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Laurent Mucchielli (CNRS). La vidéosurveillance, un leurre / Le Télégramme / Quimper/ 7 mai 2018

 

 

Vidéosurveillance, la grande imposture!

Débat passionnant vendredi soir à Quimper à l'initiative de la LDH avec Laurent Mucchielli qui appuie sa réflexion sur la vidéosurveillance sur des faits statistiques et un véritable travail scientifique, au moment où le maire LR de Quimper veut multiplierles caméras dans la ville-préfecture.

Business lucratif pour les sociétés privées qui fournissent aux communes un matériel de plus en plus coûteux. Pas de problème pour le maire de Quimper qui dans le même temps restreint les services publics municipaux faute de financement... Et tout bénéfice pour l’État qui se décharge sur les communes de ses missions. Cette même semaine on apprenait que l'antenne de la police nationale dans le quartier de Penhars fermait !

Y.R.

ci-dessous l’article du Télégramme:

Alors que la municipalité quimpéroise va installer ses premières caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville, en juin, Laurent Mucchielli était, vendredi, l'invité de la Ligue des Droits de l'Homme. Pour ce sociologue, directeur de recherche au CNRS, la vidéo ne serait pas dissuasive pour les délinquants.

On doit à Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS au laboratoire méditerranéen de sociologie, une série d'ouvrages sur la délinquance. Le tout dernier, paru il y a quelques semaines, a pour titre « Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance » (Armand Colin). Le chercheur, invité vendredi de la Ligue des Droits de l'Homme, s'est penché sur les politiques locales de vidéosurveillance. Si la vidéo, dit-il, n'intente pas aux libertés publiques, elle ne permet pas non plus de dissuader des individus de commettre des actes de délinquance et de terrorisme. Bref, la promesse de sécurité vendue par les défenseurs zélés de la vidéosurveillance n'est pas tenue.

Vidéo-verbalisation

Laurent Mucchielli appuie son raisonnement sur des études de cas précis dans trois villes du sud de la France, de tailles différentes. Le constat est implacable : « les images collectées par les caméras de rue sont utiles entre 1 et 3 % dans la résolution de faits de délinquance ».

Pour le chercheur, il s'agit d'un « résultat qui n'est pas nul mais négligeable ». Autre constat : les images collectées affichent avant tout des plaques d'immatriculation de véhicules plutôt que des visages. Bref, au lieu d'avoir un effet concret sur les atteintes aux biens et aux personnes, la vidéosurveillance sert avant tout à verbaliser les actes de délinquance routière : stationnement gênant, franchissement de ligne continue... Laurent Mucchielli parle à ce propos de vidéo-verbalisation. Pour le sociologue, la vidéosurveillance constitue, en outre, un business fort lucratif pour les entreprises privées de sécurité qui promettent des caméras toujours plus performantes et coûteuses. On l'aura compris : la facture est salée pour les municipalités. Certaines (comme Istres dans les Bouches du Rhône) ont déjà fait l'acquisition de... drones ! Au final, ne vaudrait-il pas mieux mettre des agents de surveillance sur la voie publique, s'interroge Laurent Mucchielli. Ou bien tout simplement mettre l'accent sur des politiques efficaces de prévention de la délinquance.

 

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