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Lait contaminé. Le « Canard enchaîné » affirme que Lactalis a négligé des alertes de parents. Ouest-France 10 janvier 2019

 

Selon le « Canard enchaîné » paru ce mercredi matin, le groupe Lactalis serait soupçonné de ne pas avoir prêté suffisamment attention à un cas de décès d’enfant en avril 2017, huit mois avant le scandale de la contamination à la salmonelle. Il aurait également négligé des alertes de parents dont les nouveau-nés ont déclaré une salmonellose, également plusieurs mois avant les rappels décidés en fin d’année dernière. Le groupe dément formellement.

Le Canard enchaîné, dans son édition du mercredi 9 janvier 2019, affirme que selon l’enquête de la répression des fraudes (DGCCRF), transmise aux magistrats chargés d’instruire ce dossier, un nourrisson de 6 semaines ayant consommé du lait produit par Lactalis est décédé en avril 2017, huit mois avant qu’éclate l’affaire de la salmonelle. Sa mère, du fait de l’alerte nationale lancée en décembre, a demandé au groupe agroalimentaire à ce que soit expertisé le lait dont elle disposait encore et qu’avait consommé l’enfant.

L’hebdomadaire affirme que l’enquête en cours a révélé que le groupe avait détecté dans le même lot des traces de cronobacter, une bactérie très dangereuse. Mais qu’il n’a pas fait le maximum d’analyses pour en rechercher la présence dans le lait fourni par la mère de l’enfant décédé. Notre confrère écrit également que l’enquête de la DGCCRF a établi que le groupe mayennais s’est contenté de rechercher une salmonelle qui se serait révélée absente de cet échantillon de lait.

Des cas signalés à l’été 2017

Autre accusation du Canard enchaîné « à l’égard du groupe selon ce que révéleraient l’instruction en cours : à quatre reprises, entre juillet et septembre 2017 - avant, donc, qu’éclate la crise - des parents auraient prévenu l’entreprise que leurs nouveau-nés avaient déclaré une salmonellose après consommation du lait infantile » sans que l’entreprise réagisse.

Selon l’hebdomadaire, les enquêteurs déclarent dans leur rapport que l’une des réclamations, datée du 8 septembre 2017, « aurait dû faire l’objet d’une attention particulière puisque l’usine (avait) pris connaissance quelques jours auparavant de la détection de salmonelles dans un prélèvement environnemental » (c’est-à-dire non pas dans la poudre de lait produite, mais dans les lieux servant à la fabriquer).Contactée par l’AFP, la répression des fraudes n’a pas souhaité s’exprimer sur ces informations, invoquant le secret de l’instruction.Contacté par Ouest-France et par l’AFP, le groupe Lactalis « conteste avec la plus grande fermeté les graves accusations et insinuations contenues dans l’article publié aujourd’hui par le Canard Enchaîné ».Lactalis évoque « des informations erronées et des propos calomnieux qui portent gravement atteinte au principe de la présomption d’innocence », et indique envisager des « actions judiciaires ».

À la suite du scandale lié à la contamination à la salmonelle agona, Lactalis avait été contraint d’arrêter sa production à l’usine de Craon en décembre 2017 et de rappeler l’ensemble de la production de lait infantile de cette usine.

Les salmonelloses sont des intoxications alimentaires, qui vont de la gastroentérite bénigne à des infections plus graves, notamment pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou affaiblies.

 

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