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Justice. En grève, avocats et magistrats se veulent pédagogues / Le Télégramme / 31 mars 2018

 

Magistrats, greffiers et avocats réunis contre le projet de réforme de la justice, au tribunal de Quimper.

Magistrats, greffiers et avocats ont manifesté, vendredi matin, devant le tribunal de Quimper pour une journée nationale « justice morte ». Ils s'opposent au projet de réforme de la justice qui doit être examiné le 18 avril en conseil des ministres.

« Non, pas d'audience » ce vendredi, dit le vigile à l'entrée d'un haussement d'épaules. « Vous avez vu ce qu'il se passe dehors ? ». Des dizaines de magistrats, avocats et greffiers se pressent sur le trottoir, devant les grilles du tribunal de Quimper. Ils sont à nouveau en grève. Dans leurs robes noires, comme la semaine précédente, ils manifestent leur hostilité au projet de loi de programmation de la justice.

Échanges avec les passants

Tracts en main, Me Agnès Pailloucy converse avec une passante. « Depuis 9 h ce matin, nous informons les justiciables ». Ce sont eux les premiers concernés, assure-t-elle. Des cafés sont servis pour prendre le temps d'échanger. L'avocate s'inquiète d'une justice moins accessible. Elle pointe en particulier la numérisation de certaines démarches visant pourtant à plus de simplicité. Mais il faudrait saisir le tribunal en ligne « alors que de nombreuses personnes âgées n'ont pas accès à internet », par exemple.

Moins de proximité

Autre motif d'inquiétude : « La possibilité de transférer des compétences de juridiction à juridiction », rappelle le bâtonnier, Nicolas Josselin. Avec, en filigrane, l'idée qu'une partie des compétences du tribunal de Quimper parte à Brest, et inversement. En clair, « quelqu'un qui se fait tabasser à la sortie d'une boîte de nuit du côté de Clohars-Carnoët pourrait être contraint de se rendre jusqu'à Brest pour faire valoir ses droits. Tout porte à croire que la victime n'ira pas », estime Me Josselin qui dénonce une « réforme en trompe l'oeil »

Gerbe de fleur

Symboliquement, pour cette journée « justice morte », les manifestants se regroupent en cortège funèbre. En tête, le bâtonnier dépose sur le perron du tribunal une gerbe « en hommage à la justice de proximité et de qualité dont la mort est annoncée ». La cérémonie finie, Marie-Anne Kerisit, magistrate et adhérente de l'Union syndicale des magistrats (USM), se désole de « l'absorption par les tribunaux de grande instance des tribunaux d'instance qui vont perdre en autonomie (...) alors que ça fonctionne : c'est plus simple et plus proche des litiges du quotidien ». Elle hoche la tête : « On n'est pas entendu ». Remontée, Me Marie-Thérèse Miossec glisse : « On nous bassine de médiations pour les justiciables, alors que le dernier à en faire, c'est le gouvernement ! ».

 

Voir aussi dans Ouest-France : ici

 

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