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Lorient. La clinique du Ter bientôt cédée au Groupe hospitalier de Bretagne Sud / LeTélégramme. 30 juin 2018

Les lignes bougent dans le paysage hospitalier du pays de Lorient ! La clinique du Ter à Ploemeur devrait être rachetée par le Groupe hospitalier de Bretagne Sud (GHBS), qui regroupe les hôpitaux publics du Scorff à Lorient, de Quimperlé, de Port-Louis-Riantec et du Faouët.

Le communiqué diffusé ce vendredi matin fera du bruit au-delà des murs des établissements de santé de Lorient-Quimperlé. Il confirme la vente prochaine de la clinique du Ter et la concrétisation de très discrètes négociations engagées depuis plusieurs mois avec le secteur public. « Des discussions sont très avancées entre la clinique du Ter, établissement d’Elsan (le leader de l’hospitalisation privée en France, NDLR), à Ploemeur, et le Groupe hospitalier Bretagne Sud (GHBS), pour la finalisation d’une cession qui pourrait intervenir d’ici fin 2018 .

« Éviter un plan social »

Cette nouvelle peut surprendre, d’autant que le groupe hospitalier1 est récent puisqu’il a été créé en janvier. Si les rumeurs concernant la vente de la clinique du Ter circulaient depuis de nombreux mois, elles évoquaient une reprise par la clinique mutualiste de la Porte de l’Orient en plein essor. La clinique n’avait-elle pas accueilli l’an passé tout le service urologie de la clinique du Ter, pourtant l’un des secteurs de pointe de l’établissement de Ploemeur ? Le groupe mutualiste avait confirmé l’existence de négociations avec Elsan avant d’y mettre un terme l’année dernière. C’est donc le GHBS qui devrait absorber la clinique du Ter2, également confrontée au déménagement du centre de médecine nucléaire qui a intégré, en janvier, un nouveau bâtiment, construit à proximité du centre hospitalier du Scorff.

« Cette solution permet d’éviter un plan social au Ter », indique une source proche du dossier, confirmant les difficultés de la clinique qui ont conduit le groupe Elsan à se rapprocher d’éventuels acquéreurs.

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« Créer un site de référence de premier plan »

« L’objectif commun du Groupe hospitalier Bretagne Sud et d’Elsan est de faire émerger un projet médical ambitieux, qui permettra de préserver les emplois dans la durée et de proposer une offre de soins de premier plan, complète et intégrée. Soucieux de l’avenir des salariés de la clinique, le Groupe hospitalier Bretagne Sud s’engage à leur proposer un contrat aux conditions identiques sur le même site , poursuit le communiqué commun. « Le projet de cession de la clinique du Ter s’inscrit dans une logique de complémentarité d’une offre de soins avec le Groupe hospitalier Bretagne Sud. Elle contribuera à renforcer l’offre de soins et l’attractivité médicale pour les médecins des deux structures, au bénéfice des patients du territoire lorientais ». Norbert Métairie, le président du conseil de surveillance y voit d’abord un moyen de « préserver l’activité de la clinique et ses emplois mais aussi de créer un site de référence de premier plan avec cette coopération ». Et il ajoute : « cela n’exclut pas les partenariats avec la clinique mutualiste. »

« Attention aux dommages collatéraux ! »

Ce passage de la concurrence public-privé à la coopération se fera-t-il sans casse sociale ? « Ce qui nous importe, c’est l’avenir du personnel du Ter. Nous serons vigilants sur ce sujet », affirme le syndicat Sud Santé du GHBS qui envisage de rencontrer les salariés de la clinique la semaine prochaine. Ces derniers devraient pouvoir intégrer le statut de la fonction publique sans perte de salaire au sein du futur groupement de coopération sanitaire, l’entité qui regrouperait tous les sites. Toutefois, la concurrence entre certains services, notamment l’ophtalmologie, l’ORL et les services administratifs, suscite des inquiétudes. Certains salariés du Ter se souviennent encore de la fermeture de la maternité en 2009 pour un pôle unique de la mère et de l’enfant à l’hôpital public. « Il y aurait environ vingt salariés en trop, tout particulièrement dans les bureaux. Des départs anticipés à la retraite pourraient être envisagés au Ter », affirme une source syndicale. « Il faut faire attention aux dommages collatéraux pour les salariés de la clinique mais aussi pour ceux des sites du GHBS », rappelle la CGT qui s’interroge sur le financement de cette opération. « Comment le GHBS peut racheter la clinique avec un déficit prévisionnel de 4,50 M€ cette année et une faible capacité d’autofinancement ? » Le syndicat y voit quand même une bonne nouvelle dans cette annonce : « une clinique privée passe dans le giron de l’hôpital public. »

De leur côté, les directions des deux entités n’ont pas souhaité réagir, se contentant du communiqué officiel.

(1) 4 500 salariés pour un budget de fonctionnement de 366 M€.

(2) La clinique, qui emploie 160 personnes sans compter la cinquantaine de praticiens, a intégré le groupe Elsan en 2015. Le chiffre d’affaires avoisine les 20 M€.

 

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