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Belle mobilisation pour la santé à Quimper

Mardi 8 novembre, dans le Finistère comme partout en France, personnels de santé, usagers, citoyens, se retrouvaient côte à côte dans la rue pour notre santé.

La manifestation principale se déroula à Quimper, avec plus de 300 personnes, auxquelles il faut ajouter les 150 salariés rassemblés devant le CHRU de Brest et un autre rassemblement à l'hôpital de Morlaix.

Le préfet du Finistère, qui décidément n'aime pas les mouvements sociaux, avait interdit les opérations escargot qui devaient converger des autre villes finistériennes vers le centre hospitalier de Cornouaille (CHIC) devant lequel démarrait la manifestation.

Cela n'empêcha pas la venue des salariés et usagers des hôpitaux et EHPAD de Brest, Lesneven, Carhaix, Châteaulin et bien sûr Concarneau et Douarnenez.

La manifestation était jeune, féminine, colorée.

Les personnels de la santé étaient venus en tenue de travail, avec pancartes et banderoles. Celle de l'hôpital Gourmelen de Quimper annonçait « Sous les palmiers...la rage », clin d’œil à la palmeraie exceptionnelle qui sert de décor à cet hôpital psychiatrique menacé par les choix gouvernementaux.

Les comités de défense des hôpitaux de proximité de Douarnenez, Concarneau, étaient présents, celui de l'hôpital de Brest-Carhaix aussi.

Ce fut Marceline Séverac, secrétaire de la CGT santé du Finistère qui prit la parole en premier devant le CHIC, dénonçant les 22 000 suppressions de postes programmées dans les hôpitaux, les fermetures de lits, de services, la loi de financement de la Sécu qui ne permet pas de répondre aux besoins, les menaces supplémentaires que les GHT font peser sur les hôpitaux de proximité et sur les autres aussi, les souffrances du personnel hospitalier, la dégradation de l'accès aux soins pour les patients.

Soignants et soignés sont pareillement victimes de cette politique d'austérité : n'avoir à consacrer que 5 minutes pour le repas d'un malade ou d'une personne âgée, c'est de la maltraitance, et une souffrance pour les personnels qui ne supportent pas cette inhumanité.

Marceline Séverac passa le micro au représentant de Sud, puis à Hélène Derrien, présidente nationale de la Coordination des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui déclara « Nous sommes au bord d'une crise sanitaire grave », appelant les citoyens à se mobiliser, car « la santé c'est notre affaire, ce sont nos cotisations ». Elle pointa aussi le mépris de l'ARS tant vis-à-vis des personnels que des usagers.

Les manifestants se sont ensuite rendus au Conseil Départemental du Finistère, où un représentant CGT de l'EHPAD d'Audierne évoqua avec des exemples concrets la souffrance au travail des salarié-e-s de ces établissements et les sanctions qu'ils encourent parfois, alors qu'ils ne sont en rien responsables des graves insuffisances de la prise en charge des personnes âgées.

Dernière étape devant la délégation départementale de l'ARS où une délégation fut reçue après une prise de parole de Karine Goanec, secrétaire du syndicat CGT du CHIC.

Tout au long de cette manifestation, les communistes ont distribué un tract du PCF, bien accueilli, à 300 exemplaires.

Yvonne Rainero

 

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Ci-dessous quelques témoignages recueillis par le journaliste du Télégramme.

 

Le Télégramme / 9 octobre 2016 / Bruno Salaün

De 280 à 300 personnels de santé et agents des secteurs médico-sociaux et sociaux finistériens ainsi que des usagers de comités de défense d'hôpitaux publics ont manifesté, hier, à Quimper, pour de « meilleures conditions de travail au service de la prise en charge des patients ». Témoignages.

Perrine, infirmière au centre hospitalier de Cornouaille.

« On fait des heures sup' tous les jours, on prend à peine le temps d'une pause pour manger et nous n'avons plus le temps de nous réunir pour échanger sur nos pratiques, ce qui faisait du bien. Actuellement, on a le nez dans le guidon. C'est le rendement, paraît-il ! On a de plus en plus de charges administratives et de moins en moins de temps à consacrer aux patients, aux soins. Les conditions de prise en charge des patients se dégradent au quotidien, les nouvelles mesures annoncées ne vont pas dans le bon sens, ni pour nous ni pour les patients ».

 

Sébastien, éducateur spécialisé, à l'EPSM Gourmelen, dix ans de métier.

« Les conditions de travail sont de plus en plus désastreuses dans la fonction publique hospitalière, avec peu de reconnaissance, des difficultés à joindre les deux bouts au niveau du planning des équipes et l'obligation de revenir sur le temps de repos pour remplacer des collègues malades. L'administration ne se rend pas compte des réalités de terrain. On assiste à une détérioration des conditions de travail et d'accompagnement des patients, c'est assez dramatique. Les personnes qui sont censées aider les autres se retrouvent eux-mêmes en difficulté. On est dans une impasse. »

 

Kevin, ambulancier et agent de service mortuaire, depuis sept ans, à l'hôpital quimpérois.

« On nous demande du rendement si bien que techniquement et humainement on n'a plus le temps d'accompagner vraiment les gens. On ne fait que les transporter d'un point A à un point B avec de moins en moins de relation avec les patients, qui ont pourtant besoin d'être rassurés, et avec les équipes qui les accueillent. »

 

Quatre infirmières du public et du privé travaillant à Pont-l'Abbé, Douarnenez et Quimper, sorties de l'école il y a un an et demi.

« On se retrouve parfois avec trente patients pour une infirmière. C'est beaucoup de responsabilité pour un salaire de misère. Ce métier n'est pas assez valorisé. Les conditions ne sont pas réunies pour bien travailler ».

 

Karen, infirmière à l'hôpital de Douarnenez depuis huit ans.

« Arrêts non remplacés, plus d'afflux de patients, on doit gérer au mieux avec moins de moyens et moins de temps à consacrer aux patients. Une infirmière doit parfois assumer la tâche de deux. Les choses empirent. Il y en a un peu marre d'autant que les responsabilités augmentent. Une fatigue psychologique est là, c'est certain et regrettable. »

 

Joseph, aide-soignant, trente ans au centre hospitalier quimpérois.

« La majoration de nuit dans les hôpitaux, c'est 1,07 € de l'heure. Cela fait des années que ça dure. Je me demande si les députés et les sénateurs travaillent pour 1,07 € l'heure de nuit. Et puis les conditions de travail se détériorent. On rappelle les gens sur les jours de congés, les congés sont fractionnés, c'est devenu l'usine, on n'a pas plus de temps pour les malades. On mérite mieux que cela et les populations aussi ».

 

Yves, usager défenseur des hôpitaux publics de proximité.

« La politique d'austérité fait des ravages dans les hôpitaux, ce qui entraîne une dégradation de la qualité des soins, de l'accès aux soins pour tous et partout. Des personnels sont en souffrance. S'il n'y a pas assez de personnel, les patients vont en pâtir aussi. La loi de financement de la sécu, les mesures d'économie, les groupements hospitaliers de territoire ne vont pas améliorer la situation. »

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