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Handicap. Près de 1.600 familles en attente de solution (Finistère) / Le Télégramme

Le collectif des associations des personnes handicapées a apporté son soutien aux familles venues manifester devant la préfecture pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur le manque de solutions d'accueil ou d'hébergement pour déficients mentaux.

À l'initiative de l'Unapei et dans le cadre d'une action nationale, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées hier matin, à 11 h, devant la préfecture où une délégation a été reçue. Elles dénoncent l'absence de solutions apportées à un nombre toujours plus croissant de déficients mentaux.

« Je vais bientôt avoir 80 ans. J'ai un fils handicapé de 42 ans souffrant de troubles psychiques. Il travaillait en Esat mais à cause d'un problème de comportement, il a été renvoyé. De 2008 à 2012, il a vécu avec nous avec des soins très lourds. Puis, nous lui avons trouvé une place dans un foyer de vie où il a d'abord été accueilli, un matin, puis deux, puis une journée entière. Il y va maintenant tous les jours et il est très heureux d'y aller. Un bus l'y conduit chaque matin mais, faute de place pour le retour, je suis obligé d'aller le chercher le soir. L'établissement se trouve à 15 km de mon domicile. Vu mon âge, j'aimerais maintenant qu'il obtienne une place en internat », raconte cet ancien agriculteur de la région morlaisienne.

1.599 demandes en attente

Cette situation n'est pas exceptionnelle. Dans les Instituts médico-éducatifs, qui accueillent les enfants de 6 à 20 ans, « des adultes de plus de 20 ans y restent en attendant qu'une place en Esat se libère », rapporte François Cueff, président de l'antenne morlaisienne de l'Adapei. Chiffres de l'Agence régionale de santé en mains, il indique que « 1.599 personnes sont en attente de solution dans le Finistère. 322 enfants attendent une place en IME, 184 en Sessad. 205 adultes sont sur liste d'attente pour une place en Esat ou en entreprise adaptée ».

À cela, il faut ajouter 858 adultes qui attendent d'être accueillis en foyer de vie ou d'hébergement, en maison ou foyer d'accueil spécialisé, etc.

Les familles baladées de service en service

Pour de nombreuses familles, c'est un véritable parcours du combattant qui les balade « de services en établissements et d'établissements en services » avant que le proche puisse trouver une place adaptée à sa situation. Mais, comme le fait remarquer ce père de famille , « nous vieillissons et nous aimerions qu'une solution soit trouvée pour nos enfants. Aujourd'hui, certains se retrouvent placés en maison de retraite à 50 ans avec des pensionnaires de 80 ans ». Une délégation a été reçue par le préfet, Pascal Lelarge. Les représentants de l'Adapei lui ont rappelé la campagne de 2015 « Les Bannis de la République », qui dénonçait déjà « le manque de réponses aux besoins de compensation du handicap que rencontrent trop de personnes en situation de handicap faute de place en établissements et en service médico-sociaux ». Une situation qui a conduit certaines familles à rechercher des solutions en Belgique. Depuis, « la situation n'a guère évolué » car « les programmes de création nouvelle de places sont inexistants ou presque », a protesté la délégation.

Cathy Tymen / Le Télégramme / 26 novembre 2016

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Le manque de places en établissements que dénoncent les familles est criant, et les contraintes que les politiques d'austérité font peser sur les budgets publics rejaillissent sur la santé et le médico-social.

Les communistes proposent une loi-cadre sur le handicap permettant de répondre aux besoins des personnes handicapées et de les accompagner à tous les âges de la vie (mise en accessibilité du bâti – accompagnement et accueil à l'école – intégration professionnelle – revenu de remplacement équivalent au SMIC revalorisé pour les personnes qui sont dans l'incapacité de travailler...)

 

 

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