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En mémoire de la "Nakba", piquet de solidarité avec le peuple palestinien jeudi 12 mai à 17h30 rue Kéréon à Quimper

L'Association France Palestine Solidarité du pays de Cornouaille consacre son piquet mensuel de solidarité avec le peuple palestinien jeudi 12 mai à 17h30 rue Kéréon à Quimper à la mémoire de la Nakba. Voici son communiqué :

 

68 ans après, plus de cinq millions de réfugiés palestiniens

 

Les Palestiniens s'apprêtent à commémorer la « Nakba » (= la Catastrophe), le 14 mai, date-anniversaire de la création unilatérale de l'Etat d'Israël en 1948. Au cours de la Nakba, environ 700.000 à 800.000 Palestiniens (soit 85 à 90 % des Palestiniens qui habitaient dans ce qui est devenu Israël) ont été expulsés de chez eux, de décembre 1947 à décembre 1950. Ils ont été délibérément chassés, au cours de ce que l'historien israélien Ilan Pappe a qualifié de « nettoyage ethnique », par des groupes sionistes armés, puis par l'armée israélienne, utilisant la force et créant la peur par des massacres. Devenus des réfugiés, ils se sont installés dans des camps, qui existent toujours, dans les territoires palestiniens non annexés par Israël et dans les pays voisins. Les réfugiés palestiniens, recensés et pris en charge par un organisme de l'ONU, sont aujourd'hui plus de cinq millions. Leur droit au retour, reconnu en décembre 1948 par l'ONU, est rejeté par Israël. L'Etat de Palestine n'est toujours pas créé, alors que le plan de partage de la Palestine, adopté par l'ONU en novembre 1947, prévoyait la création de deux Etats. C'est à la Nakba que le groupe du Pays de Cornouaille de l'Association France-Palestine Solidarité consacrera son piquet de la solidarité avec le peuple palestinien, le jeudi 12 mai, à 17h 30, Rue Kéréon à Quimper.

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Ci-dessous, un article de Ben White publié par la Palestine Solidarity Campaign, équivalent britannique de l'AFPS, à l'occasion de la « Semaine sur la Nakba » et traduit par Yves Jardin, membre du groupe de travail de l'AFPS sur les prisonniers palestiniens.

"La Nakba: de 1948 à Aujourd’hui"

Qu’est-ce que la Nakba ?

La Nakba (« catastrophe » en arabe) renvoie au nettoyage ethnique des Palestiniens et à la destruction des communautés palestiniennes qui ont eu lieu lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Environ 85 à 90 % des Palestiniens qui vivaient dans ce qui est devenu Israël furent expulsés (quelque 700 à 800 000).  Les quatre cinquièmes des villes et des villages palestiniens furent détruits, ou repeuplés par des Israéliens juifs.  Dans des villes comme Haïfa et Acre, les quartiers palestiniens furent vidés, et réoccupés.

Le déplacement des Palestiniens était en bonne voie au moment de la déclaration unilatérale d’indépendance d'Israël. Entre le 30 mars et le 15 mai, quelque 200 villages palestiniens furent, selon les mots de l’historien israélien Ilan Pappe, « occupés et leurs habitants expulsés ». Ainsi avant même que la guerre « israélo-arabe » n’ait commencé, environ la moitié du total final des réfugiés palestiniens avaient déjà perdu leur foyer.

Le nettoyage ethnique n’a pas seulement commencé avant mai 1948, il a aussi continué pendant quelque temps après; l’expulsion des Palestiniens de Al-Majdal vers la Bande de Gaza, par exemple, n’a pas été totale jusqu’à la fin de 1950. Vidée de ses habitants palestiniens, Al-Majdal devint la ville portuaire israélienne d' Ashkelon.

 

Pourquoi les Palestiniens ont-ils quitté leur foyer ? 

La raison primordiale de l’évacuation de centaines de villages palestiniens en 1947-48 a été un mélange de force et de peur, quelque chose longtemps maintenu par les historiens palestiniens. Le travail d’historiens israéliens comme Benny Morris en a fourni des preuves supplémentaires; selon Morris, sur à peu près les 400 villages palestiniens détruits qu’il a étudiés, « l’évacuation sur des ordres arabes » n’a été le facteur décisif dans l’évacuation de la population que dans six cas.

Les massacres par les forces sionistes – dont il y a eu au moins deux douzaines – a joué un rôle majeur pour répandre la terreur parmi les Palestiniens. Deir Yassin, où 100 à 120 villageois furent tués le 9 avril 1948, est l’atrocité la plus célèbre, mais il y en a eu beaucoup d'autres: à al-Dawamiya, en octobre 1948, plus de 100 villageois– hommes, femmes, et enfants – furent tués.

Dans beaucoup de villes et de villages, les Palestiniens furent expulsés sous la menace des armes, comme à Lydda and Ramla. Après que des centaines de personnes aient été tués dans la conquête des villes, on estime que 50 000 habitants furent forcés de partir à pied vers la Cisjordanie.  Dans beaucoup d’autres villages, des colonnes de réfugiés furent la cible de tirs de mortiers pour « leur faire accélérer le train ».

 

Pourquoi les Palestiniens ne sont-ils pas retournés chez eux après la fin des combats ?

Les réfugiés palestiniens furent empêchés de retourner chez eux par la violence, et par les lois. Dès juin 1948, David Ben-Gourion – premier Premier ministre d'Israël – déclara à son cabinet que « aucun réfugié arabe ne doit être autorisé à revenir ». Il est resté fidèle à sa parole.

