Section du Pays de Quimper

Section du Pays de Quimper
Accueil
 
 
 
 

Les communistes du pays de Quimper adressent une lettre ouverte à la députée socialiste sur la loi travail

Le 9 mai 2016, nous avons adressé une lettre ouverte à la députée de la 1ère circonscription du Finistère pour lui demander de voter contre le projet de loi El Khomri.

Si le débat se poursuit devant le Parlement...

Car il est évident que le gouvernement, conscient du rejet qui s'exprime dans le pays, et y compris à l'Assemblée et au Sénat, songe fortement à recourir à l'article 49-3 pour faire adopter ce texte.

Ce serait ajouter à la casse du Code du travail un scandaleux déni de démocratie.

Passer en force sur un tel sujet qui touche à la vie de millions de Français serait d'une extrême gravité.

Voir la protestation de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF , et d'Éliane Assassi et André Chassaigne, présidents des groupes dans lesquels siègent les parlementaires communistes à l'Assemblée et au Sénat

                            http://www.pcf.fr/87444

 

Madame la députée,

 

Le 28 février vous avez pris vos fonctions de députée, Jean-Jacques Urvoas étant devenu ministre.

La veille avait eu lieu à Quimper la 1ère manifestation contre la loi El Khomri portée par le gouvernement, manifestation décidée en quelques heures tant était grande la colère du monde du travail.

À ce moment la pétition citoyenne lancée contre ce projet avait déjà été signée plus de 700 000 fois, quelques jours plus tard, elle atteignait plus de 1 300 000 signataires.

Depuis grèves, manifestations, mobilisations de toutes sortes ont rassemblé des centaines de milliers de salariés, de précaires, de citoyens, de lycéens, d'étudiants.

Jusqu'à 1 200 000 manifestants dans la rue le 31 mars.

Ces mouvements recueillent l'assentiment de la grande majorité des Français : selon un tout récent sondage 74 % d'entre eux se déclarent opposés à ce projet de loi, près de 3 sur 4, 84 % des chômeurs, 79 % des étudiants, 78 % des salariés ; comme 93 % des sympathisants du Front de gauche, qui ont contribué à votre élection, mais aussi 55 % des électeurs socialistes.

 

Les quelques modifications à la marge apportées par le gouvernement n'ont pas convaincu car elles n'ont rien changé à l'architecture fondamentale du texte qui dynamite notre droit du travail, dégrade les conditions de travail et d'emploi, abaisse les protections des salarié-e-s.

Il est porteur de plus d'insécurité sociale et de précarité.

Ce n'est pas l'emploi qui serait libéré, mais le droit de licencier.

Et les risques encourus par les patrons pour licenciements abusifs seraient réduits.

 

L'inversion de la hiérarchie des normes est une arme terrible contre les salarié-e-s : contrairement à un principe fondateur de notre droit social, des accords d'entreprises pourraient contenir des dispositions plus défavorables aux travailleurs que ce que prévoit la loi.

En ces temps de chantage à l'emploi, on sait ce que cela signifie.

Et celui ou celle qui refuserait la modification de son contrat de travail pourrait être licencié.

On n'est plus dans la négociation sociale, mais dans l'application du droit divin du patron et des actionnaires, avec la bénédiction du gouvernement.

 

Ce projet ouvre la voie à une déréglementation sans précédent du temps de travail.

Il met fin de fait aux 35h.

Il permet de travailler jusqu'à 12h par jour par simple « accord » ; de contourner le droit en matière de temps partiels ; de moins payer les heures supplémentaires, le travail du dimanche ; de fractionner les repos.

Les femmes seraient les premières victimes de ces dispositions.

Ce texte détricote aussi la médecine du travail, les prud'hommes, les institutions représentatives du personnel.

 

Cette loi de régression sociale va à l'encontre de toutes les valeurs de gauche, de tous les combats progressistes qui ont été menés dans le passé au nom de la gauche.

En ce mois de mai 2016, on célèbre le 80ème anniversaire de la victoire dans les urnes du Front Populaire et de l'immense mobilisation sociale qui l'accompagna, débouchant sur les accords de Matignon, avec les premiers congés payés de 1936, l'obligation des conventions collectives de branches, la reconnaissance des représentants du personnel.

Le projet de loi travail est un reniement de ces combats, de l'héritage de la Résistance qui les a prolongés et développés, et de toutes les avancées qui ont été obtenues depuis en faveur du monde du travail.

 

Cette politique ne peut mener qu'à plus de précarité, de chômage, d'insécurité sociale, c'est une voie sans issue.

D'autres choix sont possibles, des choix de gauche.

Des députés de toutes les familles de la gauche, communistes et Front de gauche, écologistes, socialistes, en ont fait la démonstration en présentant la semaine dernière à l'Assemblée Nationale un projet de loi pour « protéger et équilibrer le temps de travail ».

Le « travailler plus pour gagner moins » qui joue contre l'emploi et accroît les difficultés de vie, la précarité et l'austérité comme seul horizon, le chômage sans fin, le recul des normes et des protections sociales, nous n'en voulons pas !

Ce qui doit être à l'ordre du jour, c'est de travailler moins et vivre mieux, c'est plus de temps libre pour la vie de famille, les engagements associatifs, citoyens, le sport, la culture, c'est une sécurité d'emploi et de formation, plus de droits pour les salarié-e-s dans l'entreprise et les citoyen-ne-s dans la cité, une fiscalité plus juste et la lutte contre l'évasion fiscale, le contrôle du crédit bancaire et de l'argent public pour financer les créations d'emplois utiles et la formation professionnelle.

 

Ni François Hollande, ni Jean-Jacques Urvoas et vous-même n'avez été élus avec les voix des électrices et électeurs de gauche pour mener une politique de régression sociale.

Jean-Jacques Urvoas qui lors de son précédent mandat faisait des déclarations vibrantes en faveur des 35h, de la « dynamique de croissance et de création d'emplois » qu'elles avaient permis, et se prononçait contre l'extension du travail du dimanche...

 

Respectez les attentes de vos électrices et électeurs.

Écoutez les Français.

Certains de vos amis socialistes, militants de base, élus, ont publiquement pris position pour le retrait de la loi El Khomri.

Nous vous demandons solennellement de vous opposer vous aussi à ce projet de loi.

 

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame la députée, l'expression de ma considération distinguée.

 

Yvonne Rainero,

secrétaire de la section du pays de Quimper du PCF,

le 9 mai 2016

 

 

 

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.