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Migrants : " Des ponts, pas des murs ! " / 15 organisations de Quimper et de Cornouaille interpellent M.M. Hollande et Valls

Le jeudi 23 avril , à l'appel du collectif Droit d'Asile, relayé par plusieurs mouvements, un rassemblement s'est tenu à Quimper pour exprimer notre indignation devant l'inertie de la France et de l'Europe face à la tragédie humaine qui se déroule en Méditerranée, et exiger une autre politique migratoire.

Sur l'initiative de la section du PCF du pays de Quimper, ce rassemblement a été prolongé par une interpellation collective de MM. Hollande et Valls sur la politique de la France et de l'Europe à l'égard des migrants. Et ce sont 15 organisations politiques, syndicales, associatives de Quimper et de Cornouaille qui ont adressé au préfet du Finistère le texte ci-dessous :

 

Motion adressée à M. le Préfet du Finistère pour transmission au Président de la République et au Premier Ministre

 

Une des plus grandes catastrophes humanitaires depuis la seconde guerre mondiale se déroule actuellement aux frontières de l'Europe. La Méditerranée se transforme en un vaste cimetière marin où viennent mourir des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, près de 2000 depuis le début de l'année, 30 fois plus que dans la même période l'an passé.

Les migrants qui fuient la guerre, la misère, les catastrophes climatiques viennent se heurter à une Europe-forteresse indifférente à leur sort.

L'Europe, et particulièrement la France, qui, comme les États-Unis, porte une lourde responsabilité dans le désordre mondial actuel, n'assume pas ses responsabilités : le pillage des ressources, les interventions militaires, les stratégies néo-coloniales, le soutien à des régimes corrompus, ont lourdement contribué à la pauvreté qui sévit sur une grande part de notre planète et au chaos dans lequel sont plongés des pays comme la Libye, la Syrie, l'Irak, tandis que l'impunité dont bénéficie Israël ajoute encore à la déstabilisation du Proche-Orient et pousse de plus en plus de Gazaouis à fuir eux aussi.

 

Bien plus, l'opération Triton qui a remplacé Mare Nostrum est destinée au renforcement du contrôle des côtes italiennes et non au sauvetage des vies des migrants.

Ce n'est plus supportable, la route migratoire vers l'Europe est devenue la plus dangereuse du monde.

 

Le sommet européen du jeudi 23 avril n'a pas répondu à la gravité et à l'urgence de cette situation, ni en termes de moyens, ni sur le fond : il n'y a pas de solution sécuritaire ou militaire aux tragédies migratoires.

 

La Convention de Genève de 1951 dont sont signataires les pays de l'Union Européenne fait obligation d'accueillir tous ceux qui fuient la violence et les persécutions.

Le droit doit être respecté, et la valeur de la personne humaine placée au-dessus de toute autre considération.

 

Dans l'urgence, des mesures immédiates doivent être prises pour mettre fin à cette tragédie et accueillir dignement et humainement ceux qui fuient devant la guerre et la violence.

 

C'est possible, les outils existent pour cela.

Une circulaire de juillet 2001 de l'UE permet, en cas d’afflux massif de personnes déplacées, de déclencher un mécanisme de protection immédiate et l’accès aux ressources financières du Fonds européen pour les réfugiés. Cela permettrait aux États frontaliers de mettre en place des dispositifs d’accueil provisoires tout en facilitant l’accès au statut de demandeurs d’asile et sans être contraints par le règlement de Dublin.

Les représentants de la France, qui se revendique comme le pays des droits de l'Homme, doivent intervenir fermement auprès des institutions européennes pour que ces dispositions soient appliquées sans retard et que les structures de recherche et de sauvetage en Méditerranée soient dotées des moyens nécessaires.

Il faut sans attendre appliquer le droit d'asile à celles et ceux qui fuient les guerres et garantir à tous la liberté de circulation et d'installation dans les différents pays de l'UE.

L'accueil des migrants doit être justement réparti entre les pays européens et non reposer sur quelques-uns.

La France, qui est l'un des pays qui a fait le moins d'efforts en ce sens, doit s'engager à prendre toute sa place dans cette opération humanitaire, bien au-delà de ce qui a été annoncé.

 

Au-delà il faut adopter des mesures à moyen et long terme  pour mettre en œuvre des politiques migratoires dignes de notre temps : délivrance de visas, abrogation de la directive retour, réforme du règlement de Dublin, partenariat avec les pays concernés...

Et agir sur les causes de ces flux migratoires, en engageant des initiatives diplomatiques dans le cadre de l'ONU pour une solution négociée des conflits, en œuvrant partout dans le monde pour le développement humain et écologique, la paix et le désarmement, l'éducation, l'abolition de la faim, l'accès aux biens publics, en luttant contre le réchauffement climatique.

 

Organisations signataires :

AFPS – ARAC – CGT – Droit d'Asile – EELV – Ensemble – FSU – LDH – Mouvement de la Paix – Nouvelle Donne – NPA – PCF – PG – Solidaires – UDB

                                                                                                 Quimper, le 4 mai 2015

 

Depuis cette démarche, l'actualité n'a fait que renforcer notre détermination à agir pour une autre Europe, pour un autre Monde.

La tragédie se poursuit en Méditerranée.

Les réseaux mafieux exploitent la détresse des réfugiés.

L'Italie, la Grèce ne peuvent faire face à l'afflux de ceux qui arrivent à atteindre leurs côtes.

Le chaos règne en Libye où les migrants issus de Syrie, du Nigéria, d'Érythrée subissent des violences insoutenables, comme le dénonçait y a quelques jours un rapport d'Amnesty International.

Et pendant ce temps les pays européens continuent à se défausser de leurs responsabilités et jouent à un jeu sinistre : comment envoyer chez le voisin ces réfugiés dont je ne veux pas chez moi...

Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif des Droits de l'Homme des Nations-Unies, déclarait fin avril à l'Humanité que le refus de l'UE d'appliquer le droit d'asile relève du crime contre l'Humanité.

Près de 100 associations françaises de tous horizons viennent de lancer un appel à François Hollande et à tous les élus pour exiger une autre politique  de la France, de l'Union Européenne : « Des ponts, pas des murs ! ».

         

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