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Services publics. Hélène Derrien :« Les programmes régionaux de santé, notre nouvelle bataille »

Entretien réalisé par Stéphane Guérard / 26 Juin 2017 / L'Humanité

 

« On ne se contente plus de défendre des services hospitaliers et des maternités de proximité. Nous intégrons l’ensemble des services qui participent à l’accès aux soins. »

Depuis treize ans, les comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité luttent partout en France pour conserver les établissements locaux. Réunis ce week-end à Concarneau, ils globalisent leur combat à l’accès aux soins et à la santé.

Une centaine de personnes représentant vingt-huit comités locaux ont participé tout ce week-end à Concarneau aux 27es rencontres de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

Depuis la création de la Coordination nationale en 2004, la notion de proximité que vous défendez a-t-elle évolué ?

Hélène Derrien La notion de proximité que nous défendons n’a pas changé dans le sens où elle reste un axe majeur de notre combat. Mais les formes que prend sa défense ont, elles, évolué. On ne se contente plus de défendre des services hospitaliers et des maternités de proximité. Nous intégrons l’ensemble des services qui participent à l’accès aux soins. On l’a vu lors de la campagne de la présidentielle. C’est devenu une préoccupation majeure de la population. C’est pour cela que nous venons de proposer une légère modification de nos statuts afin d’élargir l’objet de notre association. Notre feuille de route s’en trouve aussi modifiée. Nous voulons tisser encore plus de liens avec les comités locaux, afin de nous battre sur un nouvel enjeu : gagner la bataille de la transparence sur les programmes régionaux de santé, actuellement élaborés dans la plus grande opacité. Nous réaffirmons aussi notre attachement à la Sécurité sociale et à un remboursement des soins à réellement 100 % de leurs coûts. Nous le faisons en lien avec la Convergence nationale des services publics, en solidarité avec les personnels de ces services, avec les médecins.

Quel bilan dressez-vous de la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) ?

Hélène Derrien C’est la catastrophe annoncée. Ces groupements sont mis en place partout, mais avec des différences au niveau local. Ainsi, dans le Finistère, Quimper et Brest possèdent chacun son GHT. Mais nous savons qu’à terme ne restera plus que celui de Brest. Emmanuel Macron a été plutôt clair sur la poursuite de ce mouvement. Nous faisons actuellement face à la deuxième phase avec la définition des programmes régionaux de santé. Ceux-ci doivent répartir les activités au sein de ces GHT. Ils doivent être déposés le 1er juillet, en vue de leur mise en place à partir du 1er janvier 2018. Nous ne disposons à l’heure actuelle d’aucun élément sur ces programmes. Conséquence de cette opacité : nous ne pouvons pas nous prononcer sur ces documents, encore moins protester contre, s’il y a lieu. Pourtant, les enjeux sont grands. Ces programmes énoncent la localisation des services, des spécialités. Pour les personnels, cela entraînera sûrement des déplacements. Pour les usagers et les patients aussi.

Est-ce pour ces raisons que des comités locaux se constituent de plus en plus ?

Hélène Derrien Des comités se constituent ou se réactivent effectivement du fait des GHT. Dans le Finistère, les comités de Brest et Morlaix ont émergé en 2016. Depuis, des personnes agissent aussi à Lannion, dans les Côtes-d’Armor, ou à Port-Louis, dans le Morbihan. La question des Ehpad fait aussi que ça bouge. Il y a d’abord une dégradation généralisée des soins et services rendus dans ces établissements pour personnes âgées. D’autre part, les collectivités locales confient leur gestion au privé lucratif ou à des associations et fondations. L’inégalité d’accès existait déjà à travers la sélection par l’argent. Elle s’accentue.

Quels sont vos moyens d’action ?

Hélène Derrien On ne se bat plus seulement contre mais pour. Depuis 2004, nous avons suffisamment produit de documents de travail pour devenir force de proposition en faveur d’une autre politique de santé. Par exemple, pour développer la démocratie sanitaire en partant du bassin de vie, pourquoi ne pas organiser des observatoires de la santé qui mettraient autour d’une même table institutionnels, personnels, médecins, usagers ?

En avez-vous parlé à la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn ?

Hélène Derrien Non. On a reçu dernièrement du ministère une réponse négative pour notre demande de subvention. Pour une fois, elle était argumentée. On va demander un rendez-vous pour parler de tout cela.

Hélène Derrien

Présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité

photo prise devant le Conseil départemental du Finistère en novembre 2016

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