Section du Pays de Quimper

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Solidarité made in Breizh ?

 

Le journal Le Télégramme évoquait il y a quelques jours la «solidarité made in Breizh» en légende d'une photo du PDG d'Armor-Lux au milieu de ses bonnets rouges, faisant mine d'oublier que l'entreprise quimpéroise née sur les bords de l'Odet réalise 60% de sa production à l'étranger. Quant à la solidarité dont se réclament les organisateurs de la manifestation d'hier à Quimper, elle ressemble furieusement à la solidarité des possédants pour défendre leurs intérêts contre les aspirations populaires.

Car enfin tous ces patrons sous la bannière du Medef et autres organisations patronales qui réclament l'abolition des impôts et des taxes pour leurs entreprises tout en appelant à la manne financière de l'Etat, que veulent-ils sinon plus de libéralisme, moins de régulation, moins de services publics, moins de solidarité à l'égard de ceux qu'ils prétendent défendre?

L'UMP qui a mobilisé ses troupes, l'extrême-droite qui a essayé de récupérer la colère qui s'exprimait, ne s'y sont pas trompés.

Le combat de ces partisans de l'ultralibéralisme n'est pas celui des millions de Français qui attendaient de François Hollande une politique de gauche porteuse d'avancées sociales et démocratiques.

Certes, le nombre des participants à la manifestation de Quimper montre qu'il y avait aussi dans les rues de notre ville beaucoup de salariés, de précaires, de travailleurs licenciés, de jeunes privés d'avenir, d'agriculteurs, d'artisans, de commerçants, de petits entrepreneurs ; des hommes et des femmes sincères qui étaient là pour dire qu'ils n'en peuvent plus de cette vie précarisée qui est la leur, et interpeller un gouvernement sourd à leurs aspirations. Et qui doit les entendre.

Mais la voie sur laquelle de douteux prophètes essaient de les entraîner est une voie sans issue.

Le mal qui ronge la Bretagne comme tout notre pays, ce n'est pas le «trop d'état», le «trop de services publics», le «trop d'acquis sociaux», qui se réduisent au contraire comme peau de chagrin, c'est le cancer de la finance.

Et c'est en s'y attaquant et non pas en décidant de nouveaux allègements pour le capital qui videront les caisses publiques et seront payés au bout du compte par les salariés, les retraités, les demandeurs d'emploi, les familles qu'on redressera la situation.

Cette parole-là était portée hier dans les rues de Carhaix par 3000 manifestants réunis à l'appel des syndicats CGT, FSU, Solidaires. Après l'intervention de Thierry Gourlay, secrétaire régional de la CGT, dénonçant ceux qui se servent des salariés «comme boucliers pour accélérer les politiques d'austérité, de régression sociale et de suppression d'emplois», des salarié-e-s de Marine Harvest, la multinationale du saumon, de Tilly Sabco, qui a annoncé l'arrêt de 90% de ses activités en janvier, de Nutréa, licenciés et contaminés par les pesticides, ont pris la parole pour dire leurs souffrances et leurs inquiétudes, leurs exigences.

De nombreux élus communistes de Quimper, Brest, Rosporden, du Morbihan, comme Marc Cozilis maire de Quéven, des Côtes d'Armor comme Gérard Lahellec, vice-président de la région Bretagne, et bien d'autres, étaient présents à leurs côtés, ainsi que Patrick le Hyaric, député européen. Pas seulement le temps d'une manifestation, mais dans la durée pour construire avec eux les réponses urgentes qu'appelle la situation de l'emploi en Bretagne.

 

 

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