Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

Déclaration du sénateur communiste Fabien Gay après le vote du « pacte ferroviaire » au Sénat. 5 juin 2018

 

Après trois jours et trois nuits de débats sur le « nouveau pacte ferroviaire » ou plutôt, « le dernier pacte ferroviaire mettant fin aux services publics du rail », nous avons procédé aux explications de vote de chaque groupe et au vote solennel cet après-midi.

Quelques-uns qui n’avaient pas dit un mot pendant trois jours, et qui n’avaient pas échangé un seul argument dans l’hémicycle, ont retrouvé de la voix cet après-midi.
On s'en réjouit, car franchement, pendant ces trois jours, les sénatrices et sénateurs communistes et écologistes se sont parfois sentis bien seuls pour débattre et échanger...

Heureusement que le rapporteur et la ministre étaient présents, même si nous n’avons pas obtenu toutes les réponses à nos questions.

Un sénateur s’en est même pris violemment, et de façon injurieuse, à notre groupe CRCE. Mais derrière cette attaque et au-delà des seuls sénatrices et sénateurs communistes, républicains, citoyens et écologistes, c’est au mouvement social des cheminots, qu’il s’est attaqué. Certains ont utilisé la tribune de notre Sénat pour déverser leur haine. Cela n’honore pas le débat parlementaire.

Il faut maintenant « arrêter la grève » et stopper cette « minorité qui bloque tout » ; on connaît bien la litanie libérale des tout-puissants.

On nous reproche aussi d’avoir porté la tenue des cheminots dans l’hémicycle. Pour ma part, j’en suis fier !

En vérité, ils ne digèrent pas ce mouvement social inédit par sa durée et son mode d’action, et qui ne faiblit pas. Car ils avaient un plan : celui de boucler l’examen de ce projet de loi en catimini, en une seule soirée.

Mais face à la détermination et aux arguments que nous avons déployés, le débat a eu lieu. Trois jours pour casser 80 ans de service public du rail, ce n’est pas cher payé, comme l’a rappelé notre présidente Eliane Assassi, lors de son allocution en conclusion des débats.

Nous avons été bien seuls, pour défendre le service public, les usagers, les cheminots, et donc, au final, l’intérêt général. Nous nous sommes opposés au triptyque : changement de statut, qui n’apportera rien sinon la possibilité de privatisation ; la casse du statut, qui n’est qu’idéologique, car en réalité, les cheminots sont mal payés ; et enfin, l’ouverture à la concurrence qui partout en Europe a entraîné la fermeture de lignes, l’explosion des prix, la dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés.

Nous avons développé, pendant trois jours, une autre vision du service public et de l’aménagement du territoire, qui passe par de l’investissement dans le ferroviaire. C’est un des seuls moyens de sauvegarder notre planète et de garantir un droit à la mobilité pour toutes et tous.

Comme l’ensemble du groupe CRCE, j’ai voté contre ce texte qui a été adopté à une grande majorité, grâce à la droite sénatoriale.

Le combat continue.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.