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Vannes. Morbihan. À 80 ans, Yvonne est forcée de quitter l’hôpital en pleine nuit

 

Le « fait divers » cruel relaté dans Ouest-France et reproduit ci-dessous n’est maheureusement pas un fait exceptionnel.

L'austérité tue les hôpitaux publics, personnels et malades en sont pareillement victimes. Et les plus fragiles des patients, particulièrement les personnes âgées, font les frais de l'inhumanité qui en résulte.

Il y a un an une octogénaire habitant Brest a elle aussi été obligée de quitter l'hôpital de Quimper en pleine nuit, seule et sans moyen de locomotion, après une hospitalisation de quelques heures due à un malaise.

D'autant plus choquant qu'à la même époque, la cour administrative d'appel de Nantes confirmait la condamnation du centre hospitalier de Quimper-Cornouaille à une amende de 82 000€, suite à une inspection de l'ARS.

L'un des motifs invoqués était "des séjours injustifiés".

Traduire que l'on a puni le CHIC pour avoir hospitalisé ou gardé trop longtemps à l'hôpital des patients sans raison médicale suffisante...selon l'ARS !
Pression des autorités de santé et manque de moyens se conjuguent pour aboutir à ces tristes faits divers. La santé est vraiment malade de l'austérité !
Et le budget de 2018 nous annonce bien pire encore si personnels et usagers n'unissent pas leurs forces pour que ça change.

 

Ouest-France / Vannes / 9 novembre 2017 / Maël Fabre

Hospitalisée à l’hôpital Chubert de Vannes, Yvonne a été obligée de quitter sa chambre à minuit. Seule et affaiblie, elle a dû rentrer chez elle en taxi jusqu’à Belz, près d'Auray.

Yvonnes, 80 ans, a été hospitalisée, fin octobre, au service des Urgences de l’hôpital de Vannes. Depuis plusieurs jours, elle était prise de vomissements après avoir suivi un traitement pour une sciatique. « Elle ne mangeait plus, elle était très faible », explique François Coupez, son fils.

Rapidement prise en charge par les médecins, elle est mise sous perfusion dans la journée. En fin de soirée, elle passe des radios et est installée sur un lit, dans une chambre.

« Elle s’est habillée toute seule et a été mise dehors  »

 « À minuit, un médecin est venu la voir en lui disant qu’elle devait partir. Elle a tenté de nous joindre, en vain. Elle s’est habillée toute seule et a été mise dehors », poursuit son fils, en colère.

Sans mode de transport, on lui demande alors si elle possède un moyen de paiement pour réserver un taxi. « En pleine nuit, à 80 ans, ma mère s’est retrouvée devant l’hôpital et à payer 103 € pour rentrer chez elle, à Belz », regrette François Coupez.

Arrivée vers 2 h du matin à son domicile, Yvonne va alors avoir beaucoup de mal, dans le noir, à ouvrir sa porte de garage. « Elle était trop faible pour rentrer chez elle. Sans force, elle aurait pu passer la nuit dehors sans pouvoir rentrer chez elle. »

Des questions mais pas de réponses

Le fils de la patiente s’étonne : « Comment peut-on laisser une femme seule, affaiblie, malade et âgée de 80 ans se débrouiller pour rentrer chez elle en pleine nuit ? J’ai quand même du mal à comprendre ».

Pour l’hôpital Chubert, « cette personne n’a pas, pour le moment, sollicité le service de réclamation des usagers de l’établissement. Par conséquent, nous ne pouvons faire aucun commentaire sur la prise en charge de cette patiente », indique simplement la directrice adjointe de l’hôpital.

Yvonne a-t-elle été invitée rapidement et probablement maladroitement à quitter sa chambre pour libérer un lit ? Pourquoi l’avoir hospitalisée toute une journée, lui avoir fait passer des radios pour finalement lui dire en pleine nuit de partir ?

Des questions que la famille de l’octogénaire se pose aujourd’hui. Mais il manque les réponses…

 

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