Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

Il y a 75 ans, les deux premiers résistants fusillés à Quimper, deux jeunes postiers communistes

Ils furent à un mois d’intervalle fusillés au stand de tir de La Tourelle à Quimper où une plaque commémorative rappelle leur mémoire : Pierre Jolivet le 5 juin 1942, Émile Le Page le 8 juillet 1942, le premier avait 20 ans, le second 19 ans.

Tous deux, militants des Jeunesses communistes, adhèrent au parti communiste en 1939, au moment de son interdiction.

Ces jeunes postiers auxiliaires de Quimper sont des résistants de la première heure.

Ils font partie des premiers groupes résistants du parti communiste dans l’Organisation Spéciale (O.S.) reconnue comme unité combattante dès octobre 1940 et mise en place en Bretagne par Robert Ballanger, puis dans les FTPF, qui prennent la suite de l’O.S.

Dans un rapport d’avril 1941, le préfet du Finistère place au premier rang des « adversaires de la Révolution Nationale » les communistes « aussi actifs qu’irréductibles ».

En août 1941 les autorités militaires allemandes le somment d’agir contre la recrudescence des attentats et des sabotages dans le département.

Avec leur groupe, Émile Le Page et Pierre Jolivet participent aux distributions de tracts et journaux clandestins et dès janvier 1941 aux premières actions directes contre l’occupant : sabotages, attentats contre la caserne de la Wehrmacht, contre le Soldatenheim, foyer du soldat allemand, de Quimper.

Ils préparent l’attentat contre le siège de la LVF, leur groupe l'exécutera sans eux en juin 1942.

Car entretemps ils ont été repérés lors d’une distribution de tracts appelant à manifester le 1er mai 1942.

Arrêtés par des policiers français et torturés à la prison de Mesgloaguen, ils sont remis aux Allemands, condamnés à mort et fusillés, Pierre Jolivet le 5 juin, Émile Le Page, le chef de groupe, le 8 juillet.

Leur groupe FTP continuera sans eux ses actions : contre le local de la LVF en juin 1942, contre le bureau d’embauche pour l’Allemagne en octobre, contre la Kommandantur et la poste militaire allemande en janvier 1943.

Alain Le Grand, dans son ouvrage sur la Résistance dans le Finistère, faisait état de nombreux témoignages disant que, loin de donner un coup d’arrêt à la résistance locale, leur exécution poussa d’autres jeunes à suivre leur exemple.

Comme dit le Chant des Partisans, « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ».
 

Le 14 juillet 1942 un rassemblement se tient au cimetière d’Ergué-Armel (qui était alors une commune séparée de Quimper) près de la fosse commune où leurs corps avaient été jetés.

Leurs corps ne sont rendus à leurs familles qu’en octobre 1944. Une foule impressionnante suit alors leurs obsèques officielles.

 

Sources : Le dictionnaire des fusillés du Maitron, les militants du Finistère d’Eugène Kerbaul, La Résistance dans le Finistère d’Alain Le Grand, divers témoignages.

 

 

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.