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Trégunc : solidarité et fraternité contre la haine

Ce jeudi 6 octobre, un air nauséabond soufflait sur la petite place de Trégunc où se tenaient une centaine de manifestants venus à l'appel du FN protester contre un éventuel accueil de réfugiés dans la commune.

Certains portaient des pancartes appelant à l'aide Jeanne d'Arc pour bouter les migrants hors de France, d'autres n'hésitaient pas à brandir le Kroaz Du, drapeau des miliciens de la Bezenn Perrot qui combattirent aux côtés de l'occupant nazi.*

Parmi eux, une ancienne membre des commandos OAS, à qui cela valut un séjour en prison. Ce sont ces commandos terroristes qui commirent en Algérie et en France de nombreux attentats sanglants** pour essayer d'empêcher la conclusion de la paix.

Tout cela cadre mal avec l'image ripolinée que cherche à présenter le FN.

Tout comme les décisions qu'il prend dans les municipalités qu'il dirige (suppression d'aides sociales, de subventions aux associations de solidarité comme le Secours populaire, etc...) sont difficilement compatibles avec sa tentative de passer pour le défenseur des « petites gens » .

Quels que soient les masques dont essaie de se parer le FN, son appel à tout ce que la région compte de racistes, de xénophobes, de nostalgiques de l'OAS, à venir à Trégunc, a connu un échec.

Tandis que, sur le terre-plein situé entre la mairie et l'église, plus de 500 personnes (chiffres donnés par les journaux régionaux, et même plus de 600 pour certains) s'étaient rassemblées à l'appel d'associations des droits de l'Homme, de collectifs de soutien aux migrants, de mouvements progressistes de la région, décidées à ne pas céder du terrain à ces discours de haine et d'exclusion.

Des jeunes, choqués par ce qu'ils voyaient et entendaient du côté des manifestants d'extrême-droite, des citoyen-ne-s de toutes générations, avec des gilets de sauvetage évoquant les naufrages dramatiques de migrants en Méditerranée, avec des pancartes appelant à la fraternité, à la solidarité, souhaitant la bienvenue aux réfugiés, proclamant leur volonté que la Bretagne reste ouverte et solidaire, avec un drapeau français sur lequel était inscrit « Welcome » et « France terre d'asile »...

Parmi ces centaines de manifestants, des communistes, avec Xavier Compain, membre de la direction nationale du PCF, venu des Côtes d'Armor où le FN essaie aussi de faire résonner ses discours xénophobes ; des syndicalistes, dont Thierry Gourlay, secrétaire régional de la CGT.

Cette mobilisation citoyenne pour la liberté, la fraternité, la solidarité, pour l'humain tout simplement, fut digne, face à la volonté de provocation dans les rangs du FN.

Elle se poursuivra, autant qu'il le faudra.

Mais il faut aller au-delà et s'attaquer aux causes de ces catastrophes qui jettent hommes, femmes, enfants sur les mers ou les routes au péril de leur vie, se mobiliser contre cet ordre mondial dominé par la finance qui engendre guerres, famines, pauvreté, inégalités.

Malheureusement, la politique étrangère et de défense de notre gouvernement contribue à perpétuer ce monde injuste et dangereux.

Il faut aussi dans notre pays s'attaquer à ce qui fait le terreau du FN, rompre avec les choix austéritaires porteurs de précarité, de chômage, d'insécurité, de désespérance, sortir de la crise de la démocratie et de la politique provoquée par les promesses non tenues, par la surdité à l'égard des aspirations populaires, par un système institutionnel qui, en France et en Europe, étouffe la voix du peuple.

Il faut toutes et tous ensemble construire une alternative.

Une alternative de gauche.

 

Yvonne Rainero

 

* Ces militants de la haine et du rejet de l'autre étaient bien mal placés pour brandir le drapeau bleu-blanc-rouge et entonner la Marseillaise. C'est une insulte à la mémoire de ces combattants - et combattantes - étrangers de la Résistance « Morts pour la France », comme ceux du groupe Manouchian, immortalisés par le poème d'Aragon « L'Affiche Rouge »

** et notamment ceux de février 1962 à Paris au cours de laquelle une fillette de 4 ans fut grièvement blessée par une charge de plastic destinée à André Malraux.

C'est en réplique à cette vague d'attentats que fut organisée la manifestation du 8 février 1962 aux cris de « OAS assassins » et «  Paix en Algérie ». Au moment de la dislocation, des centaines de manifestants pacifiques furent matraqués sauvagement aux abords du métro Charonne par les brigades spéciales de la police.

Cette charge fit 9 morts, dont 3 femmes. Les 9 étaient syndiqués à la CGT, 8 étaient membres du parti communiste. Le plus jeune avait 15 ans.

Le 13 février, un million de personnes suivirent le cortège funèbre jusqu'au cimetière du Père Lachaise.

Un mois plus tard le cessez-le-feu était signé en Algérie.

 

Ce crime est resté impuni.

Comme le massacre le 17 octobre 1961 de centaines d'Algériens dont les corps ont été jetés à la Seine

Pour mémoire, le préfet de police de Paris s'appelait Maurice Papon.

 

Photo ci-contre : un aperçu du rassemblement citoyen en réplique au FN

 

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