Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 

08 mars01:00
 

À signaler à cette occasion, l’exposition :

 

NATHALIE LEMEL, féministe et communarde brestoise

 

Laëtitia ROUXEL (dessinatrice) et Roland MICHON (scénariste)

                                               

                                         Bande dessinée

 

 

à la Médiathèque de l'Europe

 

9 rue Sisley à Brest

 

du 5 mars au 2 avril 2016

 

Nathalie Le Mel, dont une rue de Quimper porte le nom, ainsi que la médiathèque de Pluguffan.

Cette bretonne, née à Brest en 1826, fille d’un ouvrier corroyeur, s’installe en 1849, à 23 ans, à Quimper où elle tient avec son mari une librairie rue Kéréon et où ses idées avancées heurtent la bourgeoisie bien-pensante.

En 1861 elle part pour Paris où elle travaille comme ouvrière-relieuse et adhère à l'Internationale.

Avec Eugène Varlin, ouvrier-relieur lui aussi et représentant de l’Internationale, elle crée « La Marmite », sorte de préfiguration des Restos du cœur.

Elle joue un rôle important à la tête de l’Union des femmes de la Commune de 1871, cette Commune de Paris qui avait prévu pour les filles un enseignement laïque, gratuit et obligatoire et proclamé l’égalité des salaires entre instituteurs et institutrices.  

Elle y côtoie Louise  Michel et d’autres femmes extraordinaires comme Elisabeth Dmitrieff, fille d’un officier tsariste qui avait rejoint elle aussi l’Internationale, ou Sonia Kovalevskaïa, jeune Russe amie de Dostoïevski, qui fut par la suite la 1ère femme à soutenir une thèse de mathématiques et  la 1ère titulaire d’une chaire de mathématiques à l’Université.

Lors de la « Semaine sanglante », du 22 au 28 mai 1871, Nathalie Le Mel se bat sur la barricade de la place Pigalle.

Après l'écrasement de la Commune de Paris, elle est arrêtée le 21 juin 1871 et déportée en 1873 avec son amie Louise Michel en Nouvelle-Calédonie.

Devant le tribunal militaire qui jugea en septembre 1871 plusieurs femmes de la Commune, le Commissaire du gouvernement prononça cet incroyable réquisitoire :

« Et voilà où conduisent toutes les dangereuses utopies, l’émancipation de la femme, prêchée par des docteurs qui ne savaient pas quel pouvoir il leur était donné d’exercer…N’a-t-on pas, pour tenter ces misérables créatures, fait miroiter à leurs yeux les plus incroyables chimères ? Des femmes magistrats ? Membres du barreau ? Oui des femmes avocats, députés peut-être et, que sait-on, des commandants ? Des généraux ? On croit rêver en présence de telles aberrations ».

Nathalie Le Mel ne sera libérée qu'après la loi d''amnistie de 1880, ayant refusé toute mesure de grâce.

Elle trouve du travail au journal l'Intransigeant et continue à se battre pour les droits des femmes.

Elle meurt dans la pauvreté en 1921 à l'hospice d'Ivry.