Section du Pays de Quimper

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Un premier mai ancré dans la bataille pour le retrait de la loi El Khomri

La mobilisation pour le retrait de la loi El Khomri était au cœur de ce 1er mai.

3 jours après les manifestations du jeudi 28 avril, 8 rassemblements de proximité étaient organisés dans le Finistère, dont celui de Quimper où plus de 350 personnes avaient répondu à l'appel des syndicats.

La célébration de la fête du travail ne pouvait se séparer de la lutte contre la casse du Code du travail et pour élargir les droits des salarié-e-s.

La paix et la solidarité avec les peuples, l'indignité du sort fait aux migrants, les libertés étaient évidemment présentes aussi dans les interventions des syndicalistes.

Le désir d'un autre monde, et la volonté d'être des acteurs de sa construction.

Ces préoccupations rejoignent l'expérience de démocratie participative initiée par les communistes qui proposent, avec leur grande consultation citoyenne, de donner la parole au peuple, de permettre aux citoyen-nes de dire leurs attentes, leurs espoirs, leurs exigences, de prendre part à l'émergence d'un autre futur.

Des militants communistes proposèrent leurs questionnaires à l'issue de la manifestation et reçurent un bon accueil.

 

Un point d'histoire : Julien Gracq, Quimper et le parti communiste

L'esplanade sur laquelle se tenait le rassemblement porte le nom de Julien Gracq.

C'est à l'initiative des communistes qu'il fut décidé à la mort du grand écrivain de donner son nom à un lieu significatif de notre ville.

Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, fut professeur de 1937 jusqu'à son incorporation en 1939, au lycée de La Tour d'Auvergne à Quimper.

Ce jeune agrégé de géographie participa alors très activement à la vie de la section de Quimper du PCF dont il fut dans cette période un dirigeant, tout en achevant son premier roman, « Au Château d'Argol ».

Dans nombre de ses œuvres, il évoque Quimper et sa région, les paysages, les gens, ouvriers, pêcheurs, paysans, qu'il rencontrait dans ses activités militantes et ses sorties du dimanche qui l'entraînaient jusqu'au pays bigouden.

Dans les « Carnets du grand chemin », écrits bien après, il raconte :
 

« Je militais sans ménager ma peine – ce qui semblait peu du goût du proviseur – mobilisé un soir sur deux par les tournées des cellules, les meetings, les collectes de vêtements pour l’Espagne, le journal du parti  - La Bretagne- que j’avais à mettre en page chaque jeudi matin, mais la conviction n’était déjà plus présente qu’à moitié ; j’avais terminé pendant les deux premiers mois de mon séjour à Quimper « Au Château d’Argol », et l’incompatibilité foncière de ces deux ordres d’occupation commençait à me sauter aux yeux ... La guerre approchante montait peu à peu à l’horizon, inexorable... »

 

Des camarades aujourd'hui disparus qui avaient milité avec lui à cette époque ont témoigné de son engagement : participation aux réunions de cellules et section, animation de soirées de formation théorique, de réunions électorales, rédaction d'articles pour le journal régional communiste « La Bretagne » et de tracts, participation à leur distribution.

A la fin de 1938 il fut frappé d’un mois de suspension de traitement pour avoir pris une part active à la grève des fonctionnaires en novembre de cette même année.

Il fut aussi très impliqué dans la solidarité aux républicains espagnols fuyant le fascisme , des courriers en témoignent dans les archives de la ville de Quimper.

Lorsqu’il fut mobilisé en octobre 1939 des camarades de sa section l’accompagnèrent sur les quais de la gare de Quimper d’où il devait prendre le train pour rejoindre son régiment en Lorraine.

Les hasards de la guerre et de ses affectations professionnelles ne devaient plus le ramener dans notre ville.

Et il s'éloigna aussi du parti communiste et plus généralement de la politique.

Il avait choisi de se consacrer exclusivement à la littérature, ce fut l’engagement de sa vie, loin du fracas médiatique.
 

Mais le jeune professeur de 1937 , engagé dans le militantisme au sein du parti communiste, comme dans la solidarité aux réfugiés de l'époque, victime de la répression antisyndicale de 1938, est bien proche de celles et ceux qui se battent aujourd'hui contre la casse du droit du travail.

 

 

 

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