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Temps d'attente pour une consultation ophtalmologique : le Finistère est dans le rouge !

L'enquête nationale réalisée par Yssup Research (groupe Publicis Health Care, présidé par François Sarkozy) vient de mettre en évidence un délai d'attente moyen de 77 jours en France pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologue.

Certes cette enquête réalisée pour le groupe privé Point Vision qui développe ses centres ophtalmologiques en partenariat avec les complémentaires santé Malakoff-Médéric (dans la fratrie Sarkozy, cherchez cette fois...Guillaume) n'est pas dénuée d'arrière-pensées.

Mais ses résultats recoupent ceux d'autres études récentes comme l'expérience vécue par tout un chacun.

Et plus encore dans le Finistère qui a le triste privilège de se retrouver avant-dernier du classement avec un délai moyen de 190 jours, plus de 6 mois, pour obtenir un rendez-vous, 31% des ophtalmologues refusant même pour cause de saturation de prendre de nouveaux patients.

Si l'on ajoute que la moyenne d'âge de ces spécialistes dans notre Penn-ar-Bed est de 56 ans, ce n'est pas rassurant pour les années à venir.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que la population finistérienne est plus âgée que la moyenne française et que le vieillissement s'accompagne de pathologies oculaires qui peuvent être graves et invalidantes.

La difficulté d'accès à ces soins est un problème de santé publique, et nuit à la qualité de la vie et des liens sociaux des personnes concernées, notamment des plus âgées.

Et cette difficulté se redouble d'une autre, avec la montée en puissance des dépassements d'honoraires et donc du reste à charge dans cette spécialité où de plus en plus de médecins sont dans le secteur 2, les patients n'étant pas vraiment en situation de faire leur choix. Reste à charge qui s'accroît encore en cas de prescription de lunettes, très faiblement remboursées.

Cette évolution inquiétante de la démographie médicale n'est pas propre à l'ophtalmologie. Toutes les spécialités sont concernées en Bretagne. Notre région, avec 5% de la population française comptait au 1er janvier 2012 seulement 3,8% des cardiologues du pays, 4,3% des anesthésistes, 4,6% des ophtalmologues...Encore faut-il prendre en considération que l'Ille et Vilaine avec Rennes tire ces résultats vers le haut.

Si pour les généralistes les chiffres placent la Bretagne dans la moyenne française, ils recouvrent de fortes inégalités. 14% des Bretons n'ont pas de médecin généraliste dans leur commune, et de véritables déserts médicaux se constituent.

Cet effondrement de la démographie médicale est le résultat de politiques à courte vue qui ont instauré un numerus clausus stupide pour limiter l'accès aux professions médicales pensant limiter ainsi la consommation de soins. Ce qui n'est pas arrivé car les besoins découlent de raisons objectives : accroissement de la population, gain d'espérance de vie, avancées médicales, utilisations de nouveaux outils, de nouveaux traitements...

La démographie médicale n'est pas le seul obstacle à l'accès aux soins.

La croissance des dépenses non remboursées comme la fragilisation de l'hôpital public pèsent fortement.

Dans le Finistère l'offre de soins des hôpitaux de proximité a été lourdement amputée : urgences, maternités, et aujourd'hui c'est la chirurgie qui est fermée à l'hôpital de Pont L'Abbé, restreinte à l'ambulatoire à celui de Douarnenez. La concentration de certaines activités dans un nombre limité d'établissements, au fonctionnement souvent tendu, ne va pas dans le sens de l'intérêt des patients, ni des personnels.

Tout ce qui a été mis en place depuis des décennies pour corseter l'offre de soins est humainement insupportable, facteur d'inégalités sociales et territoriales intolérables, et c'est en plus une hérésie économique : ces choix comptables parce qu'ils font obstacle à une véritable politique de santé publique incluant une réelle prévention, parce qu'ils retardent les soins nécessaires et aggravent les pathologies, faisant même réapparaître des maladies qu'on imaginait disparues, entraînent au final, en plus d'un gâchis humain, un surcoût pour la collectivité.

Mais le gouvernement de François Hollande persiste dans ces orientations néfastes.

Il est temps de sortir de ce cercle vicieux.

D'engager un plan de formation des médecins et autres soignants à la hauteur des nécessités, de faire évoluer leurs métiers vers de nouvelles pratiques collectives, de nouveaux types de rémunération répondant aux aspirations des jeunes générations de praticiens comme aux besoins des patients, d'aller vers le remboursement à 100% par la Sécurité Sociale, de donner à l'hôpital public les moyens d'assurer ses missions, et comme l'ont proposé les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen, de décider un moratoire sur toutes les fermetures de services hospitaliers, de centres d'IVG, de PMI.

Cela ne se fera pas sans le rassemblement et la mobilisation de toutes celles et tous ceux qui veulent faire prévaloir l'Humain contre la finance, la logique de la réponse aux besoins contre celle de la baisse des dépenses publiques et des reculs sociaux, qui nous enfonce toujours plus dans la crise.

 

 

 

 

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