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Quimper. « Que les gens qui nous applaudissaient chaque soir viennent manifester avec nous… » / Ouest-France / 3 juin 2020

À l’hôpital de Quimper, la pression générée par le Covid-19 « redescend » selon la CGT. Le syndicat revient sur la crise sanitaire, sa gestion au sein du centre hospitalier et pose ses revendications pour l’avenir.

Un rendez-vous en présentiel organisé par un syndicat, la CGT, dans les murs de l’hôpital de Quimper (Finistère). Pas de téléphone ni de communiqué de presse par mail. On se croirait presque revenu à l’avant-coronavirus. Sauf qu’aujourd’hui, les discussions tournent principalement autour du Covid-19 et de la façon dont le centre hospitalier de Cornouaille, le Chic, a traversé la crise sanitaire.

« Jusqu’à 30 patients Covid »

Pour faire face à un éventuel afflux de patients infectés au Covid-19, la direction avait  massivement renforcé  ses capacités en réanimation, passant  de 12 à 33 lits . Mais, selon la CGT du Chic, le seuil des 33 patients en réanimation au même moment n’a jamais été atteint. Il a cependant été approché.  Il y a eu jusqu’à 30 patients au même moment , indique Kévin Nabat, secrétaire adjoint du syndicat. Toujours selon la CGT, au 6 mai dernier,  190 patients atteints du Covid-19 ont été hospitalisés à l’hôpital quimpérois ».

« Entre 20 et 30 agents hospitaliers atteints du Covid »

 Entre 20 et 30 agents hospitaliers, soignants et non-soignants, ont été atteints du Covid-19 , affirme Karine Goanec, secrétaire générale de la CGT du centre hospitalier.  Ce qui n’est pas normal, c’est que des agents qui avaient côtoyé ces personnes positives ont pu continuer à travailler, presque normalement à l’hôpital. Elles n’avaient qu’à porter des masques, alors qu’il aurait fallu les mettre en quatorzaine , poursuit Karine Goanec.

« Pas des héros, on a juste fait notre boulot »

La CGT tient à saluer  la grande implication  des 3 000 agents du Chic, soignants ou non.  Si ça a tenu, c’est grâce à tout le monde, estime Loïc Le Houarner, secrétaire adjoint de la CGT. Pour autant, nous ne sommes pas des héros. On a juste fait notre boulot. On sait pourquoi on fait notre travail. Et on ne veut pas le faire au rabais. 

« Le flou sur les masques a généré du stress »

 En mars, on nous disait qu’il n’était pas obligatoire de porter des masques. Aujourd’hui, c’est deux masques par jour !  Karine Goanec déplore  le flou concernant le port des marques, les surblouses ou les charlottes  qui, selon elle,  a généré du stress, du mal-être chez les agents .  Les procédures se sont adaptées aux stocks d’équipements de protection individuelle (EPI) et non à la pathologie. Ce n’est pas normal ! 

« Des agents sont sur les rotules »

L’orage est-il passé ?  En tout cas, la pression redescend, croit savoir Loic Le Houarner. Après deux mois intenses à coup pour certains de journées de 12 h, des agents sont sur les rotules.  Il y a la fatigue, physique. Et puis celle, mentale :  La charge émotionnelle est importante quand vous prenez en charge un patient grave, avec toute la famille derrière. Tout va très vite , expose Kévin Nabat. Autant de raisons qui poussent la CGT à réclamer  plus qu’une prime ,  une revalorisation salariale .

Une prime, oui, « mais pour tout le personnel »

La CGT du Chic dit  oui  à une prime de 1 500 €, promise par le gouvernement. Mais  pour tout le personnel, soignant ou non. C’est l’ensemble des effectifs qui a permis à l’hôpital de Quimper de tenir le choc .

Les « héros » dans la rue le 16 juin

 On ne veut pas de médaille. Juste une vraie reconnaissance, de véritables moyens pour faire notre mission et une réelle revalorisation salariale.  Le mardi 16 juin à 14 h 30, la CGT, comme d’autres syndicats, appelle à se rassembler devant l’hôpital quimpérois. Kévin Nabat lance un appel pour conclure :  Ce qui serait bien, c’est que les gens qui nous applaudissaient chaque soir viennent manifester avec nous .

Photo Ouest-France , de gauche à droite : Loïc Le Houarner, Karine Goanec et Kévin Nabat, tous trois membres de la CGT du centre hospitalier de Quimper et de Concarneau.

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Quimper. « Que les gens qui nous applaudissaient chaque soir viennent manifester avec nous… » / Ouest-France / 3 juin 2020

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