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Chez Carrefour, on liquide les ex-Dia. L'Humanité. 5 juin 2018

Le 15 février à Chilly-Mazarin (Essonne), les salariés de Carrefour Contact ont fait grève contre le plan social. Photo G. Clément

Hier, le premier employeur privé de France a officialisé la fermeture de 243 magasins de proximité dans le cadre du plan social.

Inquiétude maximale pour les magasins Carrefour Proximité et ses 2 100 salariés. Hier, un comité central d’entreprise (CCE) du géant de la distribution a annoncé la fermeture, faute de repreneur, de 243 supérettes sur les 272 mises en vente, dans le cadre du « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) inclus dans le vaste « plan de transformation », présenté en janvier dernier par le PDG, Alexandre Bompard. Conséquence : plus de 1 700 employés se retrouvent sur le carreau, et seulement 29 magasins ont un nouveau propriétaire. « C’est inadmissible, on appelle les employés et les clients qui vont perdre leur magasin de proximité à se mettre vent debout contre ce projet, lance Frédéric Roux, délégué syndical central CGT chez Carrefour Proximité. Ce groupe gagne de l’argent, les salaires des dirigeants ont augmenté de 78 % sur l’année 2017, et pendant ce temps, on licencie des salariés. »

« Les mesures d’accompagnement sur le reclassement et la formation ne sont pas du tout au point »

Dans le détail, 56 magasins devraient mettre la clé sous la porte dans la zone Nord, 38 dans le Nord-Ouest, 25 dans le Centre-Ouest, 21 à Paris et 44 dans le Sud. « Les populations les plus fragiles seront les premières touchées et les liens sociaux vont se détruire un peu plus dans les quartiers et les villages », déplore la CGT. La fermeture des magasins vise 180 supérettes Contact Marché, 73 magasins chez Carrefour Contact et 14 chez Carrefour City. Des enseignes qui appartiennent à la franchise Carrefour Proximité, ex-Dia, c’est-à-dire l’ancien réseau de hard-discount racheté en 2014 par le groupe français. Les salariés payent au prix fort les mauvaises stratégies des dirigeants.

Pour la CGT, la direction n’a pas fait les recherches nécessaires pour trouver des repreneurs. « On devait nous fournir des éléments tout au long de la procédure, mais on n’a pas reçu grand-chose », précise Philippe Allard, délégué syndical du groupe Carrefour. Le 1er juin, l’inspection du travail a été saisie par la fédération CGT des personnels du commerce, de la distribution et des services pour contester la légalité du PSE, validé le 25 avril dernier par FO, la CFE-CGC et la CFTC. « Carrefour doit nous démontrer sa loyauté dans la recherche des repreneurs », insiste Frédéric Roux, qui s’étonne du nombre de points de vente condamnés malgré « 400 marques d’intérêt de repreneurs potentiels sur 200 magasins ».Un rendez-vous est prévu aujourd’hui avec la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) d’Île-de-France. « On va également demander une rencontre avec le ministère du Travail pour lui faire part de l’avis de la CGT sur ce projet », précise Frédéric Roux.

Dans un communiqué, la direction a indiqué que, d’ici à l’été, chaque employé menacé par les fermetures recevra trois offres de reclassement, localisées et individualisées, dont au moins deux en interne. « Les mesures d’accompagnement sur le reclassement et la formation ne sont pas du tout au point », insiste Frédéric Roux. C’est même une « mascarade » aux yeux de Philippe Allard. « Les offres de reclassement sont souvent du temps partiel et des postes éloignés du domicile des salariés, alors que les besoins en effectifs ne manquent pas dans les magasins du groupe », précise-t-il. En parallèle du PSE, la direction va enclencher un PDV (plan de départs volontaires), qui prévoit la suppression de 2 400 postes au siège du groupe. Hier, la CGT Carrefour a appelé les salariés à poursuivre la grève pour dénoncer une « casse sociale d’ampleur ».

 

 

 

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