Les Palestiniens essayant de revenir furent qualifiés d’ « agents infiltrés » par les autorités israéliennes, et considérés comme une menace à la sécurité. En 1956, jusqu’à 5 000 réfugiés palestiniens essayant de revenir chez eux avaient été tués par les forces israéliennes; la plupart moururent alors qu’ils essayaient de retourner chez eux, d’avoir accès à leurs récoltes ou à leurs propriétés perdues, ou recherchaient ceux qui leur étaient chers.

Pendant ce temps, le gouvernement israélien a fait rapidement adopter des lois qui à la fois s’appropriaient les biens et les terres des Palestiniens expulsés, et aussi les dépouillaient de la citoyenneté qui leur avait été attribuée en tant qu’habitants du nouvel état.

 

Pourquoi des gens considèrent-ils ceci comme un « nettoyage ethnique »?

Il n’y a pas de définition formelle du nettoyage ethnique dans le droit humanitaire international, et ce terme tire son origine de la violence du début des années 1990 dans l’ancienne Yougoslavie. En 1994, un article du Journal Européen de Droit International a défini le but à long terme d’une « politique de nettoyage ethnique » comme « la création de conditions de vie qui rendent impossible le retour de la communauté déplacée ».

La Nakba correspond à notre compréhension du nettoyage ethnique: la peur et la violence ont été utilisées pour vider des centaines de villes et villages et leur habitants furent empêchés de  revenir. En outre , les intentions de la direction sioniste antérieure à l’état, qui devint Ie premier gouvernement d'Israël, étaient claires.

Comme les recherches historiques l’ont montré, l’idée de « transférer »  tous les Arabes de Palestine ou une partie d’entre eux en dehors du futur état juif était largement répandue parmi les cercles dirigeants sionistes, longtemps avant la Nakba. En 1930, par  exemple, le président d'alors du Fonds National Juif  déclarait: « S’il y a là d'autres habitants, ils doivent être transférés ailleurs. Nous devons prendre le contrôle des terres. »

Pendant la Nakba, encore, un ordre opérationnel commun donnait comme instruction aux forces israéliennes « de s’emparer des villages, de les nettoyer de leurs habitants (les femmes et les enfants devaient (aussi) être expulsés) » et « de brûler le plus grand nombre possible de maisons ». Quand on a demandé à Ben-Gourion ce qu’il fallait faire des habitants de Lydda et Ramla, sa réponse fut brève: « Expulsez-les ».

En 1900, la population de la Palestine était environ à 4 % juive et à 96 % arabe, et en 1947, les arabes palestiniens constituaient encore plus des deux tiers de la population. Ainsi, comme le journaliste et historien israélien Tom Segev l’a dit, « faire disparaître les Arabes se situait au coeur du rêve sioniste, et était aussi une condition nécessaire de sa réalisation ».

 

Les gens commémorent-ils la Nakba en Palestine/Israël?

Les Palestiniens commémorent le Jour de la Nakba le 15 mai, parmi lesquels les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza Occupées. Beaucoup de citoyens palestiniens d' Israël, dans le même temps, commémorent la Nakba le « Jour de l’Indépendance » officiel de l’état, qui change chaque année car fondé sur le calendrier juif.

Ce jour-là, les citoyens Palestiniens, rejoints par un certain nombre d'Israéliens juifs, marchent vers le site d'un village détruit. Ceci n’est pas seulement une action de commémoration; ainsi au moins un quart des Palestiniens qui vivent à l’intérieur des frontières d’Israël d’avant 1967 sont qualifiés de « présents absents », ils sont des déplacés internes de la Nakba et jusqu’à ce jour, sont empêchés légalement de revenir sur leur terre et sur leurs propriétés.

Ces dernières années, le gouvernement israélien a cherché à saper la commémoration de la Nakba par la communauté palestinienne, en faisant passer une loi qui « punit d’amende  les entités qui ouvertement rejettent  Israël en tant qu’état juif ou qui célèbrent le Jour de l‘Indépendance d'Israël comme un jour de deuil ». En janvier 2012, la Haute Cour de Justice a rejeté une pétition contre la loi, bien qu’elle porte atteinte à la « liberté d'expression ».

 

Est-ce que la Nakba n’est que de l’"histoire ancienne"?

Les réfugiés palestiniens continuent à exiger que leur droit,  internationalement reconnu, à la fois au retour et à la restitution de leurs biens soit respecté. Aujourd’hui il y a environ 5,2  millions de réfugiés enregistrés par l’ONU (le nombre total de Palestiniens dans la diaspora est de 7,5 millions), dont 2 millions vivant en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza sous gouvernement militaire israélien– et à quelques milles de distance de leurs terres.

Les Palestiniens font référence aussi à une « Nakba continue », dans le sens où Ies politiques israéliennes de déplacement forcé et de colonisation ont continué, et même pris de l’ampleur , au cours des décennies. Pendant la conquête israélienne en 1967 de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, par exemple, quelque 300 000 Palestiniens ont fui ou ont été expulsés. Parmi ceux qui ont quitté la Cisjordanie, moins de 8 % furent autorisés par Israël à revenir.

Actuellement, les exemples en cours comprennent l’expulsion de familles palestiniennes par des colons israéliens à Jérusalem-Est occupée, ainsi que la démolition de maisons et le déplacement des Palestiniens dans diverses zones de Cisjordanie, parmi lesquelles la Vallée du Jourdain et le Sud des collines d’Hébron.

Avril  2016

 

 

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