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Cahiers de doléances. Les retraités en force. Le Télégramme 11 janvier 2019

Près de la moitié de ceux qui ont écrit sur le cahier de doléances de la mairie-centre sont des retraités en colère.

Les cahiers de doléances installés dans les mairies fin décembre, pour répondre au mouvement des gilets jaunes, se remplissent petit à petit. Et les retraités ne sont pas les derniers à se mobiliser.

En mairie-centre (*), une vingtaine de personnes ont déjà rempli de leurs griefs ce livre spécifique mis à disposition à l’accueil depuis le 21 décembre. Sans oublier plusieurs courriers déposés dans l’urne. Premier constat, près de la moitié des écrits ont pour auteurs des retraités. Qui se sont visiblement bien approprié cet espace d’expression.

Avec des souhaits que l’on retrouve en boucle dans leurs requêtes : l’indexation des retraites sur le coût de la vie et la revalorisation des pensions. Pour le reste, chacun a sa petite idée faire avancer le Schmilblick (petit clin d’œil aux futurs retraités).

« Arrêtez de gaspiller l’argent public »

André, retraité de 72 ans, envisage une remise à plat de la fiscalité. « Impôt sur le revenu dès le premier euro, suppression de l’ISF, intégration de la CSG à l’impôt sur le revenu, suppression de la taxe d’habitation pour tous ». Il remet également en cause l’Ena et réclame une révision du nombre et des salaires des hauts fonctionnaires.

Jeunes retraités de 62 ans, Chantal et Bruno invitent, eux, aux économies d’énergie, pointant du doigt ces « magasins chauffés et ouverts en grand sur la rue », appelant de leurs vœux des panneaux photovoltaïques un peu partout, et des transports en commun électriques. « Et arrêtez de gaspiller l’argent public dans des embauches intempestives dans la fonction publique territoriale. Il faut aussi revoir les charges beaucoup trop lourdes des travailleurs indépendants, artistes, artisans ».

Une demande de budget de la Ville plus important pour les retraités

Brigitte Priol appelle à ne pas taxer les primes de départ à la retraite, « surtout que cela influe sur le montant de la retraite ».

Dans les pages qui suivent, la Quimpéroise Annie Jaouen souhaite que les gouvernants arrêtent « de prendre les automobilistes pour des vaches à lait » et réclame l’annulation du 80 km/h sur les roules. Elle sollicite pêle-mêle la diminution des taxes sur les carburants, le maintien des pensions de réversion pour tous, la révision des allocations familiales, la diminution du nombre de députés et sénateurs et de leur salaire d’un minimum de 1 000 €…

Nous avons travaillé 40 ans pour nos aînés et maintenant on nous demande de payer pour pour les jeunes. Comment avons-nous fait quand nous étions jeunes

Jean-Noël et Ghislaine Rognant, également Quimpérois, somment les dirigeants de « revoir le coût des mutuelles pour les retraités, cela impacte beaucoup sur le budget ».

En exigeant la suppression de la hausse de la CSG pour tous et aucune retraite inférieure au Smic, Joëlle Ory dévoile aussi sa situation. La retraitée revendique un demi-tarif dans les transports urbains « pour les retraités encore imposables mais qui ont vu leur salaire d’activité divisé par deux » et une réorientation du budget de la Ville « en plus grande partie vers les besoins des retraités (maisons de retraite, aide au maintien à domicile) ».

« Maintenant on nous demande de payer pour les jeunes »

Claude Daniel, retraité, ajoute une demande spécifique à cette liste locale : « La suppression des parkings payants le samedi toute la journée ». Restée anonyme, cette retraitée s’insurge. « Je trouve inadmissible qu’on nous ponctionne nos retraites avec la CSG. Nous avons travaillé 40 ans pour nos aînés et maintenant on nous demande de payer pour les jeunes. Comment avons-nous fait quand nous étions jeunes ? ».

À son tour, elle appelle au retour de l’ISF et à des salaires moindres pour les députés et hauts fonctionnaires. « Ras le bol de cette fracture riche, moyen, pauvre. Et le moyen décline. N’y aura-t-il pas bientôt riches et pauvres tout simplement ? ».

