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Hôpital de Morlaix. « Des risques pour la santé » / Le Télégramme, 24 avril 2018

« Qui prendra en charge les patients qui arriveront aux urgences le week-end pour une pathologie cardiaque ? » Voilà une des interrogations qu’a soulevée Martine Carn, lundi 23 avril au soir, en prenant la parole en début de séance lors du conseil de Morlaix communauté. Accompagnée d’une bonne soixantaine de personnes, la présidente du comité de défense des usagers de l’hôpital a longuement insisté sur « la situation catastrophique » que constitue « la fermeture des soins intensifs de cardiologie » du centre hospitalier des pays de Morlaix (CHPM).

« On est face à une grave crise sanitaire qui n’est pas acceptable. En l’absence de cardiologues, les risques pour la santé, et même pour la vie des patients, sont réels. Par exemple, il n’y aura plus la possibilité de se faire poser des stents à Morlaix », a-t-elle expliqué.

« La crainte de voir des réanimateurs partir »

« Faute de relancer la cardiologie dans un court délai, il est à craindre que certains réanimateurs quittent le CHPM dans les mois à venir, l’hôpital étant moins attractif. Ils sont déjà à flux tendu, ils ne pourront pas continuer à ce rythme. Et l’espoir de recruter de nouveaux médecins a été douché par la perspective de fermeture de la cardiologie », a également souligné la présidente du comité de défense des usagers.

« Il faut une structure hospitalière à la hauteur des besoins des usagers et de leurs familles. C’est un enjeu majeur pour le territoire », a terminé Martine Carn, en appelant à une forte mobilisation de la population lors de la manifestation prévue samedi.

« Il faut une réponse massive »

« Certes, il y a une vraie pénurie de certains praticiens qui est difficile à combler. Mais mettons tout en œuvre pour maintenir la qualité des soins et rendre son attractivité à l’hôpital. Il faut une réponse massive », a abondé Thierry Piriou, en rappelant qu’il y a un an tout juste, un vœu avait été voté pour s’inquiéter de la fermeture de lits estivale. « La situation de l’hôpital s’est dégradée davantage encore », a regretté le président de Morlaix communauté. Appuyée par Martine Carn : « Les fermetures de lits vont se poursuivre cet été, avec 85 lits en moins »

 

 

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Un collectif Santé – Bretagne s’est mis en place depuis le début de l’année regroupant les comités de défense des hôpitaux publics, réunis dans le cadre de la Coordination nationale, des syndicats de la santé (CGT et Solidaires), des partis dont le PCF. Ce collectif a organisé à Rennes le 6 avril un rassemblement unitaire pour la défense de l'hôpital public  à l’occasion duquel une délégation a été reçue par le directeur de l’ARS Bretagne lui-même et ses principaux collaborateurs.

Le constat établi par tous les intervenants sur la situation des hôpitaux publics en Bretagne a été accablant, et le directeur de l’ARS n’a pu le contester.

Avec l’approche de l’été et l’augmentation de population qui en résulte, cette situation ne peut que s’aggraver.

Mais quand il a été demandé au directeur de l’ARS à la fin de la réunion d’en tirer les conséquences et de s’engager à ne pas opérer de fermetures de lits et de services dans les mois à venir, ce qui est vraiment le minimum qui puisse être attendu étant donné la gravité de la situation, il s’y est refusé, prétextant qu’il n’était pas possible de répondre globalement mais uniquement au cas par cas...

On a bien compris sa démarche : globalement on ne s’engage pas, et au cas par cas on ferme !

Y. R.

 

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