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Ehpad. Leur mal-être affiché sur les blouses / Le Télégramme. 7 novembre 2018

Cadence infernale et mal-être… Les agents des Ehpad ont décidé de mener une nouvelle action pour dénoncer leurs conditions de travail. À Quimper et Concarneau, ils se sont mobilisés, mardi.

À l’initiative de la CFDT, et dans le cadre d’un mouvement régional, les salariés des six Ehpad de Quimper et Concarneau dépendant du centre hospitalier de Cornouaille se sont une nouvelle fois mobilisés, mardi, afin d’alerter sur le manque de personnel pour prendre en charge les résidents. Sur des blouses de travail (une par établissement), les agents ont ainsi consigné les raisons de leur mal-être et réclamé de « la bientraitance pour nos aînés ». Elles seront remises à Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, avant que la loi de financement de la sécurité sociale, qui définira les moyens accordés aux différents secteurs d’accompagnements des personnes âgées, ne soit votée.

« On invite M. Ferrand à enfiler une blouse et à venir passer une journée à nos côtés », souffle Laurence Journal, secrétaire de la section CFDT santé sociaux au Chic. « Les personnels sont très frustrés de ne pas pouvoir faire correctement leur travail et il y a beaucoup d’arrêts de travail qui ne sont pas remplacés », précisent les déléguées syndicales. Douze à treize toilettes à faire dans la matinée pour un agent, en plus de servir le petit-déjeuner et de faire le ménage, cela laisse très peu de temps à consacrer aux anciens qui entrent en Ehpad, de plus en plus souvent en état de grande dépendance.

Un manque criant de personnel

« Il manque du personnel. S’il y avait plus d’écoute, il y aurait sûrement moins besoin de médicaments. On s’occupe de personnes qui vont à deux à l’heure et nous, on va à 200 à l’heure. D’ailleurs, ils nous le disent : ils ont à peine le temps de formuler une demande qu’on est déjà parti », témoigne une aide-soignante, en poste depuis 17 ans à l’Ehpad Ty Créach, à Quimper, où la moyenne d’âge des résidents est de 87 ans. « On ne prend pas en compte les troubles cognitifs des patients qui demandent énormément de temps. Le temps passé à écouter, à apaiser un malade d’Alzheimer, c’est aussi éviter d’être obligé de l’attacher parce qu’il est angoissé », précise une autre salariée. Sans compter que les postes d’animations sont les premiers à faire les frais des réorganisations pour récupérer du temps d’agents.

Et beaucoup craignent une dévalorisation du métier d’aide-soignante auprès des plus jeunes, certains préférant même quitter le métier. « On a du mal à remplir les écoles et beaucoup de jeunes nous disent que ce qu’ils vivent, ce n’est pas ce qu’ils ont appris en formation », déplorent les militantes.

 

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