou d'ordonnances, c'est qu'il y a une crise démocratique. Notre République est à bout de souffle, avec un système économique de plus en plus insupportable, un creusement des inégalités : 21 milliardaires qui possèdent autant que 27 millions de Français, ça interroge sur la société dans laquelle on vit », signifie la militante communiste, fidèle au parti depuis quarante-sept ans.

À quelques maisons de là, une vieille dame, affaiblie, lui confie que « sa pension de retraite n'est pas tellement haute », mais que l'aide de sa fille lui évite de recourir à une aide ménagère. « C'est ça la vie », assume cette ex-employée de l'hôpital. « Ah non, je trouve que la vie, quand on a travaillé et cotisé, c'est de pouvoir compter sur un juste retour de la société. Il est encore temps de changer les choses », estime la candidate. « Vous croyez, les gens sont trop bornés », souffle la retraitée. En aparté, Yvonne Rainero assure défendre la création d'un grand service public de la perte d'autonomie. « Tiens, le Parti communiste, s'exclame soudain un ancien pharmacien, vous n'êtes pas pour une augmentation de la CSG au moins ? » « Non, nous sommes même pour sa suppression progressive et le financement de la Sécurité sociale par les cotisations patronales », lui répond Yvonne Rainero.

« Incarner une rupture »

Au terrain de pétanque, les riverains prennent poliment, sans un mot ou presque, les documents de campagne tirés à 12.000 exemplaires. La communiste y échange avec un jeune homme qui dit ne pas pouvoir voter. « Tous les étrangers devraient pouvoir voter. Vous travaillez, vous vivez ici, notre avenir commun vous regarde aussi », souligne la candidate. Elle porte, au gré des échanges dans le quartier, l'ambition d'un « rassemblement à gauche, au-delà du score de Mélenchon auquel nous avons contribué, pour mener une politique de transformation sociale ». Sauf que la gauche part, une fois encore, divisée aux législatives. « Nous, nous faisons des gestes, des propositions depuis des mois pour incarner ensemble une rupture avec les politiques actuelles, nous sommes un peu seuls, c'est vrai », soutient-elle. « L'arrivée de Macron a surpris un peu tout le monde. Il se dit en dehors des partis mais son gouvernement est plus à droite qu'à gauche. Il nous faut absolument une majorité de gauche à l'Assemblée », exprime son suppléant, Jean-Claude Perrot.

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Une remarque amicale à Bruno Salaün : la référence chiffrée qu’il prend pour situer le seuil de représentativité des communistes est celle de l’élection de 2007 qui suivit le catastrophique résultat de la présidentielle de 2007.

Pour ne prendre que les dernières départementales le binôme PCF-Front de gauche présenté dans le canton de Quimper 1 se situait au-dessus de 8 % dans la partie quimpéroise du canton.

YR

 

 

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