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Maternelle Les Pommiers. L’ultime fête avant la fermeture / Le Télégramme. 1er juillet 2018

La maternelle Les Pommiers, en centre-ville, fermera ses portes définitivement le 6 juillet. L’histoire de cette fermeture est connue. Vendredi soir, la cour a débordé de souvenirs.

Si la pertinence d’une petite école se mesurait à la qualité des liens humains et éducatifs créés, au fil du temps, entre enseignants, personnels, parents et élèves, la maternelle publique Les Pommiers ne fermerait pas ses portes. Car, vendredi soir, dans une cour débordante d’enfants et d’adultes, cette richesse-là a sauté aux yeux, lors d’une fête organisée à une semaine du terme de l’ultime année scolaire de l’école réduite à une classe.

« C’est une école à laquelle on est hyperattaché. Elle était très familiale. Copines et copains, on est resté très proches encore aujourd’hui, car nous nous sommes suivis à l’école primaire Jules-Ferry puis au collège La Tour-d’Auvergne. Ça semblait naturel d’y revenir ce soir », témoigne Molly, une lycéenne âgée de 17 ans. « Les locaux me rappellent plein de souvenirs, de détails de moments de classe, de sieste, de jeux dans la cour. Et surtout, cette bande de potes fréquentée pendant tant d’années », confie Samuel, un ancien élève qui vient de passer le bac.
 

« La cour fait remonter plein de choses »

Samuel, ce fut le Monsieur Jules Ferry dans le mariage symbolique de 2010 avec Mademoiselle Les Pommiers, en pleine lutte contre une première tentative de fermeture des deux écoles. « On est toutes et tous encore amis grâce aux liens créés ici quand on était petit. Cette école nous a marqués. Ça nous faisait plaisir de nous retrouver tous ensemble une dernière fois avant qu’elle ferme. Il y a comme des souvenirs olfactifs, c’est incroyable, la cour fait remonter plein de choses », émettent Juliette, Léonor, Violette et Élise, actuelles collégiennes et lycéenne.

« Les Pommiers, c’est le socle de nos amitiés »

« Ça nous a touchés le fait que ça ferme.

Il n’y a plus de petite école dans le centre-ville. Ça ne veut pas dire que les plus grosses écoles ne sont pas bien, mais ici c’était un cocon, avec des solidarités créées entre familles issues d’univers assez différents », souligne Marine, une ex-parente d’élèves. « On sait que des élèves qui ne se retrouvaient pas dans des écoles plus grandes, pour des raisons diverses et variées, ont apprécié l’univers familial des petites écoles Jules-Ferry et Les Pommiers. Ils ont réussi à s’y reconstruire. Il y avait une belle mixité. Quand on regarde ceux qui sont au collège et au lycée, ils sont tous à l’aise, très autonomes », relate Caroline, une autre maman

« On ne voulait pas que ce soit triste »

De son côté, Aline arrivait de Nantes, avec sa famille, lorsqu’elle a poussé la porte de la maternelle à la fin des années 2000. « Je ne connaissais personne à Quimper et, aux Pommiers, une petite structure hyperconviviale, le courant est tout de suite passé avec les maîtresses et les parents d’élèves », se souvient-elle. Et puis, en 2009-2010, « on a pris le maquis, ça a été un grand moment assez génial d’ambiance collective. À l’époque, on avait gagné, ça avait ressoudé encore plus les liens », rapporte cette ancienne présidente de l’Association de parents d’élèves.

Des « souvenirs inoubliables », les plusieurs dizaines de parents, enseignants, Atsem et agents de service en ont fait resurgir à la pelle vendredi. « On ne voulait pas que ce soit triste. Nous avons été toute seules toute l’année avec l’Atsem et la dame de la cantine. Ça me fait super plaisir de voir l’école remplie ! », assure Virginie, la directrice des Pommiers depuis 2011. « Les Pommiers, c’est le socle de nos amitiés. On parle de l’époque des Pommiers ! », insistent Aline, Caroline et Marine.

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Après l’école Jules Ferry, la maternelle Les Pommiers est la deuxième école publique de Quimper fermée par la municipalité de droite depuis le début de son mandat.

Ces décisions, avec d’autres prises par la municipalité Jolivet, participent à la dévitalisation du centre ville de Quimper.

Ces fermetures de « petites écoles » à taille humaine s’inscrivent dans un recul des services publics de proximité : écoles, bureaux de poste, guichets SNCF heureusement préservés grâce à la mobilisation des cheminots...

Il faut y ajouter les menaces sur le tribunal d’instance de la ville, la suppression programmée du CIO, centre d’information et d’orientation public et gratuit à la disposition des jeunes et des familles, l’état de grande tension du service public hospitalier et des Ehpad...

Décidément, le maire LR et le gouvernement Macron-Philippe partagent les mêmes orientations rétrogrades.

Pas étonnant que le parti du président envisage de donner son invetiture au maire de Quimper pour les prochaines municipales !

Y.R.

 

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