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Alerte sur les services publics ! Conférence de presse de la section PCF du pays de Quimper

Vendredi 2 mars, la section PCF du pays de Quimper a tenu une conférence de presse pour alerter sur la situation des services publics.

On peut lire le compte-rendu du Télégramme ici

Ouest-France ne s'est pas déplacé.

Ci-dessous l'introduction de la secrétaire de section.

                                                                 

À l'image du « droit d'alerte » utilisé par les salariés sur leurs lieux de travail ou du « droit d'alarme » auquel ont recours les cheminots, les communistes veulent aujourd'hui lancer une alerte citoyenne sur la situation inquiétante des services publics dans la région quimpéroise.

Avec les choix politiques d'Emmanuel Macron en faveur de la finance, les nuages noirs s'amoncellent en effet sur ce qui est notre bien commun, nos services publics, qui sont un facteur de mieux-vivre, un amortisseur social face au chômage et à la précarité, un outil de réduction des inégalités sociales et territoriales.

 

Il y a quelques jours, La Poste annonçait la fermeture en juin du bureau de la rue Saint Mathieu qui avait remplacé celui du Chapeau Rouge. Avec ceux de Pluguffan et d'Ergué-Gabéric, cela fait en un an 3 bureaux de poste en moins dans notre environnement immédiat.

C'est un massacre du service public postal de proximité.

Alors que le groupe La Poste a cumulé près d'un milliard d'euros de CICE, cet argent public a servi à financiariser ses activités tout en supprimant des emplois et en réduisant les services aux usagers.

Selon sa direction, ceux-ci ne viendraient plus dans les bureaux de poste que « pour des opérations simples ou à la recherche de conseils qualifiés ». Ce n'est pas dans des points-relais implantés dans des commerces qu'ils trouveront ces conseils qualifiés !

 

Grand silence de Ludovic Jolivet sur cette nouvelle dévitalisation du centre ville, qui vient s'ajouter aux fermetures des écoles Jules Ferry et Pommiers, à celle du Quartier, à l'annonce de la démolition des Halles pour en faire un centre commercial, à la vente au privé du patrimoine immobilier de la ville, aux menaces sur le Quai Dupleix, seul cinéma d'art et d'essai, avec le changement de propriétaire des Arcades...

Et quand l'adjoint aux finances déclare à ce sujet « Ce n'est pas à la ville de commenter un acte de vente privé », ajoutant « On cherche à se séparer du patrimoine qui nous coûte cher », ce n'est pas de nature à nous rassurer !

Le maire est en train de tuer le centre-ville de Quimper où seul se développe l'immobilier de luxe.

 

On ne l'a pas entendu non plus soutenir les cheminots dont l'action a permis de préserver l'ouverture au public des guichets de la gare de Quimper. Il a même refusé de voter le vœu présenté au conseil municipal par notre élu. Quand on affirme se mobiliser pour la liaison Quimper-Paris, il faut être cohérent, défendre les guichets, les gares et les lignes, et s'opposer à la casse du service public ferroviaire que nous annoncent Spinetta et Macron.

Nous avons déjà vécu l'ouverture à la concurrence et les privatisations dans le transport aérien, l'électricité, les télécommunications...On transforme les sociétés publiques en sociétés par actions, et ensuite on ouvre leur capital, la part de l’État devient minoritaire.

Quand la rentabilité du capital se substitue comme critère de gestion à l'intérêt général, c'est au détriment des populations et des territoires. Le Finistère est un territoire excentré, il a tout à perdre aussi bien sur le plan de l'accessibilité par la LGV que de la desserte de proximité ; la ligne Quimper-Brest à peine réouverte après les travaux de rénovation figure déjà sur la carte des lignes à supprimer dans le rapport Spinetta.

 

Les services de l’État, des collectivités, eux aussi sont mis à mal par les choix austéritaires, restrictions d'ouverture voire fermeture de guichets, réductions d'effectifs : impôts , préfecture...partout on renvoie les usagers à internet. Et la presse se fait l'écho régulièrement des dysfonctionnements qui en résultent, plus encore dans une région où la population est vieillissante. Cela aggrave les inégalités sociales, territoriales, et pénalise les personnes âgées comme celles en situation de handicap.

Il y a quelques mois, le Crédoc a publié une étude intitulée « E-administration : la double peine des personnes en difficulté» expliquant qu'Internet est un univers éloigné pour les plus fragiles.

Les missions de l'État sont de moins en moins bien assurées, on l'a vu dans l'affaire Lactalis, faute de moyens budgétaires et humains.

Et Macron veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires de plus !

 

Nous saluons la réaction des magistrats et avocats devant la nouvelle réforme judiciaire qui encore une fois fait reculer l'accès à une justice de proximité.

L'annonce du maintien d'un seul tribunal de grande instance par département menace l'un des deux du Finistère, Brest et Quimper, sans doute plus Quimper, alors que le tribunal a été récemment rénové !

Quelles que soient les modalités, cela se ferait de toute façon au détriment des citoyens.

 

La carte scolaire rendue publique il y a quelques jours participe aussi de ce recul des services publics, 24 postes en moins pour le Finistère. Et à Quimper, s'il y a 2 dédoublements de CP et une autre ouverture, 3 fermetures sont annoncées : en maternelle aux Pommiers, la majorité municipale ayant voté la fermeture de l'école après celle de Jules Ferry l'an passé, en primaire à Victor Hugo et Léon Blum.

