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71 ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki : Se souvenir et agir pour la paix

Déclaration de Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix

Le 5 août 2016

Vouloir augmenter les crédits consacrés aux armes nucléaires au nom de la sécurité de la France est déraisonnable. C’est pourtant l’objectif envisagé par Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense lors de l’émission « Bibliothèque Médicis » en proposant leur augmentation de l’ordre de 40 % dans les prochaines années afin, en particulier, de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires. Sarkozy propose une augmentation de 60%.

En quoi les armes nucléaires améliorent-elles notre sécurité contre les actes terroristes commis par des assassins qui se revendiquent de Daesh ou que Daesh revendique comme ses soldats?

En quoi les milliers d’armes nucléaires possédées par les USA ont-elles protégé ce pays contre les attentats du 11 septembre ?

Ces faits montrent que le projet de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires de la FOST (Force Océanique Stratégique) – dont le dernier exemplaire a été livré en 2010 – ne peut en rien contribuer  à mieux assurer notre sécurité en France.

Dès 1989, des généraux et amiraux ont lancé un appel pour dire que « les armes nucléaires sont juridiquement illégales, militairement inutiles, dangereuses, économiquement coûteuses et éthiquement inadmissibles ».

Oui, les armes de destruction massive – dont les armes nucléaires – sont illégales et contraires au droit humanitaire. C’est ce qu’a rappelé l’AG des Nations Unies en 1961 à travers une résolution affirmant que l’utilisation des armes nucléaires était un crime contre l’humanité et la civilisation. C’est pourquoi des conventions d’interdiction et d’élimination des armes chimiques et des armes bactériologiques ont été adoptées.

C’est pourquoi le Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) prévoit dans son article 6, leur élimination. C’est aussi pourquoi les 2/3 des États du monde ont voté à l’ONU, en décembre 2007, en faveur de l’établissement d’une convention d’élimination des armes nucléaires. C’est pourquoi il y a quelques années,  le Secrétaire Général des Nations Unies  a présenté les 100 raisons de demander leur élimination.

Au plan mondial, des milliers d’associations et d’ONG, les 2/3 des Etats du monde, des milliers de Maires à l’initiative du maire d’Hiroshima, des milliers de parlementaires, les organisations syndicales via la Confédération Syndicale Internationale (CSI), le Pape, la Croix-Rouge exigent un traité d’interdiction et d’élimination.

Persister dans la volonté de moderniser les armes atomiques dont l’utilisation risquerait d’entraîner une catastrophe humanitaire pouvant amener à la destruction de l’humanité est irresponsable.

Alors, pourquoi les neuf États possédant des armes nucléaires dont la France s’entêtent dans leur modernisation ? Neuf États sont-ils capables de violer impunément et durablement le droit  international ?

Non, ils n’ont pas cette capacité si les peuples s’unissent dans l’action pour obtenir un traité d’interdiction et d’élimination des armes nucléaires comme ils ont obtenu par leurs luttes, l’interdiction des essais. Dans un premier temps, le retrait des bombes atomiques américaines d’Europe et de Turquie (où elles sont situées à 70 km de la frontière syrienne) serait une bonne mesure pour notre sécurité commune.

Mais dans le contexte actuel, l’enjeu est aussi d’obtenir la mise en œuvre par les États, de politiques économiques, sociales, culturelles, éducatives, en faveur d’un monde de justice et de paix comme nous y appellent la Charte des Nations Unies et plusieurs résolutions de l’AG des Nations Unies adoptées en 2000 à l’initiative de l’Unesco. Ces textes prônent des solutions alternatives aux politiques de puissance et de militarisation des relations internationales en appelant les États et les peuples à s’engager résolument dans  la construction de la paix à travers la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence basée sur la réalisation de tous les droits humains. C’est à la réalisation de ces droits que devraient être utilisés les milliards gaspillés dans les armes atomiques. C’est le meilleur moyen d’accroître notre sécurité commune.

Ce sont ces solutions alternatives pour une sécurité humaine que les mouvements de paix au plan mondial porteront lors du Forum Social Mondial de Montréal (FSM, du 9 au 14 août 2016) et qu’ils réaffirmeront à Hiroshima et Nagasaki du 6 au 9 août  avec les Hibakushas (les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki), mais aussi en France et dans le monde, lors d’actions contre les bombes A et H.

