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Les réfugiés espagnols dans le Finistère en 1939

 

Public nombreux, diversifié, intéressé, pour la conférence d'Alain Mila à Quimper sur les réfugiés espagnols dans le Finistère en 1939 à l'occasion du 80ème anniversaire de la Retirada.

Des passeurs de mémoire, certains membres d'associations comme l'ANACR, des descendants de familles de réfugiés, d'autres dont les parents ou grands-parents s'étaient engagés pour leur venir en aide, des militants de la solidarité d'aujourd'hui qui participent à des associations de soutien aux migrants.

Il fut question d'histoire, le débat fut parfois vif mais toujours courtois, de valeurs partagées, du refus de l'Europe-forteresse, de la politique migratoire de la France.

On évoqua la non-intervention du gouvernement Blum, qui a pesé lourdement sur le destin de l'Espagne; le rôle de la compagnie France-Navigation dans la solidarité à la République espagnole, les marins bretons y ont été nombreux, comme Jean Le Brun qui fut après la guerre maire communiste du Guilvinec, ou Christophe Guillou qui y avait navigué à 19 ans et dont le fils était présent ; les brigades internationales (au moins 240 Bretons y ont été recensés) avec la grande figure d'Henri Rol-Tanguy, né à Morlaix; la chute de la République, l'accueil des réfugiés de la Retirada, entre 450 000 et 500 000 arrivés en France en 1939, l'organisation de la solidarité, le rôle du parti communiste, l’engagement de ses maires comme le marin-pêcheur Marc Scouarnec au Guilvinec, et de ses militants, celui de la CGT, du Secours Rouge, d'autres encore, socialistes, chrétiens; il fut aussi question de l'internement des combattants de l'armée républicaine, tel le père d'Alain Mila, dans des camps : Argelès, Gurs..., de la continuité pour beaucoup du combat contre le fascisme, de l'Espagne à la Résistance française, notamment dans les rangs des FTP-MOI, Alain Mila signalant que les compétences des républicains espagnols dans le maniement des explosifs avaient servi aux cheminots français résistants.

Des pages sombres de l'histoire de notre région furent évoquées : l'internement à Poulgoazec en juin 1940 sous la surveillance d'un officier français dans le même lieu qui avait servi à héberger les réfugiés espagnols, d'intellectuels juifs ayant fui le nazisme comme le scénariste de cinéma Léo Lania (Les disparus de Saint Agil, l’Opéra de 4 sous de Pabst d’après Brecht), le philosophe Paul-Louis Landsberg... au prétexte qu'ils étaient Allemands ou Autrichiens, ils purent heureusement s'en évader à la faveur du désordre provoqué par l'approche des troupes allemandes; ou encore le camp d'internement de Lanniron à Quimper où furent enfermés 15 000 soldats "coloniaux" de l'armée française, les nazis ne voulant pas sur leur sol de prisonniers "de couleur".

À l'issue de cette conférence-débat, Alain Mila fut applaudi, plusieurs dizaines d’exemplaires de son livre « Une enfance partagée » qui raconte l’exil de son père, petit enfant de 8 ans d’une famille de républicains, de Catalogne au Guilvinec en passant par Quimper, furent dédicacés.

 

Les communistes quimpérois sont fiers d'avoir organisé cet échange, dans la continuité des engagements de ceux qui les ont précédés, notamment en 1939 où l'aide aux réfugiés espagnols fut organisée dans notre ville par un comité animé par Julien Gracq, alias Louis Poirier, jeune prof du lycée La Tour d'Auvergne et l'un des responsables de la section PCF de Quimper en 38-39.

Et merci encore à Alain Mila.

Merci aussi à Caro et Jean-Claude pour leurs photos.


 

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