Dans le département il y a une perte sèche de 7 classes en maternelle, aucune ouverture. La démographie a bon dos, car les parents ont des difficultés à inscrire les plus jeunes, alors que que la scolarisation précoce est un facteur de recul des inégalités.

Et dans le cas de l'école Léon Blum qui acueille des enfants du voyage et une Ulis pour des enfants en situation de handicap, ces besoins spécifiques ne sont pas pris en compte.

Encore une fois on ne se donne pas les moyens d'améliorer les conditions d'enseignement, le dédoublement de CP se faisant à moyens constants donc en dégradant ailleurs !

Je voudrais aussi revenir sur la décision de fermeture du lycée professionnel Jean Moulin de Plouhinec, car son cas est malheureusement représentatif du sort qui est fait à l'enseignement professionnel public et aussi aux activités maritimes. Le Conseil Académique de l’Éducation Nationale a pris position à une très large majorité pour son maintien il y a quelques jours, nous espérons que la Région et le Rectorat reviendront à la raison.

 

Comment finir ce tour d'horizon sans aborder la situation alarmante de l'hôpital public : manque de personnels, budgets insuffisants, explosion des temps d'attente aux urgences, allongement des délais pour accéder aux consultations, aux examens, et le 1,2 milliard d'euros d'économies supplémentaires imposé aux hôpitaux dans le budget 2018 ne va pas arranger les choses !

D'autant que le manque de médecins, le vieillissement de la population, la précarité grandissante amplifient le recours à l'hôpital.

La mise en place par le gouvernement précédent des GHT, groupements hospitaliers de territoire, est un outil pour un nouveau tour de vis dans les dépenses de santé, la fermeture de lits et de services. Morlaix, Quimperlé, ont déjà été touchés, qui demain ?

Nous sommes d'autant plus vigilants que, si la forte réaction des médecins de l'hôpital de Quimper a permis qu'il y ait 2 GHT dans le département et non un comme le voulait l'ARS, celle-ci s'est empressée à la suite de fusionner les 2 territoires de santé de Brest et Quimper en un seul qui couvre aujourd'hui tout le département, sauf Quimperlé, et qui est le support de l'organisation des soins.

Cette concentration ne présage rien de bon pour l'accès aux soins de proximité.

Nous sommes partie prenante de toutes les résistances qui se font et se feront jour pour le droit à la santé, aux côtés des professionnels, des usagers, mais aussi porteurs de propositions, notamment pour un financement à la hauteur des besoins, et pour une Sécurité sociale assurant la prise en charge des soins à 100 %.

 

Quant aux EHPAD la crise de financement de ce secteur et l'inhumanité qui en résulte pour les personnels comme pour les personnes âgées ne sont aujourd'hui un secret pour personne.

La manifestation de Quimper le 30 janvier a été une des plus importantes en France, nous y avons été présents et avons distribué plus de 2000 tracts sur la seule ville de Quimper avec nos propositions. Comme nous serons présents le 15 mars prochain aux côtés des salariés des EHPAD et de l'aide à domicile, ainsi que des retraités, pressurés par la politique de Macron, avec notamment la hausse de la CSG , mais pas seulement !

Nous comptons aussi faire venir dans notre région certains des parlementaires communistes qui sont engagés depuis le début de l'année dans un vaste tour de France des hôpitaux et EHPAD pour aller à la rencontre des personnels, des usagers, écouter leurs témoignages, débattre avec eux des solutions.

Ces échanges leur permettent ensuite de se faire les porteurs des attentes et des aspirations du monde du travail et des citoyens au Sénat comme à l'Assemblée.

Pour nous la politique ce doit être cela, un outil collectif pour rendre le monde meilleur !

 

Ce qui se passe dans nos services publics n'est pas une fatalité, le résultat inéluctable d'une dette non maîtrisée. C'est au contraire la conséquence totalement assumée par les gouvernements successifs des politiques d'austérité et de détournement des financements publics vers la rémunération du capital au détriment des investissements utiles au progrès social et économique. C'est un véritable hold-up sur les richesses issues du travail.

Et avec Macron cette orientation atteint des sommets !

D'un côté, celui des grandes fortunes et des multinationales, c'est l'euphorie : suppression de l'ISF, plafonnement des impôts pour les plus riches, 21 milliards d'euros de cadeaux aux entreprises avec la transformation du CICE, 46 milliards d'allègements de cotisations sociales reconduits...

De l'autre, celui de la grande majorité de la population, c'est la double ou la triple peine : augmentation de la CSG, baisse des allocations logement, gel des pensions de retraite, des salaires des fonctionnaires, augmentation du forfait hospitalier, mise en cause de toutes les mesures de progrès social gagnées par la lutte, précarité …

La France caracole en tête en Europe pour les dividendes versés aux actionnaires. Les grandes entreprises annoncent des profits en hausse, mais licencient massivement.

Il y a de l'argent pour une autre politique, sans parler des 80 milliards de fraude fiscale qui échappent au budget, la question que nous posons est celle de son utilisation.

Nous voulons remettre sur la table la question du progrès social.

Et c'est dans esprit que nous serons présents dans les mobilisations du 15 mars, comme dans celles du 22 mars à l'appel des syndicats pour défendre le ferroviaire public aux côtés des cheminots, des usagers, et l'ensemble de nos services publics aux côtés des fonctionnaires.

Quimper, le 2 mars 2018

 

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