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Quimper. Fin des CIO. Les craintes des conseillères d’orientation / Le Télégramme. 12 juin 2018

 

Toute l’équipe du CIO du Sud-Finistère s’est réunie, lundi matin, pour faire part de ses inquiétudes face au projet de fermeture des centres d’information et d’orientation.

Le projet de fermeture des CIO inquiète les conseillères d’orientation. L’équipe du Sud-Finistère parle de la « fin de l’équité de traitement ».

Elles l’ont appris par bribes, il y a un mois, après des rencontres bilatérales entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats. Le gouvernement prévoit un transfert de compétence, de l’État aux Régions, en matière d’orientation scolaire. Avec fermeture des Centres d’information et d’orientation (CIO) et transfert des psychologues de l’Éducation nationale, autrement dit les conseillères d’orientation, directement dans les établissements scolaires.

Compliqué, dès lors, en cette fin d’année scolaire, de mobiliser. Même si une manifestation nationale a eu lieu le 5 juin à Paris, alors que la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel », portée par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sur la réforme de la formation, est discutée par l’Assemblée nationale depuis lundi, pour un examen par le Sénat prévu pendant les vacances scolaires. Et qu’une manifestation régionale était organisée ce même lundi devant le rectorat à Rennes.

« Touche pas à mon CIO… »

Difficile mobilisation pour ce « petit » service de moins de 4 000 psychologues en France, dont 38 dans le Finistère, répartis sur quatre centres, à Quimper, Brest, Carhaix, Morlaix. Difficulté de faire grève aussi. « Si on ne fait pas notre boulot, au bout, c’est l’élève qui va être pénalisé », commente une conseillère d’orientation.

Lundi matin, dans les locaux du CIO quimpérois, rue Joseph-Halleguen, toute l’équipe couvrant le Sud-Finistère, de Châteaulin à Quimperlé, était présente, pour expliquer ses craintes face à la fermeture annoncée des centres.

De la directrice, Corinne Dague, aux onze psychologues de l’Éducation nationale, en passant par les deux secrétaires administratives et la documentaliste. Toutes, qui interviennent à partir de la sixième, avaient revêtu un tee-shirt noir avec, inscrit en jaune, les slogans « Touche pas à mon CIO » et « Pour le maintien du service public d’information et d’orientation de l’Éducation nationale ».

3 000 à 4 000 personnes reçues à Quimper

« Nous travaillons 60 % de notre temps dans les établissements, 40 % au centre. Il existe un point d’accueil à Concarneau et à Châteaulin », explique une conseillère.

« Au centre, on ne travaille pas qu’avec les scolaires du public. Des élèves du privé viennent au CIO, les filières agricoles et maritimes aussi, Diwan. Nous sommes point d’accueil pour les VAE (valorisation des acquis de l’expérience). On reçoit des familles, des jeunes nouvellement arrivés sur le territoire, des mineurs non-accompagnés, on lutte contre le décrochage », précise une de ses collègues. 3 000 à 4 000 personnes sont ainsi reçues à Quimper.

« Au-delà du lieu, il faut comprendre les inégalités que la fermeture va générer, pour une information objective et gratuite », soulève une psychologue, qui pointe l’arrivée de prestataires privés à « 300 ou 500 € les conseils ».

« La fin d’une information neutre et objective ? »

Si la région Bretagne n’a pas encore fait savoir ses desiderata, la régionalisation inquiète. « Aujourd’hui, nous informons sur les formations existant dans toute la France. On nous demande même de favoriser la mobilité. Demain, n’aurons-nous à faire d’information que sur ce qui concerne les débouchés locaux ? Va-t-on vers la fin d’une information neutre et objective ? ».

Voir aussi dans Ouest-France :

Quimper. Le Centre d'information et d'orientation ferme, les conseillères se mobilisent

lire ici

 

 

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