Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

Le conseil municipal de Guingamp (22) se prononce contre le projet régional de santé

 

Article du Télégramme :

Conseil municipal de Guingamp. Le projet régional de santé rejeté avec force

 

Après plus de 2 h 30 d’échanges, le conseil municipal s’est prononcé contre le projet régional de santé.

Réuni en urgence mercredi soir, le conseil municipal a pris une délibération contre le projet régional de santé 2018-2022. L’occasion d’affirmer la nécessité de conserver sur le territoire la maternité de Guingamp.

Une séance, un mercredi soir, à 20 h. Un jour et un horaire inhabituels pour réunir le conseil municipal. L’urgence a nécessité cette séance exceptionnelle car « la consultation prévue par le code de santé publique sur le projet de plan régional de santé de seconde génération se termine le 15 juin ». Jusqu’à ce vendredi, donc. Cette consultation a été ouverte sur une période de trois mois, qui a permis à des autorités telles que le préfet de Région, le conseil de surveillance de l’Agence régionale de santé de Bretagne ou les collectivités territoriales de s’exprimer. Des avis transmis ensuite au directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS), avant l’adoption du projet.

« Fermeture totalement injustifiée »

Sollicité dans ce cadre, le conseil municipal de Guingamp a émis un avis défavorable. L’occasion aussi pour les élus guingampais de réaffirmer haut et fort la nécessité de conserver sur le territoire la maternité de Guingamp, « un équipement majeur et opérationnel en capacité de répondre aux besoins de la population et d’assurer une égalité d’accès aux soins ». Une prise de position qui s’explique du fait que ce projet régional de santé « prétend assurer l’égalité des territoires en termes de couverture médicale. Or, l’ARS a notifié le non-renouvellement de l’activité gynécologique obstétrique au centre hospitalier de Guingamp et la fermeture de la maternité de Guingamp à l’échéance du 31 janvier 2019 ». Une fermeture « totalement injustifiée autant sur le plan sanitaire que sur celui de l’accompagnement ou de l’aménagement du territoire ».

Ce conseil extraordinaire, Pierre Pasquiou, puis Yannick Kerlogot l’ont regretté sur la forme. « On nous demande d’émettre un avis défavorable. En 40 ans de vie politique et associative, jamais on ne m’a dicté ce que je devais faire. La pensée unique, ce n’est pas du tout pour moi. Mais cela ne préjuge en rien de ce que je vais voter », s’est ému le premier. « Ce conseil extraordinaire est organisé parce que vous vous rendez compte qu’il ne reste que deux jours pour rendre un avis à l’ARS. Il aurait été plus juste et équitable d’organiser un échange en dehors du conseil où vous maîtrisez les débats et les prises de parole », a lancé l’actuel député à l’encontre du maire, Philippe Le Goff.

« Être dans une logique de complémentarité »

Des débats et prises de parole qui ont duré plus de 2 h 30. La fermeture de la maternité et l’effet domino, une crainte qui est revenue à maintes reprises sur la table, élus de la majorité comme de la minorité. D’Annie Le Houérou, également présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, à Christine Lalande, ancienne DRH de l’hôpital de Saint-Brieuc. « Après la fermeture du plateau obstétrical de Guingamp, on peut voir des médecins se désintéresser du plateau guingampais, sur les activités d’anesthésie et de chirurgie », a déclaré l’élue de la minorité.

« Soit on considère que c’est plié et alors on négocie quelque chose d’autres. Soit on se bat pour le maintien de la maternité », lance Mona Bras, favorable à un moratoire parce que « la maternité de Guingamp est viable économiquement ». Avec une réflexion portée à l’échelle du groupement hospitalier de territoire, où « il faut être dans une logique de complémentarité et non pas de concurrence », appuie Yannick Kerlogot.

Quant au volet juridique, porté par le Pays de Guingamp, Aimé Dagorn, l’un de ses membres, a annoncé qu’une « mission avait été donnée à un avocat spécialisé pour mener les actions les plus appropriées afin de maintenir la maternité ». L’ex-président de Guingamp Communauté dénonçant « l’effet domino qui sera mortel, avec des fermetures en cascade. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.