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Quimper- Témoignage accablant sur le transfert forcé des Palestiniens de Jérusalem

Petite assistance ce dimanche 22 avril après-midi à Quimper pour écouter Nada Awad et échanger avec elle sur la situation des Palestiniens de Jérusalem. C'est bien dommage, le travail de Nada Awad est remarquable et son exposé marquera durablement les présents, même les plus au fait de la réalité de l'oppression quotidienne que subissent les Palestiniens.
Pas de slogans, des faits. Faits historiques d'abord, depuis la Nakba (catastrophe) jusqu'à la situation d'aujourd'hui, avec l'occupation illégale selon le droit international et les résolutions de l'ONU de la totalité de la ville de Jérusalem, que vient encore conforter la décision de Trump; lois promulguées par l'occupant israélien en contradiction avec les conventions internationales; faits statistiques minutieusement relevés montrant ce qui en résulte, mais aussi des exemples vécus. Tout ce qui concourt à chasser les Palestiniens de Jérusalem et à priver de droits ceux qui y sont encore, faisant d'eux des apatrides comme elle se définit elle-même, est passé au crible. Règlements d'urbanisme ou administratifs qui confinent les habitants palestiniens dans une portion congrue du territoire urbain, refus de permis de construire, établissant un véritable apartheid. Destruction de maisons, en raison de punitions collectives pour des familles entières, ou parce que leur construction est déclarée "illégale"; destruction au bulldozer sous les yeux des habitants, avec tout ce qu'il y a dedans, j'ai le souvenir, et c'était sur le territoire d'Israël, d'une grand-mère devant un tas de gravats dont surnageaient les jouets de ses petits-enfants; mais il y a aujourd'hui plus pervers encore, c'est le béton coulé dans la maison presque jusqu'au plafond pour la rendre inhabitable, les anciens occupants voient leur maison toujours debout mais ne peuvent plus y pénétrer, les personnes présentes dimanche ne sont pas près d'oublier les photos communiquées par Nada Awad. Refus ou retrait des cartes de résidents de Jérusalem Est délivrées par la puissance occupante pour "manque d'allégeance" à Israël, ou preuves "insuffisantes" que Jérusalem est leur " centre de vie", refus d'en accorder aux conjoints, aux enfants, faisant de certains des sans-papiers, illégaux dans leur propre ville que leur famille habite depuis des générations, interdits d'espace public au risque de se faire ramasser et expulser...
Nous avons pensé à plusieurs de nos amis qui vivent cette occupation implacable, à Salah Hamouri, Palestinien de Jérusalem Est que les autorités israéliennes avaient déjà, avant même de l'emprisonner, privé de vie commune avec sa femme et son fils, aux Gazaouis bien sûr.
Tout cela au moment où était votée au Parlement français la loi asile-immigration doit nous amener à réfléchir sur ce qui est "en marche" dans notre pays à contre-courant de notre histoire et de nos valeurs humanistes.

Après cette conférence qui laissera un fort souvenir à tous les présents, quelques-uns d'entre nous ont partagé avec Nada un moment de convivialité et de fraternité dans une crêperie quimpéroise. En espérant la revoir !

Yvonne Rainero

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L’interview de Nada Awal dans le Télégramme du 24 avril :

 

Palestine. Nouvelle réunion publique en mai

 

Sur la photo : Yves Jardin, président du groupe Pays de Cornouaille de l'Association France-Palestine Solidarité, et Nada Awad, venue donner une conférence sur le transfert forcé des Palestiniens.

Seuls une trentaine de Quimpérois se sont déplacés, dimanche, à la réunion publique qui se tenait aux halles Saint-François, sur le thème de « l'intensification du transfert forcé des Palestiniens ».

« Une réunion un dimanche ensoleillé, ce n'était peut-être pas une bonne idée », reconnaît Yves Jardin, président du groupe du Pays de Cornouaille de l'Association France-Palestine Solidarité, qui organisait l'événement. Il assure cependant que la conférence a suscité des débats très intéressés, notamment grâce à l'intervention de Nada Awad, une spécialiste du droit humanitaire venue de Jérusalem pour l'occasion.

Une apatride revendiquée

Nada Awad a étudié au lycée français de Jérusalem avant de poursuivre ses études supérieures en France et de décrocher un master à Sciences Po Paris. Elle est aujourd'hui responsable du département de défense juridique au Centre d'action communautaire de l'université d'al-Quds (nom arabe de Jérusalem). Interrogée sur sa nationalité, elle se déclare apatride et utilise le « nous » pour parler des Palestiniens. Quand on la lance sur le sujet, elle enchaîne les chiffres et les références au droit international. Pour Nada Awad, il faut comprendre le contexte de création d'Israël pour comprendre ce qu'il se passe aujourd'hui. 70 années de conflit qu'elle résume à travers les dates de déplacements importants des populations et des lois et accords qu'elle juge hostiles aux Palestiniens.

En revanche, elle réfute toute accusation d'antisémitisme. « Les Palestiniens sont contre le sionisme, mais ils n'ont aucun problème avec les Juifs. Nous sommes tous des Sémites ! », ajoute-t-elle.

Un débat le 25 mai
Ce thème sera d'ailleurs au coeur d'une nouvelle réunion publique le 25 mai en présence de Dominique Vidal, journaliste au Monde diplomatique et un essayiste de la question du Proche-Orient. Il interviendra sur la question posée par son dernier livre :

« Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron ».

D'ici là, l'association a prévu d'organiser un « piquet de la solidarité » le 9 mai en allant tracter rue Kéréon. Elle souhaite également préparer la « journée de la Nakba » le 15 mai, qui commémore l'expulsion des Palestiniens.

 

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