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« Mon médecin ne m’a jamais avertie d’un risque » : cette Bretonne a pris de l’Androcur pendant 30 ans / Ouest-France. 16 novembre 2018

 

 

Encore un scandale avec les médicaments produits par les grands groupes

privés !

Ici c’est Bayer-Monsanto qui est en cause.

Il y a urgence à créer un pôle public du médicament comme le demande le parti communiste.

 

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Ce médicament, utilisé notamment contre l’hyperpilosité, peut provoquer des tumeurs cérébrales. C’est ce qui est arrivé à Linda Le Gouic, 54 ans. Le médicament, aujourd’hui, est surveillé.

« J’avais de gros maux de tête, du côté droit. Ça me réveillait la nuit. J’étais toujours fatiguée. » On est en 2016. Linda Le Gouic, 52 ans, consulte son médecin traitant. « Il m’a tout de suite adressée à la clinique du Ter, à Lorient, pour faire un scanner», poursuit la quinquagénaire, employée à la ville de Larmor-Plage.

L’examen révèle « une masse du côté droit du cerveau ». Direction l’hôpital de Lorient, puis le CHU de Rennes. Le 20 septembre 2016, une IRM laisse apparaître un méningiome. Une tumeur cérébrale souvent qualifiée de bénigne, mais pas sans séquelles.

À Rennes, les médecins font le rapprochement avec l’Androcur, un médicament que Linda Le Gouic prend depuis l’âge de 20 ans contre l’acné et l’hirsutisme (hyperpilosité).

Un médicament surveillé

L’Androcur a d’autres applications : il est utilisé comme contraceptif, et aussi contre l’endométriose. Et par les hommes, dans les cas de cancer de la prostate. À la suite de plusieurs signalements, l’Agence nationale de sécurité du médicament a émis, le mois dernier, des recommandations dans la prise en charge des patients auxquels on prescrit ce médicament.

Ou plus exactement son principe actif, l’acétate de cyprotérone. Par exemple, l’ANSM en proscrit l’utilisation prolongée et à fortes doses. Une IRM doit par ailleurs être réalisée en début de traitement pour tous les patients.

Un arrêt de travail d’un an

« J’ai été opérée le 26 septembre 2016, poursuit Linda Le Gouic. On m’a retiré la tumeur. Quatre semaines d’hospitalisation, une interdiction de conduire pendant un an, un arrêt de travail de la même durée, des séances avec un orthoptiste… »

« Reprendre le travail a été très important pour moi, il faut s’occuper, témoigne Linda Le Gouic. Après ce qu’il m’est arrivé, je relativise beaucoup de choses. C’est comme une deuxième vie. » | DR

Linda Le Gouic a arrêté de prendre de l’Androcur. « Ça va, par rapport à ce que j’ai eu », assure-t-elle. Même si elle a failli perdre un œil. « Il s’agit quand même d’une opération sérieuse, avec des risques de récidive. On parle du cerveau, là ! »

La Larmorienne a repris progressivement le travail. Médicalement, elle reste très suivie. Surtout, elle veut savoir s’il y a réellement un rapport de cause à effet entre sa prise d’Androcur et le méningiome qu’elle a développé.

« À aucun moment, durant ces trente ans de traitement, mon médecin ne m’a avertie d’un risque potentiel, regrette-t-elle. Pourtant, mon neurologue m’a dit que cela faisait plusieurs années qu’ils alertaient les autorités sanitaires sur les effets secondaires. »

Linda Le Gouic a rejoint le groupe Facebook créé par une Rennaise (méningiome sous Androcur). « On se soutient. La prescription de l’Androcur est davantage contrôlée aujourd’hui, mais il n’est pas retiré. Il faut continuer la mobilisation, alerter les gens. »

 

 

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