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Santé mentale. Quimper ne veut pas intégrer de groupement hospitalier (Ouest-France / 12 mai 2016)

Représentants des médecins et des organisations syndicales de l'EPSM de Gourmelen à Quimper (Finistère) prévoient une journée d'action conjointe avec le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine, le 24 mai.

 

Les instances de l'établissement public de santé mentale Gourmelen, à Quimper, ne veulent pas intégrer de groupement hospitalier de territoire. Elles demandent une dérogation.

L'année 2016 est une année de réorganisation pour les hôpitaux. La Loi Santé, appelée aussi Loi Touraine, du nom de la ministre de la Santé, oblige les établissements à se regrouper au sein de groupements hospitaliers de territoire (GHT).

À Quimper (Finistère), comme partout en Bretagne, à Rennes, Lorient et Vannes, l'établissement public de santé mentale (EPSM) Gourmelen refuse d'intégrer un GHT. 

Il y a quinze jours, les trois instances, réunissant représentants de la direction, des médecins, des organisations syndicales, des usagers, ont demandé une dérogation. « Une demande de dérogation est bien prévue dans un article de la loi, précise Annie Bléas, présidente de la commission médicale de l'établissement. Il y a une divergence de lecture sur ce point. »

Le 21 avril, le directeur régional de l'Agence régionale de santé, a indiqué, par oral, qu'il n'accorderait pas cette dérogation.

Les causes du refus d'intégrer un GHT, composé du centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Chic), sont nombreuses. 

 

Défense de la spécificité de la psychiatrie

Représentants des médecins et des syndicats mettent en avant la spécificité de la psychiatrie, la différence de prise en charge des patients : « Nous refusons d'être dilués dans les services généraux de l'hôpital ».

Pour la CGT : « On a besoin d'un budget garanti pour proposer une offre de soins de proximité : en Cornouaille, c'est quarante structures extra-hospitalières : hôpitaux de jour, centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP)...
Le syndicat Sud craint les conséquences de la mutualisation sur l'emploi : « Le but du GHT c'est de faire des économies. A terme nous craignons des suppressions de postes. Or, en psychiatrie, notre plateau technique, c'est l'humain.

Ouest-France, le 12 mai 2016

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Ça bouge dans les hôpitaux du Finistère.

Après le mouvement des personnels hospitaliers du CHRU de Brest qui ont obtenu des moyens supplémentaires pour améliorer les conditions de travail des salarié-e-s et l'accueil des patients, après la bronca des médecins du centre hospitalier de Quimper contre la mise en place d'un unique groupement hospitalier de territoire dans le Finistère, refusée unanimement par la commission médicale d'établissement, c'est maintenant dans le secteur de la psychiatrie que la fièvre monte : débrayages à l'hôpital de Morlaix contre la fusion de services et la suppression de lits ; mise en mouvement de la communauté médicale, des syndicats et des usagers à l'établissement public de santé mentale (EPSM) Gourmelen de Quimper qui demande à déroger à l'obligation d'intégrer un GHT au 1er juillet, demande refusée par le directeur de l'ARS qui dispose de tous les pouvoirs en la matière.

Mais pas celui de faire taire la contestation qui grandit contre l'insuffisance des moyens dont sont dotés les hôpitaux et plus généralement les reculs du droit à la santé.

Et la mise en place au 1er juillet des GHT de la loi Touraine fait craindre à juste titre de nouvelles dégradations de l'accès aux soins.

Car la seule mutualisation assurée est celle des déficits budgétaires des hôpitaux publics et des suppressions de services et de postes.

Mais la France va bien, paraît-il, et la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a même été mise à contribution pour en convaincre ses concitoyens...

Voilà une affirmation qui rappelle furieusement une célèbre chanson de 1935 « Tout va très bien Madame la Marquise »...

Yvonne Rainero

 

 

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