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Justice. La fronde des avocats s’étend aux magistrats. Le Télégramme. 25 janvier 2019

 

 

 

Avocats et magistrats à Quimper côte à côte contre la déshumanisation de la justice et l'exclusion des plus fragiles par l'éloignement et le tout numérique.
Oui à une justice de proximité soucieuse de l'humain et accessible à tous !

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Les avocats proposeront un débat citoyen et des consultations gratuites, lundi matin, sur les marches du palais.

Au lendemain du vote du projet de loi de réforme de la justice, avocats et magistrats ont annoncé le boycott, lundi, de l’audience solennelle de rentrée.

Des consultations gratuites et un débat citoyen organisés sur les marches du palais. Lundi, les avocats boycotteront l’audience solennelle de rentrée en se rassemblant devant la cité judiciaire pour manifester leur mécontentement après le vote, en seconde lecture, mercredi, du projet de loi de réforme de la justice par les députés. « Une nouvelle fois, les parlementaires n’ont pas entendu l’impérieuse nécessité de revoir le texte », constatent les avocats, dans un communiqué. Mobilisés depuis plusieurs mois pour dénoncer la menace que représente le texte sur « l’indispensable proximité que doit avoir la justice avec les citoyens », ils estiment qu’une nouvelle prise de parole « devant certains élus » n’aurait aucun sens. Par la voix de leur bâtonnier, Nicolas Josselin, ils se disent prêts à accélérer la cadence de leurs actions « pour que nos élus nous entendent ».

« La déshumanisation de la justice »

Une mobilisation commune aux magistrats du siège. Depuis le début des débats parlementaires, les juges s’étaient faits discrets, en dépit de l’inquiétude relayée par l’union syndicale des magistrats. Après le vote de mercredi, à l’Assemblée nationale, les magistrats quimpérois ont décidé de sortir de leur silence. En protestation au vote, ils n’assisteront pas non plus à l’audience solennelle.

« Nous critiquons la déshumanisation de la justice », explique un juge, évoquant la généralisation des visioconférences et des démarches en ligne. La fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance, prévue par la loi, « conduira immanquablement à la disparition de la proximité sur l’autel de la gestion purement budgétaire et économique », dénonce le magistrat.

Consultations gratuites et débat citoyen

Des juges qui, comme les avocats, s’étaient étonnés de l’absence de la justice parmi les grands thèmes du débat citoyen engagé par le Président de la République en réponse au mouvement des Gilets jaunes. Pourtant, de l’avis des avocats, « ces mesures toucheront encore les plus fragiles ».

Et d’énumérer la numérisation à laquelle « 20 % de la population n’a pas accès », l’obligation dans certains cas pour des justiciables du Sud-Finistère « de se déplacer à Brest ou Lorient pour défendre leurs droits », la révision des pensions alimentaires confiée au directeur de la Caisse d’allocations familiales ou des moyens financiers alloués à la justice « ridiculement bas ».

Autant de questions pour lesquelles les avocats appellent à un débat public, lundi matin, de 9 h 30 à 12 h, sur les marches du palais où ils proposeront des consultations gratuites.

 

 

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