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Concarneau. Conférence santé. Christophe Prudhomme ne mâche pas ses mots / Le Télégramme. 10 février 2019

 

Le comité de défense de l’hôpital de Concarneau organisait, vendredi, une conférence animée par Christophe Prudhomme, un médecin syndicaliste CGT, à la mode Patrick Pelloux, qui n’a pas la langue dans sa poche. « Nous sommes dans une période critique », a résumé le praticien de l’hôpital Cochin.

Le conférencier défend les hôpitaux à taille humaine, à moins de 500 lits, qui ont de bien meilleurs résultats que les grands centres universitaires implantés dans les métropoles comme Paris ou encore Toulouse. « Les CHU du Grand-Ouest ne seront bientôt plus des centres de référence », a prévenu l’urgentiste. « Il faut que nous nous mobilisions en évitant de nous diviser, parce que nous sommes tous dans la même situation », a préconisé Christophe Prudhomme, qui n’est tendre ni avec l’État, ni avec le ministère de la Santé, ni avec la politique du gouvernement. « Aujourd’hui, nous avons encore la possibilité de gagner », a-t-il assuré.

Baisse de l’espérance de vie

Pour Christophe Prudhomme, c’est clair : face à la santé, les inégalités reprennent en France. Il précise que l’espérance de vie a baissé en Grèce, au Royaume-Uni, en Russie et aux États-Unis. Alors pourquoi pas bientôt dans l’Hexagone ? Le syndicaliste en appelle à une réorganisation du secteur. Elle commencerait par le développement des centres de santé, l’achat de scanner et d’IRM dans les structures de proximité et par une restructuration des transports mis en place pour les malades.

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Excellent Christophe Prudhomme, de l'association des médecins urgentistes de France et de la CGT santé, vendredi soir à Concarneau à l'invitation du comité de défense de l'hôpital.
Christophe Prudhomme qui exerce au Samu de Seine Saint-Denis rattaché à l'hôpital de Bobigny (et non à Cochin comme l'écrit Le Télégramme) où un médecin vient de se défenestrer, sait de quoi il parle quand il évoque les inégalités sociales et territoriales d'accès à la santé ou la souffrance des soignants.

Il mit en évidence les responsabilités des politiques menées par les gouvernements successifs en matière de santé, rappelant que si la santé, comme l'éducation, a été un temps sanctuarisée et placée hors du marché, ce n'est plus le cas aujourd'hui, la concurrence privé-public s'accentue, les établissements privés se repositionnant sur les activités "rentables" représentant des niches de profits, et laissant le reste à l'hôpital public.
Sans compter les partenariats public-privé tout bénéfice pour le privé !
Il fut question des services d'urgences, qui selon les textes doivent être ouverts 24h sur 24, des patients qui devraient être à moins de 30 mn d'un tel service, de l'hôpital public, de la formation, du numérus clausus qu'il ne suffit pas de supprimer si on n'ouvre pas les financements nécessaires, des besoins de recrutement dans les hôpitaux publics comme dans les Ehpad, de l'imagerie médicale française qui a été liquidée, de démographie médicale, de la nécessité de créer des centres de santé comme celui qui est porté à Concarneau par un collectif citoyen, plutôt que des maisons de santé libérales.
Et bien sûr du financement de l'hôpital public et de la santé, il rendit au passage hommage aux députés communistes qui ont proposé notamment la suppression de la taxe sur les salaires à l'hôpital...

Et aussi de responsabilités, celles du directeur de l'ARS comme celle des députés qui ont voté le projet de loi de financement de la santé qui étrangle les hôpitaux.

Yvonne Rainero

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