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Pour les futures municipales, le parti du président recycle sans complexe, à Quimper aussi !

Élections. En marche ! prépare les municipales

Aurélien Soucheyre / 26 Février 2018 / L'Humanité

Le parti présidentiel a créé des comités chargés de dresser la liste des maires « macron-compatibles » déjà en place, notamment dans les grandes villes.

C’est en 2020, mais c’est déjà demain. La République en marche, qui a franchi les portes de l’Élysée « par effraction », selon les propres mots d’Emmanuel Macron, avant de se tailler une majorité sans précédent à l’Assemblée nationale, vise déjà les prochaines municipales. Christophe Castaner, délégué général du parti, a nommé fin janvier quatre « délégués nationaux aux élections et aux territoires ». François Patriat, président du groupe LREM au Sénat, l’ancienne sénatrice Bariza Khiari et les députés Marie Guévenoux et Pierre Person (soit trois anciens socialistes et une ex-LR) se sont vu fixer cette feuille de route : « Où veut-on être ? Quelles sont les villes stratégiques ? »

Sans surprise, les métropoles, où Emmanuel Macron a généralement obtenu de hauts résultats à la présidentielle, sont tout particulièrement dans le viseur. De nombreuses villes gérées par le PS sont convoitées : Lille, Rennes, Brest, Rouen, Strasbourg, Nantes, où pourrait se présenter le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, et bien sûr Paris, où les candidats macronistes ont raflé 14 des 18 circonscriptions aux législatives. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, ne cache pas ses vues sur la capitale, dans laquelle les militants En marche ! déclarent que le « travail programmatique a commencé ».

Sauf que LREM, qui dispose de très peu d’élus locaux, n’est pas parvenu à séduire les grands électeurs lors des sénatoriales de 2017 (les effectifs de son groupe, composé de transfuges à sa création, ont diminué après les élections), et ne dispose que rarement d’une implantation militante conséquente. Christophe Castaner a d’ailleurs reconnu que le parti présidentiel « n’a pas vocation » à se présenter dans toutes les villes de France. Des « comités politiques » ont ainsi été créés dans chaque département, où les responsables et les élus (essentiellement des députés) ont pour mission de dresser la liste des maires « macron-compatibles » déjà en place et à séduire.

« On n’a pas 36 000 Macron à disposition »

C’est le cas à Bayonne, où le maire UDI Jean-René Etchegaray a soutenu Macron à la présidentielle. Idem pour l’ex-PS Jean-François Fountaine à La Rochelle, sans oublier Christophe Béchu, à Angers, et David Robo, à Vannes, qui ont tous les deux quitté « Les Républicains ». À cette liste non exhaustive s’ajoutent Ludovic Jolivet, à Quimper, et Jean Dionis du Séjour, à Agen, qui se sont d’ores et déjà déclarés « macron-compatibles ». Enfin, les maires d’Angoulême, du Havre et de Reims, par exemple, sont des proches du premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, regarde de près la situation à Lyon.

Reste à savoir si ce grand travail de recyclage d’ex-socialistes et d’anciens membres de LR laissera aussi la place à de nouveaux visages, partout en France, comme cela a été le cas à l’Assemblée nationale. Plusieurs élus macronistes en doutent, et s’amusent à déclarer de concert que le parti n’a pas « 36 000 Macron à disposition ». En attendant, des députés LREM se verraient bien tenter l’aventure, peut-être en prévision de la diminution d’un tiers du nombre de parlementaires annoncée par Macron, dont Coralie Dubost à Montpellier et Barbara Pompili à Amiens. Quand à Christophe Castaner, il se déplace avec assiduité à Marseille. Mais tout cela peut encore bouger : 2020, c’est encore loin.

 

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