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Châteaulin. Finances publiques. Semaine noire face aux suppressions d'emploi et amputations du service public

 

Dimitri L'Hours / Le Télégramme / 18 mai 2018

« Halte à la suppression des postes et à la fermeture des trésoreries ! ». C'est le message qu'a voulu faire passer aux contribuables, jeudi matin, une intersyndicale de la Direction départementale des Finances publiques, au centre de Kerjean.

De nombreuses suppressions de postes depuis dix ans, des fermetures de trésors publics ou encore le prélèvement de l'impôt à la source : les motifs de grogne étaient nombreux, hier matin, au sein de l'intersyndicale FO-CGT-CFDT-Solidaires de la Direction départementale des Finances publiques. Engagée dans une « Semaine noire » les menant, depuis lundi jusqu'à ce vendredi, de Brest à Morlaix en passant par Châteaulin et Quimper, l'intersyndicale a manifesté et distribué des tracts aux usagers devant le centre des impôts de Kerjean.

« Dans le privé, on parlerait de plan social »

« 40.000 emplois ont été supprimés depuis dix ans dans les Finances publiques, cela représente 25 % des effectifs liquidés ! Dans le Finistère, où les finances publiques représentent 1.100 emplois, on en a perdu 250 sur la même période », peste Érick Guerry, représentant de Force Ouvrière. « Dans une entreprise privée, on appellerait ça un plan social », embraye Stéphane Douet. Conséquence : « Les collègues, pas assez nombreux, n'arrivent plus à effectuer leurs différentes missions dans de bonnes conditions ».

« Le prélèvement à la source va compliquer les choses »

D'autant que, selon eux, le passage au numérique pour les déclarations de revenus, obligatoire dès l'an prochain, entraîne des effets pervers. « Il y a bien plus de contentieux qu'auparavant », estime Stéphane Douet.

« Nous ne sommes pas anti-numérique mais nous voulons que cela reste une option. Il y aura certes une assistance pour aider ceux qui en ont besoin. Mais y'aura-t-il des fonctionnaires pour les aider ? », feint d'interroger Ludovic Morin (CGT). À en croire les syndicalistes, ces baisses d'effectif vont encore s'accentuer dans les années à venir. « Les technocrates veulent dissuader les gens de venir dans les centres de Finances publiques », raille Érick Guerry. « Le gouvernement a déjà commencé à faire appel à des sociétés privées pour conseiller les contribuables sur le prélèvement à la source ! », affirme Jacques Le Pichon (CFDT), opposé, comme ses homologues, à ce mode d'imposition. « Cela va entraîner de grosses complications alors que la mensualisation fonctionne très bien ».

« Remise en question de notre travail »

L'intersyndicale, qui constate « une contractualisation à outrance de la fonction publique », table ainsi sur pas moins de 20.000 suppressions d'emploi d'ici 2022, ainsi que sur de nouvelles fermetures de trésoreries (Lanmeur, Rosporden, Daoulas, Lannilis...). « Sans parler des restructurations internes, de la fin des plans cadastraux ou encore du droit à l'erreur pour les entreprises, une vraie remise en question de notre travail. Socialement, nous allons le payer ». Le message, assez alarmiste, fait mouche auprès des usagers. « Nous avons reçu beaucoup de marques de soutien depuis le début de la semaine », remarque Jacques Le Pichon. Cette intersyndicale participera à un mouvement national le 22 mai.

 

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