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Lycée Jean-Moulin de Plouhinec (29). Le Cap dans la rue

 Le Télégramme / 3 décembre 2017 / Marie-Line Quéau - Sylvie Rémi

Ils étaient au moins un millier, hier, à défiler derrière ce bateau surmonté d'un ironique sapin de Noël dans les rues de Plouhinec et d'Audierne, pour dire « Non » à la fermeture du lycée Jean-Moulin. Reportage.

Théo Galland a 16 ans. Il est en première année de la filière bac pro agencement-menuiserie à Jean-Moulin. Il lui reste deux ans à faire. « C'est le métier que j'ai choisi, je veux faire ça », insiste ce jeune de Mahalon, qui a fait sa 3e au lycée des métiers de Pleyben. « J'étais en internat, c'était très grand. Ici, le lycée est plus petit, les profs prennent le temps de bien nous apprendre ce qu'on doit savoir. C'est vraiment bien. Je pense que ça ne fermera pas ». Son copain Grégory Lebeul, 15 ans, est de Pont-Croix. Lui aussi a été à Pleyben. Il n'a pas aimé l'internat. « On avait trouvé ce lycée tout près, c'était parfait, indique sa maman. Et plus économique aussi. C'est une école sympa et c'est le dernier lycée dans le Cap-Sizun. On ne peut quand même pas le laisser fermer comme ça ! ». Grégory est en première année de CAP menuiserie-agencement. « Je viens en scooter quand il fait beau, en car autrement », précise-t-il.

« Si on laisse faire, c'est le désert »

Théo, Grégory et tous les élèves du lycée étaient en tête de la manifestation, hier, un bateau en guise de figure de proue, surmonté d'une pancarte en forme de sapin de Noël sur laquelle était écrit : « La Région et le rectorat vous souhaitent de joyeuses fêtes de Noël ! ». Sur le Goyen, La Louisette et son équipage, partenaire du lycée, ont accompagné le cortège avec fumigènes et banderoles. Ceux du Skellig, la réplique de langoustier douarneniste dont tout l'intérieur a été fait au lycée, étaient là aussi. Les élus du Cap-Sizun étaient présents en nombre également, mais aussi du Pays de Douarnenez.

« Comment rendre à l'enseignement professionnel son attrait, si on ne maintient pas les outils de proximité en état ? », critiquait, par exemple, Florence Crom, élue de Kerlaz. Une socialiste qui se demande « si la Région est encore à gauche ». Parmi les anonymes, on était là surtout pour signifier son inquiétude. « On nous enlève tout. On ne va quand même pas se laisser faire ! », argumentait Nicole, jeune grand-mère en colère, reprenant à tue-tête le slogan des syndicats, présents en force : « Si on laisse faire, c'est le désert ! ». « On a fermé toutes les sections les unes derrière les autres, constatait Maryvonne, une ancienne prof du technique, à la retraite à Audierne. Alors maintenant, on vient nous dire qu'il faut fermer. Un peu facile... ».

La figure d'Albert Trividic

Les manifestants s'étaient donné rendez-vous devant le lycée à 14 h, où ont eu lieu plusieurs prises de paroles. Parmi elles, celle de la Plouhinécoise Yvonne Trividic-Bouër, qui a évoqué les circonstances dans lesquelles est né cet établissement après la guerre, à l'initiative de son père, Albert Trividic, instituteur communiste et résistant. « Il a dû se battre énormément à l'époque contre l'administration pour convaincre de la nécessité de former les jeunes du Cap », a-t-elle souligné. La manifestation s'est dispersée sans heurts, en milieu d'après-midi au centre d'Audierne, où les commerçants avaient baissé les rideaux. Certains avaient même affiché qu'ils étaient fermés pour participer à la manifestation. Les syndicats ont appelé à une autre mobilisation, le jeudi 14 décembre, à Rennes cette fois, le jour où l'assemblée régionale doit entériner sa décision de fermer ce lycée.

Yvonne Trividic-Bouër, fille d'Albert Trividic

 

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