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TEMOIGNAGE. Côtes-d’Armor. Ils soulagent la souffrance des enfants de Gaza. Ouest-France. 26 février 2019

 

Le Dr Jeanne Dinomais a accompagné à distance la création d’un centre de soins psychologiques pour enfants, à Gaza. En décembre, pour la première fois, elle s’est rendue sur place.

Ces premiers dessins vous essorent le cœur. En noir et blanc, on y voit des maisons écrasées sous des bombes larguées par des avions. Des humains démembrés, en morceaux. Les bras, les jambes, détachés du corps.

Les enfants qui dessinent ça spontanément ont entre 7 et 13 ans. Garçons et filles, ils vivent dans la bande de Gaza. Quand ils arrivent au centre Amani, ils sont traumatisés, violents, hyperactifs, en grande souffrance.

Mission médicale

À Saint-Brieuc vendredi soir, en salle du conseil municipal, Jeanne Dinomais, médecin pédopsychiatre à Saint-Brieuc, est venue raconter sa mission médicale. En décembre, elle s’est rendue dans ce lieu de soins psychologiques, installé dans le nord de la bande de Gaza. Elle a participé, avec l’association Amani, basée dans les Côtes-d’Armor, à la création de ce site unique. Après 18 mois de fonctionnement, c’est la première fois qu’elle se rendait sur place. Une expérience intense.

Camions d’eau potable

« Il y a des traces de mort partout, dit-elle. Et pourtant de la vie, de la joie, beaucoup de sérénité. Paradoxalement, je m’y suis sentie plus en sécurité que dans un aéroport. » Elle raconte ce qu’elle a vu, dans le nord de Gaza. Les familles qui s’entassent, à dix personnes par pièce, à 60 ou 70 dans une seule maison. Pas d’électricité, mais des bougies, qui provoquent des incendies. L’eau potable qui s’achète, distribuée dans des camions-citerne. L’incroyable densité de population.

Joie de vivre

« Le centre Amani est l’équivalent d’un hôpital de jour, explique la pédopsychiatre. On y dispense des soins psychologiques aux enfants, pendant sept mois. À l’issue de la période, 80 % d’entre eux ont retrouvé leur joie de vivre, ont entamé un chemin de résilience. Les autres restent au centre pour un deuxième cycle de soins, afin qu’ils réussissent à surmonter leurs traumas. »

Cohérence cardiaque

Énurésie, dissociation traumatique, difficulté de se projeter dans l’avenir : leurs symptômes sont violents. Le travail thérapeutique porte sur les émotions et les souffrances.  « C’est efficace pour l’enfant, et ça rebooste toute la famille, assure Jeanne Dinomais. Une maman m’a dit : « mon fils est un rayon de soleil quand il revient d’Amani. » Avant, il était toujours triste. »

On pratique aussi tous les jours des séances de respiration en « cohérence cardiaque ». « Les enfants en ressentent du bien-être, et apprennent cette respiration à leur famille. »

Adulte bienveillant

Elle montre des dessins d’enfants en in de cycle. Il y a des couleurs, des arbres, des oiseaux. « Ce n’est jamais fini,  tempère Jeanne Dinomais. Les bombardements, les drones sont toujours là. Mais ces enfants ont découvert l’enfance, un lieu où ils sont en sécurité, et ce que c’est d’apprendre avec un adulte bienveillant. »

L’association Amani accepte les dons et propose une formule de parrainage d’enfants palestiniens. www.assoamani.com.

Vendredi 15 mars , l’association France Palestine solidarité organise la projection de « Samoun road », documentaire de Stefano Savona, primé à Cannes. Au Club 6, à Saint-Brieuc, à 20 h. Contact : afps22.stbrieuc@gmail.com

Deux enfants à Gaza. Les traces des traumatismes sont partout dans les villes et les villages.https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/169ff2b22031832e92f5d1a1d916100c-temoignage-cotes-d-armor-ils-soulagent-la-souffrance-des-enfants-de-gaza_2.jpg?width=940&height=0&fill=0&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=cmsfront&sign=ec5e62b013e4795fc0391246eb26634374275e83197e3102a45bf4d8c937d86b

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