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8 mars : femmes combattantes à la Une de l'Huma

En ce 8 mars, un numéro exceptionnel de l'Humanité, disponible chez les marchands de journaux ou sur http://www.humanite.fr/ , témoigne de la présence, multiple et diverse, des femmes dans notre pays sur de nombreux fronts de lutte. 

Le journal fondé par Jaurès a confié à 9 femmes le rôle de rédactrices en chef d'un jour :

  • Françoise Davisse, réalisatrice, auteure notamment du documentaire « Comme des lions » sur la lutte à PSA-Aulnay

  • Kadiata Ba, déléguée CGT dans la une entreprise sous-traitante de l'hôtellerie de luxe

  • Caroline de Haas, féministe et initiatrice de la pétition « loi travail : non, merci », loi travail qui, comme toutes les lois régressives de ces dernières années, serait facteur d'une plus grande précarité pour les femmes comme pour les jeunes.

  • Maya Konforti, engagée avec son association « L'Auberge des migrants » dans l'aide aux migrants de Calais.

  • Charlotte Magri, enseignante dans une école des quartiers Nord de Marseille et qui se bat contre les conditions de scolarisation intolérables infligées aux enfants de ce quartier

  • Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires

  • Françoise Dumont, présidente de la Ligue des Droits de l'Homme

  • Carine Favier, coprésidente du Planning Familial

  • Fatiha Aggoune, vice-présidente du Conseil Départemental du Val de Marne

Leurs engagements, partagés par bien d'autres, femmes et hommes, s'inscrivent dans le combat pour l'émancipation humaine.

Une grande pionnière, Clara Zetkin, déclarait en 1889 à Paris dans son discours à la 1ère conférence de l'Internationale ouvrière, « L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. ». Sans pour autant sacrifier au combat général le combat des femmes pour « tous les droits qui leur reviennent. ».

C'est elle qui proposa en 1910 à Copenhague la création d'une Journée internationale des femmes par la suite fixée au 8 mars, et qui ne fut officialisée par l'ONU qu'en 1977.

Clara Zetkin, qui, comme Jaurès, essaya d'empêcher le déclenchement de la 1ère guerre mondiale, et dont Aragon écrivait dans les « Cloches de Bâle », « La femme des temps modernes est née, et c’est elle que je chante. Et c’est elle que je chanterai. »

Amie de Rosa Luxembourg, assassinée en 1919 lors de la répression contre la révolution spartakiste.

Femme courage, Clara Zetkin, devant le Reichstag où les nazis avec 37 % des suffrages viennent d'entrer en force, prononce en août 1932 en tant que doyenne, à l'âge de 75 ans, un discours où elle appelle à un front uni des travailleurs, des femmes, de la jeunesse, des intellectuels contre le fascisme :De

« Devant cette impérieuse nécessité historique toutes les opinions politiques, syndicales, religieuses, idéologiques, qui nous entravent et nous séparent, doivent passer au second plan. Tous ceux qui sont menacés, tous ceux qui souffrent, tous ceux qui aspirent à se libérer doivent faire partie du front uni contre le fascisme et ses fondés de pouvoir au gouvernement ! »

Quelques mois plus tard Hitler était chancelier et Clara Zetkin en exil à Moscou où elle meurt en juin 1933.

D'autres femmes aujourd'hui dans le monde affrontent les plus grands dangers, la guerre, la prison, la torture, la mort, pour leurs idéaux.

Comment ne pas penser en ce 8 mars à Khalida Jarrar, députée au Parlement palestinien, arrêtée et emprisonnée par les forces d'occupation israéliennes, qui a lancé cet appel de sa prison :

« En ce jour, nous affirmons que nous sommes des prisonnières palestiniennes en lutte, que nous faisons partie du mouvement des femmes palestiniennes, et que la lutte nationale et sociale se poursuit sans cesse et de façon continue  jusqu’à ce que nous atteignions notre libération de l’occupation, et, en tant que femmes, notre liberté de toutes les formes d’injustice, d’oppression, de violence et de discrimination à l’encontre des femmes. En ce jour, les femmes palestiniennes marquent cet événement en mettant en évidence les crimes de l’occupant contre les femmes, les enfants, les personnes âgées et les jeunes de Palestine. Cette année, notre appel met l’accent sur la liberté et l’auto-détermination de notre peuple, et sur la liberté et l’auto-détermination des Palestiniennes : pour parvenir à l’égalité et à la libération, pour mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’injustice commises contre elles. Nous constituons, avec tou-te-s les combattant-e-s dans le monde pour la liberté des femmes,  une partie du combat mondial : contre l’injustice, l’exploitation et l’oppression. »

Comment ne pas penser aussi à ces combattantes Kurdes qui se battent pied à pied contre Daech et en même temps travaillent à jeter les bases d'une société d'égalité entre les femmes et les hommes ?

Comment ne pas évoquer l'assassinat il y a quelques jours de Berta Caceres, militante amérindienne du Honduras, féministe, écologiste et progressiste, qui déclarait il y a quelques mois «  Réveillons-nous, humanités ! Il n'y a plus de temps à perdre . Nos consciences se réveillent en contemplant la destruction et la prédation capitaliste, raciste et patriarcale...Notre Terre mère, militarisée, clôturée, empoisonnée, témoin de la violation systématique des droits fondamentaux, nous exige d'agir. »

Sans oublier toutes ces femmes qui, ici et ailleurs, et pas seulement le 8 mars, se battent au quotidien et loin des feux médiatiques pour une vie digne, pour elles et pour les autres, pour la solidarité, pour les droits de toutes et tous.

 

 

 

 

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