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Hausse de la CSG. Les retraités en colère / Le Télégramme / 16 mars 2018

 

Le Télégramme révise en hausse la participation à la manif des retraités à Quimper, encore un petit effort pour coller à la réalité proche de 1500.

D'autant plus remarquable qu'il y avait d'autres rassemblements tout près : Pont L'Abbé, Concarneau, et Douarnenez, à l'EHPAD de l'hôpital, qui ont réuni des centaines d'autres manifestants!

1.200 manifestants ont défilé contre la hausse de la CSG, jeudi, à Quimper, dans le cadre d'une mobilisation nationale. Le cortège, essentiellement composé de retraités, s'est rendu devant la permanence de la députée Annaïg Le Meur.

« Si j'ai cet argent, c'est parce que j'ai bossé ! », s'indigne Patrice. Son ami Ronan renchérit : « C'est comme si on me volait l'argent que j'ai épargné ». Ces deux retraités font partie des 1.200 manifestants qui défilent dans les rues de Quimper, ce jeudi. Dans le cadre d'une action intersyndicale organisée dans toute la France, ils protestent contre la hausse de la CSG, ou contribution sociale généralisée, de 1,7 point pour 60 % des retraités. Le cortège est parti vers 10 h 30 de la place de la Résistance pour se rendre devant la permanence d'Annaïg Le Meur, députée LREM de la 1r e circonscription du Finistère.

Un symbole d'injustice

« Je suis l'un de ces riches retraités qui gagnent plus de 1.200 € par mois », ironise un manifestant drapé de papier doré. Une tenue qui fait référence à la déclaration du député LREM Éric Alauzet : « Les retraités d'aujourd'hui font partie d'une génération dorée ». Une vision que les concernés ne partagent pas. « J'ai travaillé 43 ans dans le bâtiment, sous la pluie, sous la neige et, maintenant, on me pique mon argent ! », enrage Patrice. « Et nous, on bossait 48 heures, on bossait le samedi », ajoute Ronan. Nombreux sont les retraités à brandir leurs années de cotisations pour expliquer leur colère.

Des pertes jugées choquantes

La somme perdue varie selon les personnes, mais aucun ne la juge minime. « Je perds 40 € par mois, je ne sais pas dans quel monde vivent ceux qui me disent que 40 € ce n'est rien », s'énerve le manifestant doré. Pour Ronan, la perte sera de 50 € par mois. « Pour moi, ce sont mes vacances », soupire-t-il. Patrick, un ancien enseignant, révèle quant à lui une perte de 1.200 € par an. Ces pertes choquent aussi par leurs origines, à travers la réduction de certaines pensions. « Je suis veuf et ils prennent 10 % de la complémentaire de mon épouse », se désole Ronan. Son ami s'énerve sur les ponctions faites sur la pension pour les accidents du travail.

S'en prendre aux mauvaises personnes

Le fort rejet suscité par cette hausse s'explique en grande partie par le sentiment que ce sont les mauvaises personnes qui sont touchées. « Il faut qu'on aide les autres, mais on les aide déjà ! Les retraités aident leur famille et leurs proches, notre argent va à nos enfants et nos petits-enfants », défend un autre manifestant. Le montant à partir duquel la hausse s'applique est jugé trop bas : 1.200 €. « Ce devrait être 1.800 ou 2.000 € », râle Nicole, la femme de Patrice. « Et comme ce montant concerne les foyers fiscaux plutôt que les personnes, ma femme qui ne gagne que 400 € par mois est touchée aussi », renchérit son mari.

Macron demeure le « Président des riches »

Le nom du chef de l'État revient à chaque reproche, la décision étant perçue à l'aune de son action politique. La suppression de l'impôt sur la fortune laisse un arrière-goût désagréable : les manifestants estiment que ce serait justement aux 10 % les plus riches d'être taxés. « On veut bien être solidaire, mais il faut que tout le monde soit solidaire, pas toujours les mêmes », grogne un autre retraité. L'idée de promesses non-tenues demeure. Le communiqué des syndicats rappelle que le 13 juin 2017, Richard Ferrand écrivait : « Les retraités modestes verront, eux, leur situation nettement s'améliorer ». L'occasion de souligner que les personnes âgées sont celles qui votent le plus. « On n'ira pas voter Le Pen, mais vous pouvez être sûr qu'on ira voter autre chose », prévient Patrice.

 

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