Au titre de ces solutions alternatives, cinq exigences pour la paix doivent être débattues à savoir : l’élimination des armes nucléaires, la dissolution de l’OTAN, la réunion d’une conférence Helsinki2 pour la sécurité et la paix en Europe sur la base des principes d’Helsinki actualisés, la mise en œuvre d’une conférence internationale pour la paix au Proche et Moyen-Orient incluant le désarmement nucléaire de la région (objectif réalisable après l’accord obtenu avec l’Iran de manière politique et diplomatique) et enfin la réunion d’une Assemblée Générale extraordinaire des Nations Unies pour la paix.

Ces solutions alternatives seront au cœur des  Marches pour la paix, organisées le samedi 24 septembre dans 14 grandes villes de France à l’appel d’une cinquantaine d’organisations au plan national sous l’intitulé « Pour la Paix, stop les guerres, stop les violences » dans le prolongement de la journée internationale de la paix (21 septembre).

Chacun, là où il est, peut contribuer à toutes ces actions afin que ces marches pour la paix permettent l’expression publique de la convergence de nos aspirations et de nos luttes communes pour un monde de justice et de paix.

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Le PCF est évidemment partie prenante de cette initiative.

Voici un extrait du document "Le temps du commun" adopté à son congrès de juin dernier :

 

Construire un système mondial de sécurité collective et de paix, fondée sur les droits des peuples, refonder l’ONU et promouvoir de nouvelles coopérations internationales.

Faire reculer les logiques de guerre.

La « guerre contre le terrorisme », initiée par les États-Unis en 2001, par les ingérences, les opérations extérieures, les occupations militaires n’a eu pour seul résultat que de le renforcer et de plonger des millions de femmes et d’hommes dans plus de guerre, de violences et de misère.

Elle a généré des forces obscurantistes et fascisantes que nous combattons. La liberté maximale accordée aux capitaux financiers, au développement du libre-échange, à la prédation et à l’affaiblissement des États en Afrique et au Proche et Moyen-Orient a nourri ces logiques de guerre. Pour s’en dégager, et à la place qui est la sienne, particulièrement en Afrique ou au Proche-Orient où elle prolonge des logiques néo-coloniales d’une part et d’ingérence d’autre part, la France devra faire le choix de quitter l’OTAN et de militer pour sa dissolution mais aussi pour l'application immédiate du traité de non-prolifération et la sortie rapide du nucléaire militaire.

La production et la conception d’armement doivent être prioritairement orientées vers la satisfaction des besoins de défense de notre pays. Toute exportation d’armement sera soumise à l’autorisation et au contrôle du Parlement. Ces exportations d’arme doivent être motivées par des considérations de politiques étrangères et non en vu de réaliser des profits. La France doit se mobiliser en faveur du «Traité sur le Commerce des Armes » (TCA) de l’ONU. La France devra mettre son veto dans les institutions européennes sur toute tentative visant à considérer les armes comme des marchandises comme les autres relevant du droit commun de l’OMC.

Au Proche-Orient, la France doit agir pour le respect du droit international contre la colonisation des territoires occupés, pour maintenir la conférence internationale de paix et reconnaître l’État palestinien, sanctionner l'Etat d'Israël, libérer les prisonniers politiques palestiniens, boycotter les produits issus des colonies. La France doit soutenir la lutte du peuple kurde pour sa liberté. Elle doit aussi soutenir la lutte des peuples de Turquie, singulièrement les Kurdes, et des forces démocratiques turques dans leurs luttes pour la démocratie, la paix, l'égalité et les droits des femmes.

Il est temps de promouvoir un multilatéralisme dégagé des pressions des puissants

En redonnant à l’ONU les moyens de sa mission initiale affirmée dans sa Charte et en lui donnant autorité sur un FMI profondément transformé, il serait possible d’agir sur les causes du « chaos du monde » traduit par le libre-échange, la dérégulation, la déréglementation, la financiarisation des économies, l’accaparement des ressources, la course aux armements.

Conjurer les guerres implique d’écouter les peuples et de miser sur eux plutôt que sur les forces de l’argent, et de combattre prioritairement les inégalités, injustices sociales et économiques, de protéger les travailleuses et travailleurs, leurs droits, de privilégier la résolution politique des conflits.

La promotion universelle des droits sociaux, écologiques et démocratiques, la gestion multilatérale des biens communs universels (l’eau, l’énergie, les connaissances) et des libertés fondamentales dont la liberté de circulation, la solidarité face aux grands défis climatiques et écologiques du siècle et la création d’espaces de coopération et de sécurité inclusifs et collaboratifs sont incompatibles. A ce titre, la France doit apporter un soutien aux peuples engagés dans des expériences politiques alternatives, ou luttant pour la reconnaissance de leur existence.

 

 

 

 

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