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Quand les services d'urgences sont saturés, usagers et personnels en subissent les conséquences

Triste aventure que celle arrivée à une Brestoise de 83 ans aux urgences du CHIC (Centre Hospitalier Intercommunal de Cornouaille) selon le journal Ouest-France de ce 23 novembre.

Ce n'est pas la 1ère fois que le fonctionnement des urgences hospitalières est mis sur la place publique, à Quimper comme ailleurs.

Ce n'est pas la faute des soignants, dont le dévouement ne peut compenser le manque de moyens et de personnel, et qui eux-mêmes sont en situation de grande souffrance au travail.

Ce ne sont pas eux qui sont mis en question ici, mais les politiques, de loi Bachelot en loi Touraine, qui conduisent à cette déshumanisation.

Et c'est particulièrement choquant quand ce sont des personnes âgées qui y sont confrontées, alors qu'elles ont plus que d'autres besoin d'attention.

À force de suppressions ici, de concentrations ailleurs, les services d'urgences fonctionnent à flux tendu, comme c'est le cas à l'hôpital de Quimper, la démographie médicale s'ajoutant aux politiques d'austérité pour rendre la situation encore plus critique.

Il y a quelques mois les personnels des urgences de Brest étaient en lutte pour obtenir plus de moyens. En septembre, la totalité des médecins urgentistes de l'hôpital de Quimper se sont à leur tour mis en grève pour protester contre la saturation des urgences. Les menaces sur les urgences de Carhaix, le refus de rouvrir les urgences de nuit à Concarneau, ont aussi mobilisé ces dernières semaines salariés et usagers. Cette question a été un des points forts du mouvement du 8 novembre dans le Finistère.

 

Ci-dessous l'article d'Ouest-France :

 

Admise aux urgences de Quimper, elle se retrouve à la rue… / Ouest-France.fr

 

Marie-Hélène Bienvenüe, une Brestoise de 83 ans a été admise aux urgences de Quimper (Finistère), fin octobre. Après six heures d’attente, l’hôpital l’a renvoyée, en pleine nuit, sans aucun moyen de rentrer chez elle.

« C’est une histoire aberrante… », commence Marie-Hélène Bienvenüe, Brestoise de 83 ans, encore retournée par sa visite aux urgences du Centre hospitalier de Cornouaille, à Quimper, fin octobre. Après six heures d’attente, l’octogénaire a manqué de se retrouver à la rue, en pleine nuit…

Une fois par mois, depuis huit ans, elle se rend dans le sud pour saluer sa sœur, pensionnaire d’une résidence pour personnes âgées. Lors de sa dernière visite, après le repas, elle est prise de vertiges et perd connaissance quelques minutes. Le médecin de l’établissement la convainc de se rendre aux urgences.

À 16 h, la retraitée se retrouve entre les mains d’une interne. « Elle me fait des examens, puis l’on me place sur un brancard, dans une salle, avec six ou sept autres personnes », raconte-t-elle. Suivent près de cinq heures d’attente, pendant lesquelles, « à aucun moment, on ne me propose à boire, à manger, ou de passer un coup de fil », s’étonne Marie-Hélène Bienvenüe, qui n’a pourtant « plus vingt ans ».

L’interne effectue ses derniers examens à 21 h 45, avant de donner congé à sa patiente, en bonne santé, une heure plus tard.

« Je plains les médecins »

Il est alors près de 23 h. La vieille dame ne peut rentrer à Brest par ses propres moyens et personne ne peut venir la chercher. « J’aurais aimé passer la nuit sur un brancard, tout simplement, confie-t-elle. Qu’est ce que je pouvais faire d’autre ? L’hôpital est excentré, je ne connais pas la ville. »

« Ce n’est pas mon problème, rétorque l’interne. Vous n’avez plus besoin de soins, nous ne pouvons vous garder. » « Hébétée », Marie-Hélène Bienvenüe demande finalement à appeler un taxi pour retourner chez sa sœur, où la direction de la maison de retraite accepte de fournir une chambre. « Une chance. Qu’aurait pu faire une personne comme moi, sans aucun parent à proximité ? », s’inquiète l’octogénaire.

« Je n’ai pas vu un brin d’humanité pendant les six heures passées au sein des urgences », conclut-elle, tout en assurant ne pas vouloir « accabler » le service : « Je plains les personnes qui y travaillent. J’ai vu le flux de patients qui déboulent. Il est certain que les moyens ne sont pas suffisants pour tout gérer correctement. » Marie-Hélène Bienvenüe souhaite simplement « alerter, afin qu’on ne laisse pas les hôpitaux devenir complètement impersonnels ».

Le Centre hospitalier de Cornouaille signale que « la patiente pourra être reçue à l’hôpital, faire part de ses remarques et s’adresser à la commission des usagers », sans donner plus d’explications sur les causes de la mésaventure.

ouest-france.fr / Pauline Stefanini / 23 novembre 2016

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