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Démolition du cargo Captain Tsarev : pour une filière industrielle de déconstruction, de recyclage et de valorisation des navires

Déclaration de la fédération du Finistère du PCF, Brest le 18 mai 2016.

L'histoire, compliquée, du vraquier Captain Tsarev remorqué à Brest en novembre 2008 en avarie moteur et abandonné depuis à quai par son armateur, touche à sa fin.

La Région Bretagne a obtenu en décembre 2015, à la suite d'une longue procédure contentieuse, la déchéance de propriété du navire, ouvrant droit à la vente pour démolition d'un bâtiment devenu dangereux.

Le chantier de déconstruction a été confié à la société spécialisée «Les recycleurs bretons ».

Huit ans pour en arriver là.

On pourra se questionner sur la longueur du délai, la complexité de certaines procédures, la frilosité peut-être à les activer, la méfiance devant la stratégie malhonnête de pseudo armateurs...On mettra cependant en balance que dès son arrivée à Brest, le point de sortie était quasiment inéluctable et que le navire a neutralisé pendant 96 mois 200 mètres linéaires de quai. Une paille dans un port en pleine mutation.

On remarquera d'ailleurs que la clôture du dossier « Captain Tsarev » n'épuise pas le sujet à Brest puisqu'il reste à traiter les cas du « Karl », de l ' « Antigone Z » et de l' « Ocean Jasper ».

Au-delà de ces remarques, largement partagées, le PCF se félicite de cette issue.

Ce chantier doit en appeler d'autres et il est grand temps que se construise en Bretagne et dans le Finistère une filière industrielle de déconstruction, de recyclage et de valorisation des navires en fin de vie.

Les enjeux sociaux, économiques, environnementaux ne sont plus à démontrer.

La flotte mondiale compte aujourd'hui 80 000 navires de plus de 120m de long. 1200 d'entre eux sont démolis chaque chaque année.

90% le sont dans les pays du sud-est asiatique, dans des conditions effroyables pour les femmes et les hommes qui travaillent dans les chantiers et bien sûr pour l'environnement.

Ces enjeux sociétaux, environnementaux, territoriaux n'ont pas pour horizon indépassable « le combien ça coûte ? » le taux de marge ou les comptes de résultat de tel ou tel armateur.

Les pouvoirs publics, locaux, départementaux et régionaux, comme ils le font pour nombre de secteurs économiques, peuvent et doivent aider à l'émergence et à la structuration d'une filière technique spécialisée dans ce domaine.

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L'histoire du Captain Tsarev est un triste exemple de ces bateaux-poubelles abandonnés avec leurs équipages dans les ports, produits de la mondialisation capitaliste avec sa course au moindre coût en matière de transport maritime international.

Ce vraquier propriété d'un armateur grec et battant pavillon panaméen est arrivé à Brest en novembre 2008 remorqué par l'Abeille Bourbon à la suite d'une avarie mécanique, et abandonné depuis dans ce port, l'armateur n'ayant pas voulu faire effectuer les réparations.

Ni payer les marins, abandonnés à eux-mêmes.

C'est l'État français qui a payé une partie des salaires et le rapatriement des marins ukrainiens et russes, le bateau, russe à l'origine, étant passé par diverses nationalités (chinois, coréen, grec..) avant de finir sa vie dans le port de Brest, n'étant plus en état de naviguer.

L'approche des fêtes maritimes de Brest en juillet a fini par faire bouger les choses et le préfet a prononcé la déchéance de propriété de l'armateur, qui ne donnait plus signe de vie depuis 2010, et confié la gestion du cargo à la région Bretagne, autorité portuaire.

Pendant ces 8 ans le bateau s'est transformé en bateau-poubelle tandis que les factures non réglées s'accumulaient, notamment les centaines de milliers d'euros dus pour l'immobilisation à quai, et les impayés de salaires des marins dont rien ne garantit qu'ils pourront un jour les toucher.

Il y a des patrons voyous aussi sur les mers !

Ils ne s'embarrassent ni droit du travail, ni de la sécurité maritime, ni des risques de pollution.

Et leur impunité est presque totale.

La triste histoire du Captain Tsarev et de ses marins, comme celle des autres bateaux abandonnés dans ces conditions, soulève aussi la question du dumping social et de la nécessité de développer et de faire respecter au plan international des réglementations protectrices.

 

 

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