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Brest : Le journaliste Mohamed Bashir Haji doit rester en France / Joseph Korda / Humanite.fr / 19 juin 2017

« Ce que je veux, c’est rester ici », explique Mohamed à l'Humanité.

Associations de défense des droits de l’Homme et syndicats de journalistes se mobilisent contre l’expulsion d’un journaliste somalien menacé de mort dans son pays.

Mohamed Bashir Haji, journaliste somalien actuellement hébergé à Brest en centre d’accueil et d’orientation (CAO), doit être expulsé mardi matin vers le Danemark, au nom des accords de Dublin. Depuis Copenhague, il devrait logiquement être renvoyé vers la Somalie à ses risques et périls. « Le préfet de Quimper a programmé une première expulsion mardi dernier, qu’il a pu éviter », indiquent plusieurs syndicats de journalistes (SNJ-CGT, SNJ, CFDT et IFJ) dans un communiqué commun. Ils appellent « la préfecture à sursoir à cette expulsion et à lui permettre de déposer une demande d’asile en France pour des raisons humanitaires ». Contacté par l’Humanité, Mohamed est apparu épuisé. « Ce que je veux, c’est rester ici », explique-t-il. « Si je rentre au Danemark, je serai expulsé vers la Somalie et cela, l’administration française le sait bien. Et puis, il y a ma famille dont j’ai perdu la trace et qui risque toujours sa vie en Somalie ». Le journaliste, qui s’exprime en arabe et en anglais, avait rejoint le Danemark en 2014 après avoir été victime d’un attentat qui avait coûté la vie à son cameraman. « Il effectuait des reportages entre la Syrie et la Somalie avant que la guerre n’éclate », précise Vincent, son traducteur. « Il a du quitter le pays sans sa famille pour ne pas lui faire prendre de risques inconsidérés ». Les autorités danoises ont rejeté par deux fois sa demande d’asile, l’obligeant à gagner la France.

Rassemblement mardi matin

A Brest et Quimper, des associations qui militent, notamment, contre les accords de Dublin, lui ont apporté leur soutien. « On fait en sorte que les droits des personnes soient respectés », indique Hugo du mouvement brestois « Zéro personne dans la rue » qui participe activement à la mobilisation aux côtés de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH). « Ces pratiques sont d’autant plus inacceptables quand on connaît les personnes et leurs parcours de vie ».

Tandis que les syndicats de journalistes sont intervenus auprès du Quai d’Orsay, plusieurs militants appellent à un rassemblement, mardi matin, pour s’opposer physiquement à son expulsion.

Le communiqué commun des syndicats de journalistes :

 

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