Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

PÉTAIN, MACRON ET LE 11 NOVEMBRE : QUAND EMMANUEL MACRON REVISITE L'HISTOIRE ET LA RÉPUBLIQUE

 

On nous annonçait avec grand fracas l’itinérance mémorielle d’E. Macron.
Il est certes plus facile de multiplier les célébrations du passé à l’abri d’un déploiement impressionnant de forces de police que d’aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent dans des territoires désertés par les services publics et l’emploi, et dont le pouvoir d’achat est mis à mal pour boucher les trous laissés par les cadeaux fiscaux aux plus riches.
Mais même dans ce rôle, le président a trouvé moyen de porter atteinte aux valeurs de notre République dans un relativisme historique de mauvais aloi.

Philippe Pétain, faut-il le rappeler, fut le chef d’un État qui a pratiqué la collaboration la plus active avec l’Allemagne nazie, qui a aboli la République et sa devise, Liberté Égalité Fraternité, supprimé les libertés fondamentales, déporté les juifs, les communistes, les résistants, les tziganes, les homosexuels, emprisonné, torturé, massacré les opposants à sa politique.
Ce ne fut pas une simple potiche, comme certains voudraient le faire croire. Il a même devancé les exigences des occupants en élaborant dès octobre 1940 un statut des juifs, qu’il a annoté de sa main pour en aggraver encore le texte afin qu’il s’applique aussi aux descendants des juifs nés français ou naturalisés avant 1860. De même le régime de Vichy est allé au-delà des demandes allemandes en décidant de déporter les enfants juifs. Et si certains de ces enfants ont pu échapper à la déportation et à la mort, c’est à l’honneur de ceux qui ont pris des risques pour les cacher et les protéger.

À la Libération, jugé et condamné par la Haute Cour de Justice à l’indignité nationale et à la peine de mort, peine commuée ensuite en prison à vie en raison de son âge, Philippe Pétain se vit aussi retirer ses décorations et son titre de Maréchal.

Que Macron ait pu imaginer d’honorer aux Invalides un tel personnage est grave.
Il a dû reculer, mais essaie de sauver la face en disant que Pétain fut « un grand soldat », comme s’il y avait le Pétain de 14-18 et celui de Vichy .

En réalité, le vrai héros de cette époque du 1er conflit mondial, ce fut Jaurès, mettant toutes ses forces pour empêcher la guerre et assassiné à la veille de son déclenchement.
Et s’il y a un hommage à rendre aujourd’hui, c’est aux Poilus, envoyés au massacre par des généraux pour qui la vie de leurs soldats comptait pour peu de chose, au point même de les faire fusiller pour l’exemple. Pétain fut un des grands responsables des tueries et souffrances de cette guerre, et il fut impliqué dès 1914 et bien sûr en 1917 dans l’exécution sans jugement de jeunes soldats refusant de servir de chair à canon, allant même au-delà dans son fanatisme guerrier d’autres généraux comme Joffre.

Et il a continué.

Pétain, ce fut aussi dans les années 20, la Belle Époque paraît-il, l’homme de la guerre du Rif au nord du Maroc, aux côtés des troupes espagnoles, notamment de la Légion commandée par Franco, dans laquelle des armes chimiques furent utilisées contre les populations civiles.

Et guerre perdue par les puissances coloniales...

Alors un peu de décence M. Macron.

Mais le président n'en est pas resté là, puisque, passant en revue des anciens combattants, il a répondu avec complaisance à l'un d'entre eux qui lui demandait quand il allait mettre « les sans-papiers hors de chez nous » : « Ceux qui n'ont pas de papiers et le droit d'asile, croyez-moi qu'on va les... On va continuer le travail. »

Il est vrai que nous ne comptions pas sur ce président qui soumet la politique étrangère de la France au commerce des armes et refoule les migrants à nos frontières, pour mettre le centenaire de l’Armistice de 1918 sous le signe de la construction d’un monde de paix et de justice.

Yvonne Rainero, Quimper, le 8 novembre

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.