Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

La Commission d’évaluation du CETA : une farce communicationnelle d’Emmanuel Macron (collectif stop Tafta-Ceta de Quimper-Cornouaille)

Jeudi 6 juillet, le Premier ministre, conformément à ce qu’Emmanuel Macron avait annoncé pendant sa campagne, a présenté la « commission d’experts » chargée d’évaluer les conséquences de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (CETA). Il s’agit là d’une imposture qui consiste à faire croire que des « experts indépendants » vont rendre des conclusions objectives pour évaluer cet accord. La réalité est que cette commission est constituée sur mesure pour valider le CETA avec notamment des économistes fervents défenseurs du libre-échange, dont la présidente de cette commission, ainsi qu’une juriste qui a été conseillère auprès du CIRDI, le tribunal d’arbitrage de la Banque mondiale, et qui se trouve sur la liste des arbitres de ce même tribunal.

La date limite choisie, le 7 septembre, pour que cette commission rende ses conclusions montre que la participation de la société civile à cette évaluation (pendant les deux mois de vacances estivales) est le cadet des soucis du gouvernement. L’important pour lui est que la tenue de cette commission ne retarde pas la mise en application provisoire du CETA prévue pour le 21 septembre 2017. L’avis que rendra cette commission ne fait donc aucun doute : il sera favorable au CETA quand bien même il incorporerait quelques recommandations de suivi de l’application qui ne pourront avoir d’autres effets que communicationnels.

Et pourtant, des études ont mis en évidence la dangerosité du CETA : 200 000 emplois supprimés, accélération du réchauffement climatique, atteintes à la souveraineté démocratique des États, remise en cause du principe de précaution, atteintes aux droits humains, industrialisation de l’agriculture, dumping social et fiscal, etc. De plus, des études d’opinion montrent qu'une large majorité de nos concitoyens est défavorable au CETA.

Avec cette opération, Emmanuel Macron démontre le cynisme de sa façon d’exercer le pouvoir : s’appuyer sur une expertise façonnée pour conforter ses prises de décision et décrédibiliser les contestations légitimes de la société civile. De plus, Emmanuel Macron ne s'est jamais exprimé sur l'application provisoire de ce traité qui va pourtant porter sur 90 % de ses clauses. Ce silence est d'autant plus étonnant que, d'une part, la Cour de Justice de l'Union européenne a confirmé son caractère mixte relevant donc aussi de la compétence des Etats membres, et que, d'autre part, le Conseil constitutionnel français n'a toujours pas rendu son arrêt sur la constitutionnalité du CETA. En conséquence et en toute logique, la France devrait annoncer à la Commission européenne qu'elle n'appliquerait pas sur son territoire le CETA même de façon provisoire.

Enfin, le Collectif Stop Tafta-Ceta de Quimper Cornouaille demande au gouvernement l'organisation d'une consultation des citoyens sur la ratification et le contenu du CETA.

Photo ci-contre : le 17 février dernier, le collectif Stop Tafta-Ceta rebaptisait la place de la Résistance à Quimper "Place de la Résistance au Ceta"

 

 

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.