Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

Quimper. Centre hospitalier. Les orthophonistes alertent sur la pénurie / Le Télégramme / 29 mars 2018

Nouvelle alerte sur l'hôpital public! Cette fois ce sont les orthophonistes du CHIC (Centre Hospitalier Intercommunal de Cornouaille) qui sonnent l'alarme avec la CGT.
Plus qu'une seule orthophoniste actuellement pour prendre en charge les suites d'opérations de cancers ORL, les maladies neurologiques, pour intervenir auprès des personnes en EHPAD...et bien d'autres actions.

Rééduquer la parole, la déglutition, c'est vital!

 

****************************

Depuis la fin de l'année dernière et trois départs en congé maternité, il n'y a plus qu'une seule orthophoniste au Chic.

Un peu partout en France, les orthophonistes se mobilisent ce jeudi pour valoriser leur profession. À l'hôpital de Quimper, il n'y en a qu'une en poste actuellement et impossible de trouver des remplaçants. La faute aux salaires, jugés trop bas.

Ce jeudi, c'est la journée morte de l'orthophonie. Cette mobilisation nationale, lancée par la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) pour défendre la formation et l'accès aux soins, les orthophonistes de l'hôpital de Cornouaille (Chic) ne pourront y participer. Faute de temps. Les, ou plutôt, la seule orthophoniste de l'hôpital. Car, depuis la fin de l'année dernière et trois départs en congé maternité, il n'y en a plus qu'une, Catherine Péron, qui peut s'occuper des patients à plein-temps. « Déjà qu'en temps normal, avec 3,5 équivalents temps plein (ETP), c'est juste, alors là, avec 1,3 ETP c'est carrément intenable », décrit-elle. « Normalement je m'occupe à 100 % de la rééducation fonctionnelle mais là, je suis obligée d'intervenir dans tous les services : ORL auprès des patients opérés d'un cancer auxquels on doit réapprendre à parler et manger, neurologie, Ehpad... Dès que ça touche à la déglutition je ne peux pas dire non. Je suis obligée de faire des choix entre les patients. Ce n'est pas tolérable ! ».

« Pas assez reconnus »

Ce non-remplacement des orthophonistes partis en congé maternité a des racines profondes, inhérentes à la considération de la profession dans le secteur public. « L'hôpital a cherché des remplaçants mais personne ne veut venir. Nous ne sommes pas assez reconnus », explique Caroline Rault, une des orthophonistes en congé maternité, venue spécialement pour tirer la sonnette d'alarme. Jusqu'en septembre dernier, les orthophonistes dans la fonction publique étaient considérés comme des fonctionnaires de catégorie B (niveau bac).

Pourtant, leur formation est, depuis cinq ans, d'un niveau bac + 5 avec la délivrance d'un diplôme de Master 2, comme n'importe quelle autre filière de l'université. Depuis septembre, les orthophonistes ont obtenu de passer en catégorie A (bac + 3) et peut-être en A + à partir de 2020. Une progression qui devait modifier la grille salariale, ce qui n'a pas encore été fait. Mais même en catégorie A +, le salaire n'arrivera pas au niveau de celui des kinés, psychologues ou des autres professions qui demandent cinq ans d'études. « Nous avons le salaire le plus bas de toute la fonction publique hospitalière à niveau bac + 5 ! Et le plus bas d'Europe », regrette Caroline Rault. « Alors qu'en réalité, il faut six, voire sept ans d'études avec la préparation au concours ».

Le libéral surchargé

La pénurie d'orthophonistes dans le public a également des conséquences sur la formation des étudiants, « qu'on ne peut accueillir en stage à l'hôpital par manque de temps », et sur les formations spécifiques des professionnels travaillant à l'hôpital. Des formations que n'ont pas forcément les orthophonistes libéraux appelés à la rescousse. « Ceux qui exercent en libéral sont surchargés. Il y a entre six mois et un an d'attente à Quimper », détaille Catherine Péron. Pourtant, récemment, certains d'entre eux se sont engagés à venir faire des heures à l'hôpital. Une situation inédite qui inquiète la CGT du Chic : « Il faut absolument qu'on obtienne les garanties pour que le service public de la santé puisse continuer à fonctionner, sans le libéral et avec le moins possible de contractuels », insiste Karine Goanec, la secrétaire générale. « Nous allons interpeller la direction au prochain comité technique, le 17 avril ».

*************************************

Voir aussi dans Ouest-France leurs collègues du CMPP : ici

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.