(*) Les mairies annexes de Penhars, Kerfeunteun et Ergué-Armel étant désormais fermées le jeudi après-midi, nous n’avons pu consulter leurs cahiers.

en complément

Hôpital : « Nous sommes à bout »

Les mots sont sous-pesés mais forts. Nicolas et Laura, infirmiers à Quimper, lancent un véritable SOS dans le cahier de doléances, s’adressant au président du conseil d’administration du Chic.

« Nous sommes les grands oubliés du plan Santé de M. Macron, nous n’apparaissons nulle part. Nous travaillons jour, nuit, matin, soir, jours fériés et jours de fêtes, week-end. Nous sommes confrontés à la misère sociale, la détresse morale, le morcellement des corps, l’accompagnement de fin de vie et la mort. Nous vous demandons d’étudier la revalorisation de nos conditions de travail, la reconnaissance de notre métier ».

« 1 615 € bruts par mois »

Le couple souhaite voir raccourcir le temps de titularisation. « Actuellement, nous devons attendre entre quatre et cinq ans en tant que contractuels au Chic Quimper ». Ils réclament aussi la revalorisation de leur salaire. « 1 615 € bruts par mois pour trois ans d’études en étant les petites mains des médecins contre 1 525,74 pour le Smic, soit + 89,26 € ». Autre requête, une restructuration humaine et matérielle. « Trop de patients pour peu d’infirmiers. Un pour quinze patients en médecine aiguë, un pour douze enfants, un pour soixante patients en Ehpad ».

« La présentation du plan Santé 2022 a balayé tous nos espoirs. Il ne donne aucun moyen aux infirmiers, pourtant en première ligne (…). Nos compétences sont sous-exploitées, nous avons la vie des gens entre nos mains. Trop de fatigue, de stress, de désarroi peuvent entraîner une erreur d’injection (…). M. le maire, nous sommes à bout face à notre profession dont la souffrance se noie dans toutes celles que nous prenons en charge ».

« C’est scandaleux »

Autre salariée de la fonction publique hospitalière à écrire son désarroi, Estelle, 45 ans. Elle demande notamment l’arrêt du gel du point pour les fonctionnaires. « Huit ans de fonction publique hospitalière, de nuit avec deux week-ends par moi de travail : 1 500 € nets par mois. C’est scandaleux (…) il y a tellement d’injustices, de différences et d’écarts dans la société qu’il est normal que l’on se révolte, même en travaillant il est compliqué de finir les fins de mois ».

Du Ric aux impôts en passant par les poubelles

Le référendum d’initiative citoyenne (Ric), la baisse des taxes sur les carburants, de l’argent pour la fonction publique, l’augmentation du taux des livrets bancaires, l’égalité de salaires entre hommes et femmes… Les demandes couchées sur le cahier par les Quimpérois qui se sont déplacées sont multiples et touchent de nombreux domaines, tant locaux que nationaux.

Christophe Monier et Sylvie Meignem militent ainsi pour une redistribution des dividendes des sociétés pour les employés, une taxation des entreprises qui délocalisent, une prime pour les salariés « qui ont moins de cinq jours d’arrêt maladie par an », une limitation du montant des salaires des PDG ou encore un avancement de l’âge de la retraite des employés de la santé.

Michèle Porcher, de Quimper, demande, lui, la suppression des avantages pour les députés, les sénateurs, les anciens présidents. « Dans un temps où le seuil de pauvreté est passé à 1 000 €, est-il décent que ces avantages perdurent ? ». Le rétablissement de l’impôt sur la fortune revient fréquemment.

D’autres se limitent à des demandes plus locales. « Plus d’agents de service public, et un retour de l’ancien réseau de bus, le nouveau est inadapté », lâche Matt, qui milite également pour plus de collectes d’ordures. « La ville est sale ».

Stéphanie Lefrançois souhaite plus de voies aménagées pour les vélos et une meilleure prise en charge des sans domicile fixe à Quimper.

 

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